Innovant, le nouvel Ehpad de Roybon va prendre de la hauteur

Par Stéphane Perrin | Publié le 25 janvier 2018 à 17h45 | Modifié le 25 janvier 2018 à 17h56 | Vu 1263 fois
Innovant, le nouvel Ehpad de Roybon va prendre de la hauteur
Reconstruit au lieu-dit La Sapinière, l’établissement sera également un modèle de développement durable avec des toitures végétalisées. - © DR

C’est un important chantier qui va démarrer au mois de mai sur une colline dominant le village des Chambaran. La résidence René Marion va y être entièrement reconstruite, ce nouveau lieu de vie ouvert sur l’extérieur conciliant esthétisme, confort accru des résidents et nouvelles technologies pour se sentir «comme à la maison». Coût de l’investissement : 14 millions d’euros.

Les premières pelleteuses sont attendues sur place au mois de mai. Le permis validé, l’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Roybon va être reconstruit à La Sapinière, sur les hauteurs du village. Un nouveau lieu de vie «à la campagne» qui se veut ouvert sur l’extérieur, à des années-lumière de l’image que peut renvoyer un hôpital.

Philippe Poussier, directeur de la résidence René Marion, est enthousiaste. Il explique les raisons de ce déménagement : «Notre établissement est de qualité, mais il ne répond plus aux dernières normes en terme de superficie des chambres. Surtout, il ne dispose pas d’unité psycho-gériatrique, alors que la demande est croissante.»

Le nouveau bâtiment, d’une surface totale de 5 430 m2, sera livré au printemps 2020. Il bénéficiera des toutes dernières innovations technologiques dans un cadre verdoyant, avec vue panoramique sur le vallon. Le directeur souligne : «Ce sera un lieu chaleureux et rassurant, qui permettra d’améliorer encore la prise en charge des personnes âgées. L’architecture a avant tout été définie en fonction des attentes de nos résidents, de leurs familles et du personnel soignant, qui ont été associés depuis deux ans au projet.»

Privilégier le bien-être et le lien social

Le résultat sort de l’ordinaire. Devant l’établissement, un grand «jardin de ville» partagé apportera de l’animation, les enfants de l’école et de la garderie toute proche étant invités à venir y jouer. Philippe Poussier relève : «Nous attachons une importance toute particulière aux liens intergénérationnels. Ce sera encore plus simple avec ce nouvel emplacement.» Un vaste hall d’entrée vitré accueillera un bar avec terrasse, la friperie actuelle et un salon de coiffure. Cadre de santé, Anne-Laure Lefrançois précise : «En fonction de son degré d’autonomie, chaque résident pourra être accompagné pour profiter de tous ces services.» À l’étage, la salle de restauration offrira une vue imprenable sur les bois environnants. Les chambres, plus spacieuses, vont aussi gagner en confort, avec notamment une salle de bains conciliant esthétisme et fonctionnalité. Mieux, la direction de l’Ehpad s’est attachée les services d’un décorateur d’intérieur pour apporter du cachet.

En terme de services, le nouvel «espace bien être» va faire des envieux, avec notamment des matelas massants et des lampes chauffantes «pour soulager la douleur sans prise de médicament.» Ici, plaisir et relaxation seront les maîtres mots, «avec une prise en charge individualisée», souligne le directeur. La salle d’activité physique adaptée sera également appréciée, tout comme le «physio-parc» extérieur qui sera doté d’agrès pour travailler l’équilibre ou la réadaptation à la marche avec un spécialiste.

42 lits spécifiques pour les malades d’Alzheimer, les patients «connectés»

La capacité d’accueil sera sensiblement la même qu’aujourd’hui, la résidence René Marion étant le deuxième plus important Ehpad du département. L’ensemble sera doté de 127 lits d’Ehpad, dont 42 lits pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer au sein de trois unités spécifiques de 14 places chacune. Anne-Laure Lefrançois précise : «C’est la première fois dans le département que l’on ouvre trois unités au même endroit. Pour cela, il a fallu bien réfléchir à l’aménagement intérieur pour que les patients puissent vivre en petits groupes avec une surveillance commune.» Tous auront accès à d’agréables petits jardins «naturellement sécurisés par des haies d’arbustes plantées au pied du versant de montagne.»

La cadre de santé poursuit : «Aucun résident ne se sentira oppressé par des murs. Par contre, nous allons innover en les dotant tous d’une montre connectée.» Un outil qui intègre un système d’alerte par géolocalisation si un patient s’éloigne trop et une alarme de chute notamment. Pour les soins, le personnel a commencé à être formé à une spécialisation : assistant de soin en gérontologie.

Autre nouveauté, cinq lits d’hébergement temporaire seront médicalisés, ce qui donnera la possibilité d’offrir un «sas» dans le parcours de soin entre l’hospitalisation et le retour à la maison. L’Ehpad conservera également 14 places d’accueil de jour dans un Pôle d’activités et de soins adaptés (PASA). Coût de l’investissement ? Près de 14 millions d’euros, avec d’importantes subventions du Département et de l’État. Avant-gardiste, cet Ehpad en mode «cocooning» le sera assurément.

Stéphane Perrin

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