L’Histoire en bd

Publié le 23 août 2017 à 17h28 | Modifié le 23 août 2017 à 17h30 | Vu 390 fois
L’Histoire en bd
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Romancée ou pas, véridique ou approximative, proche ou lointaine, à visée pédagogique ou servant de prétexte, l’Histoire reste un formidable cadre pour la bande dessinée — quand elle n’en constitue pas le premier centre d’intérêt. Elle fournit en effet un cadre d’évasion que scénaristes et dessinateurs savent utiliser à merveille.

 

Le philosophe Luc Ferry continue à patronner l’excellente série de La sagesse des mythes, publiée chez Glénat, et qui montre combien les dieux de l’Olympe aident, à travers leurs démêlés, à comprendre la vie des hommes de tous les temps. Dans Persée et la gorgone Méduse, Clotilde Bruneau, servie par le crayon de Giovanni Lorusso, amène à réfléchir sur la mort au-delà d’une destinée tragique. Par le premier tome d’Héraclès, la même Clotilde Bruneau et Annabel exposent comment La jeunesse du héros va l’amener à combattre sans cesse et pourquoi, finalement, ce demi-dieu fils de Zeus n’aura jamais de repos parmi les humains.

Le XVIe siècle se trouve tout en contraste. S’inspirant de Didier Convard et du regretté Gilles Chaillet, Éric Adam et Thibaud de Rochebrune relient leur Michel-Ange (Glénat) à l’Antiquité autour d’une belle intrigue policière qui nous vaut le premier tome, Le banquet des damnés. À l’autre extrémité et débordant sur le XVIIe, Gilbert Bouchard fait revivre Ce diable de Lesdiguières (Glénat) avec un talent servi autant par la rigueur historique que par un dessin précis et des couleurs chatoyantes.

Plus proche de nous, voici le Robespierre (Glénat / Fayard) de Mathieu Gabella et Roberto Meli, traité avec une empathie permettant de comprendre ce à quoi le personnage s’est laissé aller. Un peu de dépaysement, ensuite, avec le premier tome des Maîtres de White Plain (Bamboo) où Édouard Chevais-Deighton et Antoine Giner-Belmonte font revivre le sud de la Louisiane dans la première moitié du XIXe siècle dans un premier tome où se forgent des Liens de haine. Peu après se poursuit la saga des Troupes de marine (Éditions du Triomphe), superbement ressuscitées par René Le Honzec et Serge Saint-Michel dans le deuxième volume, “Les bâtisseurs d’empire“.

La Première Guerre mondiale est abordée sous trois aspects fort différents. Jean-Yves Le Naour et Iñaki Holgado racontent L’agonie du fort de Vaux, deuxième tome de Verdun (Bamboo). Ozanam et Denis Rodier décrivent la trajectoire de Lénine (Glénat / Fayard). Gaëtan Évrard et Dominique Bar, eux, font revivre un événement dont on vient de célébrer le centenaire, Fatima. Le jour où le soleil dansa… (Éditions du Triomphe).

On entre ensuite dans la période de l’entre-deux-guerres. Son côté insouciant propre à toutes les combines se manifeste, grâce à Laurent Galandon et Frédéric Blier, dans La parole du muet (Bamboo), dont le deuxième tome réunit La bergère et le malfrat. Les aspects inattendus de certaines situations et même de certains personnages avaient retenu l’attention de Marcel Pagnol, dont Serge Scotto, Éric Stoffel et A. Dan ont adapté la surprenante pièce Jazz.

Et revoici la guerre, à nouveau mondiale. Philippe Glogowski et Patrick Deschamps se sont penchés sur Les fantômes de Katyn 1940 (Éditions du Triomphe), où l’on voit comment la duplicité soviétique a secondé l’horreur nazie. Au sortir de cette sombre période, Cédric Mayen et Lucy Mazel racontent une jolie et passionnante histoire qui finit pourtant mal, Edelweiss (Vents d’Ouest).

On reprendra du tonus avec un nouvel épisode de la saga des 24 heures du Mans (Glénat), dans lequel Denis Bernard, Christian Papazoglakis et Robert Paquet s’attardent sur un moment aussi court que fabuleux, 1972-1974 : les années Matra (Glénat). Enfin, Alexandre Ilic et Nicolas Musique aident à faire connaître les Générations Lions. Voyage au cœur du centenaire (Éditions du Signe), album destiné à mettre en valeur, pour ses cent ans, la plus grande ONG du monde.

Mots clés : BD, Histoire,

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