«Mondofoly » : une folle partie de Monopoly

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 11 janvier 2019 à 14h19 | Modifié le 14 janvier 2019 à 09h39 | Vu 251 fois
«Mondofoly » : une folle  partie de Monopoly
Mondofoly est un croisement des arts de la scène pour donner envie au plus grand nombre de croire et de réaliser leurs utopies. - © Ben Caillibot

En création pour la Biennale internationale des arts du cirque de Marseille, qui se tiendra du 11 janvier au 10 février, le spectacle Mondofoly sera au banc d’essai au Diapason de Saint-Marcellin samedi 19 janvier. Un projet ambitieux de la compagnie grenobloise La Fabrique des petites utopies, en résidence triennale sur le territoire du Sud-Grésivaudan, dans le cadre de la Convention territoriale d’éducation aux arts et à la culture.

Le collectif de théâtre grenoblois, va travailler au cours de ces trois années de résidence, avec les différentes structures sociales, éducatives et sportives du Sud-Grésivaudan afin de donner à la culture une véritable perspective populaire. L’idée ? Proposer des spectacles en intégrant le maximum d’habitants aux différents projets de la compagnie comme Mondofoly. Après avoir créé des spectacles traitant de l’écologie, des migrations, du terrorisme ou encore de la peur de l’autre et du handicap, le directeur artistique de La Fabrique des petites utopies, Bruno Thircuir, a eu envie de revenir à une forme de spectacle plus ludique, mais non moins engagée. Pour Mondofoly, il s’est inspiré du fameux jeu Monopoly, auquel il jouait enfant, n’hésitant pas à piquer dans la caisse pour gagner ! « J’avais l’impression que c’était une allégorie facile pour dénoncer la folie de notre monde, raconte-t-il. Or, un jour, je suis tombé sur une information incroyable : ce jeu n’a pas été inventé par Charles Darrow, mais par Élisabeth Magie, vingt-cinq ans plus tôt. Il s’appelait alors Landlord’s Game et dénonçait l’accaparement des terres. C’est sans doute le premier jeu collaboratif, puisque la règle stipulait la création d’une taxe commune, la terre devant rester un bien commun comme l’air et l’eau. Le Monopoly est ainsi devenu un symbole du capitalisme, alors qu’il aurait pu être le symbole de la taxation des riches. Je tenais là mon pitch ! »


Une pièce montée d’espoir

Bruno Thircuir compare ce spectacle ambitieux – avec trois circassiens, trois comédiens et deux musiciens sur la scène du chapiteau, transformée en plateau de Monopoly – à la réalisation d’une pâtisserie : « Nous mêlons les ingrédients que sont le théâtre, le cirque, la vidéo, la magie… pour faire une grande pièce montée ! Nous la construisons étage par étage, pour raconter l’état fou du monde, mais aussi la beauté d’un geste à côté de chez nous, les rêves des gosses, les solutions trouvées par les chercheurs, etc. » Il nous fait voyager de case en case au fil de quatorze tableaux, évoquant entre autres « la folie du commerce, l’accaparement des richesses, les déchets au Gamma ». Mais l’engagement de ce spectacle est « à la hauteur de nos paradoxes ». « Nous sommes dans cette ambiguïté : nous savons, par exemple, que ce n’est pas bien de prendre l’avion, mais nous nous offrons tout de même des vacances en Grèce, souligne le metteur en scène. Nous plaisantons sans cesse de cela. Nous jouons à l’engagé ou au riche, puis souffrant de cela, nous changeons nos comportements. Et inversement. »

Bruno Thircuir se donne ainsi 1 h 30 pour raconter la complexité de nos sociétés, avec « poésie, humour et espoir », sans pour autant tomber dans la morale, car pour le directeur artistique, la culture peut participer au changement du monde : « Un peu plus de 20 % de la population a une activité culturelle. Le pourcentage restant, notamment les jeunes, pense que les spectacles ne sont pas accessibles ou pour eux. Or, la culture est pour tout le monde. La compagnie propose d’y accéder par la concrétisation de leurs utopies et de leurs rêves afin de positiver, mais également d’avoir un nouveau regard sur le monde, en changeant de comportement grâce à  l’enrichissement culturel. »

Mondofoly sera la première concrétisation du travail effectué dans le Sud-Grésivaudan par la compagnie, mais également auprès des écoles, des associations, des structures sociales qui auront participé aux ateliers de préparation, de réalisation, des spectacles élaborés par La Fabrique pour rendre vivantes toutes ces petites utopies porteuses d’espoir.

Prune Vellot et Aurélie Amieux


+ D’infos : Spectacle Mondofoly le samedi 19 janvier, au Diapason, à 20 h. Représentation gratuite. Pour obtenir vos places contactez la billetterie au 04 76 38 89 84 ou par mail à catherine.renucci@saint-marcellin.fr  Informations complémentaires sur le site Internet du Diapason.

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