Saint-Marcellin : Le choix de l'emprunt pour financer "des investissements d'avenir"

Par Stéphane Perrin | Publié le 09 mars 2018 à 15h55 | Modifié le 09 mars 2018 à 16h06 | Vu 2276 fois
Saint-Marcellin : Le choix de l'emprunt pour financer
Parmi les principaux investissements inscrits au budget 2018, figure la réfection du parking du Champ de Mars. - © Stéphane Perrin

C’est un budget prévisionnel «volontariste et ambitieux», selon les termes de Jean-Michel Revol, qui a été adopté lundi 26 février. Les taux d’impôts inchangés, la majorité municipale a opté pour un emprunt de 1,5 million d’euros, notamment dédié à des opérations visant à «dynamiser le cœur de ville.»

Bien sûr, Saint-Marcellin n’est pas Bordeaux. Il n’empêche, Jean-Michel Revol s’est fait un petit plaisir, lundi 26 février, en reprenant les arguments d’Alain Juppé pour justifier le recours à l’emprunt : «Notre capacité de désendettement actuelle est inférieure à quatre ans, ce qui est une excellente performance puisqu’il ne faut pas dépasser douze ans.» Il complétait : «Ce crédit de 1,5 million d’euros inscrit au budget 2018 va nous servir à financer des investissements d’avenir. Attention, nous nous fixons un seuil pour la dette, à savoir que le capital restant dû au 1er janvier 2020 ne sera pas supérieur à ce qu’il était début 2014, soit 7,9 millions d’euros.» C’est que le maire et son équipe ont voulu bâtir un budget prévisionnel «volontariste et ambitieux» tout en maintenant inchangés les taux d’imposition. Une enveloppe de 4 millions d’euros a ainsi été votée pour les investissements 2018, dont 2,2 millions d’euros d’opérations nouvelles.

Des crédits pour la réfection du parking du Champ de Mars

Le principal chantier sera le lancement de la transformation du parking du Champ de Mars. «Nous voulons totalement le reprendre pour faciliter le stationnement à proximité des commerces du centre-ville», soulignait le maire. Avec les aménagements prévus dans l’avenue du Collège et le boulevard du Champ de Mars, l’enveloppe atteint 400 000 euros. Au-delà, le pôle «revitalisation du centre-bourg» est crédité de 619 000 euros. Parmi les autres grands chantiers, la majorité municipale a acté la mise aux normes complète de l’école du Stade (200 000 euros), des travaux de voirie (150 000 euros), la rénovation du foyer restaurant ou encore la réfection des cours de tennis.

Jacques Lascoumes : «C’est un budget en trompe l’oeil»

S’agissant du fonctionnement, le budget prévisionnel se limite à 9,86 millions d’euros (-0,33 % par rapport à ce qui avait été voté en 2017). Même si la dotation de l’État reste stable cette année, Jean-Michel Revol appelait à la prudence : «Si on fait le cumul, la Ville a quand même perdu 1,3 million d’euros de dotations depuis 2014 !» La recherche d’économies se traduit par un recul des 600 000 euros des dépenses de gestion courante. Le maire insistait toutefois : «Il n’y a pas de coupe dans les subventions aux associations et le CCAS bénéficie de 200 000 euros en plus.»

Le tableau était quelque peu noirci par l’opposition. Jacques Lascoumes dénonçait «un budget en trompe l’œil.» Il précisait : «Vous dites que les impôts fonciers ne bougent pas, mais les bases (fixées par l’État, ndlr) progressent fortement pour les entreprises et les commerces ! De même, la communauté de communes augmente son budget de 10 %. Ce qu’on ne paye pas là, on le paye à l’interco.» Quant à la vente de la régie d’électricité, elle ne passe toujours pas. Jacques Lascoumes pourfendait ce choix d’avoir «dilapidé un actif, ce qui va creuser l’écart avec le passif lié au nouvel emprunt.» Christian Gruenzig (Saint-Marcellin Autrement) montait à son tour au créneau : «Au final, cette cession à GEG nous fait quand même perdre 100 000 euros par an.» La réponse du maire, qui mettait en avant une redevance annuelle de 130 000 euros sur 30 ans ne parvenait pas à convaincre la minorité. Qui votait, sans surprise, contre ce budget.

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