Trois ans pour rendre la culture plus accessible dans les territoires ruraux

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 20 octobre 2018 à 07h00 | Modifié le 22 octobre 2018 à 09h29 | Vu 688 fois
Trois ans pour rendre la culture plus accessible dans les territoires ruraux
La semaine dernière, la cie La Fabrique des petites utopies a rencontré les acteurs locaux afin de leur présenter la résidence triennale. - © Aurélie Amieux

L’utopie est un idéal imaginaire que l’on se plaît à rêver. Un idéal que la compagnie de théâtre grenobloise La Fabrique des petites utopies s’efforce de concrétiser en les mettant en scène. Dans le cadre d’une convention territoriale d’éducation aux arts et à la culture portée par Jean-Michel Revol et Patrice Ferrouillat, respectivement vice-président au développement culturel et président de la commission Culture de Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté, la compagnie pose ses valises dans le territoire du Sud-Grésivaudan pour trois ans. Durant cette période, le collectif de théâtre va travailler avec les différentes structures sociales, éducatives et sportives afin de donner à la culture une véritable perspective populaire. L’idée ? Proposer des spectacles en intégrant le maximum d’habitants aux différents projets. Retour sur cette aventure avec Bruno Thircuir, metteur en scène au sein de la compagnie, et Célia Cot, directrice de la Culture à la Ville de Saint-Marcellin et à la SMVIC.

Le secteur de la culture se porte de nos jours plutôt bien grâce entre autres à la richesse des productions artistiques. Cependant, un point noir demeure : son accessibilité. Ainsi, cette richesse culturelle est en majorité disponible dans les grandes villes. 

C’est dans une volonté de décloisonner la culture en la rendant accessible, surtout dans les territoires ruraux, qu’a été mise en place en Isère, la Convention territoriale d’éducation aux Arts et à la Culture, qui propose à une compagnie de rester en résidence sur un territoire afin de diffuser dans tous les secteurs, la culture. Récemment, c’est dans ce cadre que Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté a conclu un accord avec la compagnie grenobloise La Fabrique des petites utopies. Un dispositif qui peut compter sur le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles, de la Région Auvergne Rhône-Alpes, du Département de l’Isère, de l’Éducation Nationale, de la Direction départementale de la cohésion sociale, de la Draaf et de la Caisse d’allocations familiales.

Une résidence triennale pour faire de la culture un moment de partage,
d’échanges et de rencontres

Célia Cot, directrice de la Culture à la Ville de Saint-Marcellin et à la SMVIC, explique : « Au départ, c’est le Département de l’Isère qui a identifié le territoire du Sud-Grésivaudan comme une zone prioritaire pour la culture, malgré notre grande richesse. Il a ensuite poussé à la mise en place de cette convention territoriale avec ce volet de résidence inscrit dans le projet de développement de la culture pour toucher tous les publics à un moment de leur vie. Cette éducation artistique et culturelle se construit selon trois axes, diffuser par l’intermédiaire du Diapason à Saint-Marcellin, de l’ACCR à Pont-en-Royans et de Textes en l’air à Saint-Antoine-l’Abbaye, s’ouvrir et pratiquer avec cette résidence. »

C’est au cours du mois de juin dernier que le collectif grenoblois a décroché l’appel d’offres lancé par la SMVIC. Comme nous le raconte Bruno Thircuir, le metteur en scène, plusieurs temps forts vont marquer cette triennale. Des temps forts incarnés par les saisons, les premiers s’étant déroulés la semaine dernière à Vinay. Le metteur en scène détaille : « Cet automne sera consacré aux rencontres avec les structures et les partenaires de Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté afin de lancer une réflexion sur la construction des différentes productions artistiques et donner une opportunité aux différents établissements  scolaires et sociaux de passer un cap en participant à un projet culturel. L’hiver 2018 sera consacré à la finalisation de notre cabaret acrobatique et politique, intitulé Mondofoly, dont l’avant-première aura lieu le 19 janvier au Diapason. Puis, au printemps, nous jouerons plusieurs représentations  D’un Mystérieux voyage en forêt et de Mines de rien, deux spectacles qui seront accompagnés d’actions autour de l’écologie et du handicap. Enfin, l’été venu, nous travaillerons en collaboration avec le festival Textes en l’air, où nous aurons d’ailleurs installé notre grand chapiteau d’une capacité de 400 places. »

Cette résidence triennale permet à La Fabrique des petites utopies d’habiter le territoire, de créer une proximité qui les aide à travailler pour faire adhérer le maximum de personnes à la culture, notamment le jeune public. Bruno Thircuir souligne : « Pour parvenir à fédérer autour de la culture des structures qui s’en sentent éloignées, nous travaillons à répondre à leurs attentes en leur proposant de jouer leurs utopies. Un peu plus de 20 % de la population a une activité culturelle. Le pourcentage restant, notamment les jeunes, pense que les spectacles ne sont pas accessibles. Or, la culture est pour tout le monde. La compagnie propose d’y accéder par la concrétisation de ses utopies et de ses rêves afin de positiver, mais également d’avoir un nouveau regard sur le monde, de changer de comportement par l’enrichissement culturel... »

Au travers d’une présence régulière sur le territoire, et auprès des écoles, des associations, des structures sociales, grâce à des ateliers de préparation et de réalisation des spectacles élaborés par la compagnie La Fabrique des petites utopies, la culture va s’ouvrir au plus grand nombre afin d’enchanter les esprits et ainsi réaliser leurs petites utopies porteuses d’espoir.

0 commentaires

Envoyer un commentaire