Un rap engagé pour toucher toutes les générations

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 04 janvier 2019 à 17h28 | Modifié le 04 janvier 2019 à 17h42 | Vu 811 fois
Un rap engagé pour toucher toutes les générations
J.Ère sort en ce début d’année son premier opus intitulé Renaissance, un CD complet où le rappeur aborde divers thèmes de société. - © DR

La musique, quelle qu’elle soit, a un puissant pouvoir de communication et d’influence. Du classique, au jazz, en passant par le disco, le reggae ou le rock, la musique est vectrice d’émotions et délivre toujours un message. Le rap, notamment le genre conscient, y puise son origine. Un engagement par les mots qu’a décidé de partager depuis un an environ J.Ère, de son vrai nom Jonathan Romey, en devenant rappeur et en sortant son premier EP Renaissance, en ce début d’année. Entretien avec le Murinois qui nous dévoile sa vision du rap.

• Comment est née votre appétence pour le rap ?

Jonathan Romey : Cela fait seulement un an et demi que je rappe sur scène, mais j’ai toujours écrit des textes, car enfant, l’écriture était pour moi un exutoire, elle me permettait de m’évader, tout comme la lecture. J’ai retrouvé tout cela dans le rap. J’ai donc écrit plusieurs morceaux et j’ai écouté beaucoup de rappeurs dont notamment l’artiste française Keny Arkana. Elle m’a énormément inspiré par son approche du rap et par les messages qu’elle véhiculait.

 

«J’avais besoin de vivre les émotions que j’avais écrites dans mes chansons»

 

• Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de monter sur scène ?

J.R. : Je ne me sentais tout simplement pas prêt. J’avais besoin de vivre les émotions que j’avais écrites dans mes chansons avant de les proposer à un public. En mon for intérieur, je savais qu’un jour je chanterais mes textes, mais je devais avoir vécu ce que je racontais car selon moi, le rappeur a une grande responsabilité dans les messages qu’il véhicule. On doit rester libre, contestataire mais également responsable, car beaucoup de jeunes écoutent le rap aujourd’hui, et on ne peut pas dire n’importe quoi. J’ai aussi mis plusieurs années avant de monter sur scène car le rap, c’est un profond travail sur soi et on se doit d’être honnête avec nous-même.

• Dans quel genre classeriez-vous votre rap ?

J.R. : C’est très dur de le ranger dans un style en particulier, je dirais donc conscient, contestataire et engagé.

• En parlant d’engagement, quels sont les messages que vous souhaitez partager au travers de vos chansons ?

J.R. : Il est essentiel que mes textes parlent aux gens, j’aimerais qu’ils comprennent à travers mes chansons que nous avons tous quelque chose à apporter au monde, nous ne sommes pas rien. J’aimerais également toucher toutes les générations des jeunes aux moins jeunes et que certains se reconnaissent dans ce que j’ai vécu. Après, j’ai des thèmes qui me tiennent à cœur comme la Palestine ou l’antisystème raisonné.

 

«Aujourd’hui, le rap est devenu tout ce qu’il dénonçait»

 

• Concernant votre carrière, où en sont vos différents projets ?

J.R. : Un clip réalisé par Théo Bertrand est déjà visible sur la plateforme de Youtube, et depuis un an, j’enregistre à la Cité de la musique, à Romans-sur-Isère, mon premier opus intitulé Renaissance. Il sera composé de huit titres et il devrait être disponible fin janvier, début février. J’ai réalisé les enregistrements avec mon ami et instrumentaliste Alexandre Renault (dit Kada Tongden). Un second clip toujours réalisé par Théo Bertrand est en préparation, et en parallèle de tout cela, j’essaye de me produire sur plusieurs scènes locales. Je suis très bien entouré. Selon moi, il n’y a pas de hasard, je n’ai fait que des belles rencontres qui sont de vrais soutiens. Sans eux, mon projet n’aurait jamais pris une telle ampleur.

• Comment voyez-vous votre avenir dans le rap ?

J.R. : Je répondrais carpe diem. Je verrais au jour le jour comment les choses avancent, j’ai arrêté de travailler pour me consacrer pleinement au rap, j’espère donc pouvoir un jour vivre de ma passion.

• Quel regard portez-vous sur le rap d’aujourd’hui ?

J.R. : Globalement, je pense que le rap a perdu la tête, il est le reflet de la société actuelle et c’est un peu n’importe quoi. Il a perdu cette part de responsabilité qu’il avait. Aujourd’hui, le rap est devenu tout ce qu’il dénonçait, il est son propre cliché. De nouveaux rappeurs apparaissent chaque jour, mais ce sont des chanteurs et non plus des paroliers contestataires, ils ne sont pas honnêtes avec eux et avec le rap, ils ont travesti cet art. Mais tous ne sont pas comme ça, il reste de nombreux artistes honnêtes.

Propos recueillis par Aurélie Amieux

+ D’infos : Retrouver l’actualité de J.Ère sur sa page Facebook : @J.EREofficiel, ainsi que sur sa chaîne Youtube : J.ÈRE

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