Un conseil municipal de rentrée explosif

Par Céline MAZET | Publié le 27 septembre 2017 à 09h54 | Modifié le 27 septembre 2017 à 10h15 | Vu 450 fois
Un conseil municipal de rentrée explosif
De nombreux élus étaient absents pour ce conseil municipal de rentrée - © C.M

Après deux mois et demi de trêve estivale, les conseillers municipaux se sont retrouvés mercredi 20 septembre pour voter vingt délibérations. La teneur des différents points inscrits à l’ordre du jour était plutôt légère. Et rien ne laissait présager la lourde tempête qui s’est abattue dans la salle du Conseil en fin de séance.

Beaucoup de sièges étaient vides pour ce conseil municipal de rentrée que le maire, Jean-Michel Revol, a qualifié de « bien ordinaire.» En effet, les délibérations concernaient essentiellement des affaires courantes liées à l’administration de la ville. Les votes se sont rapidement enchainés et les habituelles tensions entre opposition et majorité semblaient être restées en vacances. Les brefs échanges entre les deux camps étaient courtois, les débats quasi inexistants et les sujets peu passionnants. Seuls la présentation des premiers marchés signés dans le cadre de la revitalisation du centre-bourg et le discours d’introduction du maire sont apparus substantiels. Jean-Michel Revol a dressé un bilan des actions menées à mi-mandat (réhabilitation et extension du complexe sportif la Saulaie, relance de la dynamique commerciale, création d’une intercommunalité unifiée, maintien d’un haut niveau de services aux habitants ), et a rappelé que, malgré les importantes baisses de dotations de l’Etat (- 617 267 euros depuis 2014) il ne fallait pas en rester là : « nous devons continuer à aller de l’avant en prenant à bras-le-corps les difficultés de vie de nombre de nos concitoyens tout en continuant de tracer des chemins vers l’avenir. J’entends  que nous donnions une nouvelle impulsion à notre action pour Saint-Marcellin (…) Je souhaite que nous abordions cette feuille de route dans un état d’esprit offensif et constructif pour Saint-Marcellin. »

L’offensive de l’opposition

« Etat d’esprit offensif »…Une phrase prise au pied de la lettre par l’opposition, qui, jusqu’à la 15ème délibération, s’était pourtant faite discrète. Une fois n’est pas coutume. Les 16ème et 17ème délibérations ont déclenché une violente altercation verbale entre Jacques Lascoumes (« Saint-Marcellin pour tous ») et Jean-Michel Revol. Elles portaient sur l’attribution d’un véhicule de fonction au Directeur général des services (DGS) et l’utilisation d’un véhicule de service par le Directeur des services techniques et son adjoint. C’est Christian Gruenzig (« Saint-Marcellin autrement ») qui a le premier clamé son mécontentement : « je ne comprends pas, tous les autres agents de la Ville payent leurs trajets ! C’est toujours à ceux qui gagnent le plus que l’on donne les meilleurs avantages. » La première adjointe Monique Vincent lui a rétorqué : « C’est tout à fait réglementaire ! » Réponse de M. Gruenzig : «  je ne dis pas que c’est illégal, je vous donne mon avis personnel ! » La tension est montée d’un cran et Jacques Lascoumes a pris le micro : « Je suis tout à fait d’accord avec mon collègue de l’opposition. Cela me choque énormément, surtout dans un contexte financier que l’on sait difficile. C’est fort dommageable. » Première intervention du maire, exaspéré : « La discussion de ce soir est lamentable. C’est pitoyable que des agents qui ont droit à des avantages soient montrés du doigt. » M. Lascoumes a renchéri : « tout ceci n’est qu’une espèce de brouillard pour faire oublier qu’il a fallu demander la présence de gendarmes pour obtenir les factures d’essence de déplacements des élus demandées par le groupe « Saint-Marcellin autrement » ! » Le maire est alors entré dans une colère noire : « On en a marre des mensonges ! Ca dépasse les bornes ! Vous dites n’importe quoi et vous abaissez sans arrêt le débat public. Vos propos sont diffamatoires. » « Si vous voulez, vous pourrez me faire un procès avec l’argent de la commune ! » a ironisé M. Lascoumes, ce qui n’a fait qu’atterrer davantage le maire : « c’est scandaleux ! Vous ne faîtes que salir les membres élus de cette assemblée ! Quelle honte ! » Les six élus de l’opposition ont voté contre ces deux délibérations. La précédente, qui portait sur la sécurisation des trois groupes scolaires -avec l’installation de vidéophones, de dispositifs d’alerte, de remplacement de portes d’entrée etc.- avait été, elle, votée à l’unanimité.   

A la suite de ce conseil municipal, le maire a envoyé un courrier aux élus de l'opposition leur demandant, "en apportant toutes preuves à l'appui", de préciser les conditions et la date à laquelle les forces publiques auraient été requises pour avoir la totalité des factures d'essence. Auquel cas, le maire a demandé à l'opposition de démentir clairement ses propos qu'il considère diffamatoires.

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