Le Fat bike à l’assaut du Vercors

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 21 janvier 2019 à 09h50 | Modifié le 21 janvier 2019 à 10h15 | Vu 437 fois
Le Fat bike à l’assaut du Vercors
Avec l’assistance électrique, le Fat bike permet d’effectuer de longues randonnées contemplatives sur les pistes du Vercors. - © DR

Venu directement des États-Unis, des plages californiennes et des grands espaces de l’Alaska, le Fat bike est une activité à la mode et en expansion ces dernières années en France. Mais qu’est-ce que le Fat bike ? Et quelle est l’offre proposée au cœur du Vercors ? Petit tour d’horizon.

Le Fat bike, comme son nom l’indique en français : «gros vélo», est un vélo monté sur des pneus surdimensionnés, deux fois plus gros que sur les VTT traditionnels, et parfaitement adaptés aux terrains «mous» comme le sable ou la neige. Pratique et ludique, le Fat bike est arrivé en France il y a environ cinq ans. Si au départ, l’engouement était grand et au rendez-vous, l’activité a aujourd’hui du mal à décoller, la pratique estivale reste anecdotique et la version hivernale ne parvient pas à se faire une place en raison notamment des stations frileuses d’ouvrir leur domaine à cette nouvelle discipline.


Une discipline en quête d’infrastructures

Un constat qu’ont réalisé les différentes structures que nous avons interviewées et qui proposent des sorties Fat bike dans le Vercors. Pour Xavier Poignant de Moon ebike, le développement du Fat bike en France ne pourra s’accomplir qu’au travers d’une évolution des mentalités et des politiques au sein des stations de ski, il explique : «Je travaille dans le secteur du VTT depuis plus de trente ans, lorsque le Fat bike est arrivé en France, il a été présenté comme une activité qui allait permettre de faire évoluer l’offre des domaines skiables, été comme hiver. Une importante action de communication a été lancée, mais rien n’a suivi derrière. Dans le Vercors, l’exemple type est Villars-de-Lans, ils ont énormément communiqué sur le Fat bike puis du jour au lendemain, ils ont tout arrêté et fait machine arrière. Le problème aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas les infrastructures pour accueillir les pratiquants du Fat bike, il n’y a pas de pistes ou de circuits pour en faire, ni même assez de vélos pour la location.»

En effet, si la principale caractéristique du Fat bike est d’être un tracteur sur deux roues qui franchit tous les obstacles, il lui faut tout de même certaines conditions pour être bien pratiqué, ce que révèle Nicolas Peyretout d’Horizons Vercors : «Sur de la neige fraîche, pratiquer du Fat bike est très compliqué, car le vélo va s’enfoncer et les roues ne vont pas avoir d’adhérence, elles vont patiner. Le mieux pour le Fat bike ce sont les terrains qui sont à la fois durs et qui favorisent la glisse comme les pistes de ski de fond ou de descentes damées. Si on veut faire du hors-piste, le meilleur moment pour essayer le Fat bike, c’est en fin de saison hivernale, lorsque la neige est un peu gelée. On peut vraiment se faire plaisir, car on ressent des vraies sensations de liberté pure et dure.»


Favoriser le développement du Fat bike grâce à un encadrement national

Mais en France et plus localement dans le Vercors, les domaines skiables sont peu enclins à donner l’accès à leurs pistes, seul le plateau nordique des Coulmes autorise les Fat bikers à venir sur les circuits des fondeurs. Pourtant, la demande est bien présente, par curiosité ou par attrait de la nouveauté, les Français aiment s’essayer à ce sport. Vélo d’un caractère «bonhomme», le Fat bike s’adapte à toutes les saisons et est idéal pour les sorties randonnées en famille ou groupe d’amis, ce que confirme Yannick Pirod de Green e-bike country : «C’est le vélo de voyage par excellence. Il ne faut pas chercher la vitesse mais l’endurance. Très ludique, il permet d’effectuer de belles randonnées de contemplation dans la nature. Et cela est encore plus possible avec les vélos à assistance électrique. Cependant, c’est un vélo qui demande une certaine pratique de la conduite sur neige, si on est bien encadré, on profite pleinement de notre expérience.»

Très populaire auprès des entreprises ainsi que des CE, le Fat bike trouve son public souvent époustouflé par sa facilité d’utilisation et surtout par les sensations qu’il procure. Pour Jean-Christophe Gehain, l’implantation et le développement de cette activité loisir passera par un meilleur encadrement au niveau national : «Si le Fat bike est affilié à une fédération ou une structure qui définit des règles, un cadre d’exploitation plus structuré, alors je pense que les stations seront moins réticentes à ouvrir «?leurs portes?», la cohabitation entre skieurs et vététistes pourra ainsi mieux se construire.»

Une intervention d’une fédération qui pourrait également donner un caractère plus sportif au Fat bike, même si sur cette question, les points divergent. Jean-Christophe Gehain croit en effet qu’avec un meilleur encadrement et une meilleure offre concernant les infrastructures, le Fat bike pourrait organiser des compétitions comme c’est déjà le cas au Canada. Mais pour Xavier Poignant (Moon ebike), au contraire, le Fat bike n’a pas de destinée sportive : «Le concept des pneus surdimensionnés et sous gonflés est d’offrir un certain confort, de la stabilité et de la sécurité, ce qui ne correspond pas à la compétition. Éric Barone, multiple recordman de vitesse en VTT, a d’ailleurs essayé de mettre en place des compétitions de Fat bike, mais il s’est rapidement rendu compte qu’il n’y avait pas de possibilités de développement technique ou de vitesse.»

Activité encore en expansion, entre réchauffement climatique et considérations économiques, le Fat bike, qui apporte une offre touristique saine et écologique au sein des massifs français, pourrait voir son avenir rapidement se définir ces prochaines années en France si les différents acteurs de cette discipline parviennent à trouver un accord et à cohabiter.

Aurélie Amieux

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