Gironde: importants moyens toujours en action au 2e jour d'un incendie de forêt

Par AFP | Publié le 25 juillet 2015 à 20h43 | Vu 501 fois
Gironde: importants moyens toujours en action au 2e jour d'un incendie de forêt
Des pompiers tentent de combattre les feux de forêt en Gironde près de la commune de Saint-Jean-d'Illac le 25 juillet 2015 - © AFP

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D'importants moyens, avec l'aide de cinq avions, restaient engagés samedi en début de soirée en Gironde, au deuxième jour d'un incendie de forêt, relancé par les vents, qui a détruit près de 400 hectares de pins, différant le retour de quelque 120 foyers évacués dans leurs maisons. Le feu avait été "stabilisé, presque maîtrisé" à la mi-journée mais il y a eu regain de vents, "avec des rafales à plus de 40 km/h et une évolution défavorable sur un secteur du feu qui a obligé à redéployer des moyens importants pour la traiter", a indiqué au PC opérationnel le directeur de cabinet du préfet de Gironde, Simon Bertoux. Selon une estimation actualisée, entre 380 et 400 hectares de pinède ont été détruits par l'incendie - pour lequel la gendarmerie n'excluait encore aucune cause: jet de mégot de cigarette par imprudence, origine accidentelle ou criminelle - qui s'est déclaré vers 14H30 vendredi à Saint-Jean d'Illac, à 20 km environ au sud-ouest de Bordeaux. Entre 300 et 350 pompiers restaient mobilisés samedi soir et devaient recevoir dans la nuit des renforts venus d'autres régions. Ainsi, dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé l'arrivée de "quatre colonnes de renfort formées par plus de 300 sapeurs-pompiers et une section de 25 militaires de la Sécurité civile" pour "épauler les 350 sapeurs-pompiers et 200 véhicules d'intervention déjà présents sur site". Cinq avions de lutte contre le feu restaient pour leur part en action, avec quatre Canadair, dont deux de retour de la base de Marignane (Bouches-du-Rhône) qu'ils avaient regagnée samedi, et un bombardier d'eau Dash, selon la préfecture. "Il n'y a pas de fébrilité, mais il y a une situation sérieuse qui est de nouveau défavorable et mérite un fort engagement des moyens", a précisé à l'AFP la préfecture. "Le feu avance vers le sud, vers une zone plutôt boisée, ce n'est pas le pire front, mais c'est une reprise". Les pompiers évaluaient au cas par cas la nécessité de nouvelles évacuations d'habitations dans cette direction. Mais deux des Canadair ont toutefois dû être temporairement dirigés en fin d'après-midi vers un début de feu qui a détruit un hectare de pinède dans le Médoc, près de Naujac-sur-Mer, à 65 km de l'incendie de Saint-Jean-d'Illac. - Un chantier de plusieurs jours - Sur l'incendie principal, les pompiers misaient sur des conditions météo plus favorables à leur combat en fin de soirée, "avec un peu plus d'humidité et un vent qui baisserait", selon la préfecture. Au-delà des reprises de feu, les sapeurs-pompiers devront s'attacher à traiter les points chauds de 9 à 10 km de lisière du feu, séparer les zones brûlées des zones épargnées: un travail "méthodique et constant", un "chantier qui va durer plusieurs jours", selon le colonel Jean-Paul Decellières, directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Gironde. Le feu est "disparate, très diffus sur une surface assez vaste: il y a des endroits où les Canadair travaillent et des endroits où l'on travaille sur des fumerons", précisait-on à l'AFP dans la journée auprès des soldats du feu. Vendredi puis dans la nuit, deux sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés, l'un victime d'une inhalation de fumée, l'autre d'une blessure au dos, mais aucun n'a nécessité d'évacuation. "L'extrême prudence" préconisée par le préfecture face à un incendie toujours "préoccupant" a conduit à différer le retour chez eux de quelques 120 foyers évacués vendredi soir: 40 habitations à Saint-Jean-d'Illac, 80 sur la proche commune de Pessac. Même si aucune habitation n'a été atteinte par le feu depuis vendredi. La plupart des évacués avaient été relogés chez des proches, quelques dizaines dans un gymnase à Pessac. Environ 80 patients d'un centre de soins psychiatriques légers, eux aussi évacués vendredi, ont été pris en charge au CHU de Bordeaux, ou dans un hôpital militaire de Villenave d'Ornon en banlieue bordelaise. Au gymnase Cap de Bos à Pessac, beaucoup d'évacués espéraient pourtant ne passer qu'une nuit loin de chez eux. Ainsi Mezha, 56 ans, qui avait "pris le minimum pour la nuit" mais s'"inquiète pour le petit chat resté derrière: Vous imaginez, c'était mon anniversaire hier (vendredi). Mais quand j'ai vu le ciel noircir et les grosses cendres tomber, j'ai commencé à m'inquiéter". L'incendie de Saint-Jean-d'Illac est l'un des plus importants des dernières années en Gironde, département recouvert à plus de 45% de forêt, au coeur du massif forestier de Gascogne (1 million d'hectares), et ou les multiples départs de feu l'été en une journée ne sont pas rares. En août 2012, un incendie avait détruit plus de 650 hectares de pinède près de Lacanau, sans faire de victimes.

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