Des pistes pour mieux accompagner l'installation des nouveaux agriculteurs

Par Stéphane Perrin | Publié le 31 janvier 2018 à 15h01 | Modifié le 31 janvier 2018 à 15h10 | Vu 825 fois
Des pistes pour mieux accompagner l'installation des nouveaux agriculteurs
Les témoignages de Corinne Nirat et de Martin Roche, jeune agriculteur à Saint-Lattier, ont été très instructifs. - © Stéphane Perrin

Le Comité de territoire tenait son assemblée générale jeudi 18 janvier à Saint-Vérand. Par le biais du témoignage de deux agriculteurs récemment installés dans le Sud-Grésivaudan, l’association invitait ses membres à réfléchir au soutien à apporter pour maintenir la dynamique de création d’activité. Un enjeu de taille pour préparer l’avenir.

Corinne Nirat s’est installée il y a deux ans à Saint-Vérand pour élever des chèvres. Avec le lait, elle fabrique du fromage. Invitée à témoigner en deuxième partie de l’assemblée générale du Comité agricole du Sud-Grésivaudan, cette Ardennaise avoue : «Lorsque j’ai eu besoin de fourrage, je me suis sentie un peu seule, sans trop savoir à qui m’adresser.» Ce jeudi 18 janvier, le thème des échanges, «Quelle dynamique de création d’activité agricole sur le territoire ?», permet d’abord de planter le décor. L’association présidée par Olivier Gamet compte améliorer encore l’accompagnement qu’elle propose. On parle notamment de l’importance de constituer un réseau.

La vente directe, un choix qui prend beaucoup de temps

L’éleveuse aborde une autre difficulté : «La commercialisation de mes fromages en vente directe me prend énormément de temps.» Le constat est partagé : ce volet est très «chronophage», entre le conditionnement, la communication pour se faire connaître ou encore la présence sur les marchés, «qui correspond à une double journée de travail.» Jeune nuciculteur à Saint-Lattier, Martin Roche abonde : «Avec la vente de mes produits dérivés de la noix et ma volonté de me diversifier en cultivant de l’asperge, je n’ai plus de vie de famille !»

Membre du bureau de l’association et par ailleurs présidente des «Points fermiers en Dauphiné», Jocelyne Revol constate : «Entre les magasins de vente directe de producteurs et les opérations de promotion comme la Semaine du goût ou “ Prenez la clé des champs ”, notre territoire est pourtant bien loti. Sans doute, péchons-nous par un manque de communication auprès des jeunes qui s’installent.»

L’autre frein mis en avant est le manque de terrain, le succès de la noix ayant fait flamber les prix. Martin Roche lâche même : «C’est la guerre. Un jeune qui veut créer une exploitation sans terre ne peut pas y arriver…» Autre figure de l’association, Raphaël Gaillard estime que l’avenir passera sans doute par des regroupements. Il lance : «Parfois, lorsqu’on démarre, on est un peu individualiste. Mais avec toute la charge de travail, on a intérêt à réfléchir à une mutualisation sous la forme d’un Gaec par exemple.» On évoque aussi l’idée d’un tutorat pour les jeunes.

Des «outils collectifs» à faire connaître

Déjà, les «outils collectifs» ne manquent pas. Dans la salle, on indique qu’un groupement d’employeurs agricoles fonctionne bien dans le Sud-Grésivaudan. Un peu plus tôt, le président a parlé d’une réflexion autour de l’acquisition collective d’un semoir pour l’expérimentation des couverts sous noyers. Le territoire a aussi la particularité de proposer une «boîte à essai» sur deux sites, à Chatte et à Saint-Vérand. L’animatrice du Comité de territoire, Naïc Bernard, rappelle : «Nous mettons à disposition des porteurs de projet toutes les conditions pour tester leur activité.» Ils sont cinq à en avoir bénéficié l’an dernier : deux maraîchers, un éleveur ovin et une horticultrice.

Stéphane Perrin

Un territoire dynamique

Depuis 2015, onze personnes ont créé une activité dans le Sud-Grésivaudan dans le cadre du dispositif "?Jeune agriculteur". L’an dernier, la chambre d’agriculture a rencontré 27 personnes qui avaient un projet d’installation sur le territoire dans les quatre ans à venir et deux exploitants partant à la retraite ont trouvé un repreneur.

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