La mutualisation, perspective d’avenir pour la culture

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 26 janvier 2019 à 07h00 | Modifié le 28 janvier 2019 à 10h16 | Vu 266 fois
La mutualisation, perspective d’avenir pour la culture
Pour Jean Briselet, adjoint à la culture à Saint-Marcellin, l’apport de celle-ci ne peut se quantifier. - © Aurélie Amieux

Une année s’est terminée, une autre a commencé par ce mois de janvier et son cortège de vœux. Un mois propice pour tirer des bilans et aborder les projets à venir, comme ceux envisagés dans la politique culturelle de Saint-Marcellin. Petit passage en revue des différentes orientations avec Jean Briselet, adjoint à la culture.

La culture est un domaine régulièrement perçu par le public comme quelque chose d’élitiste, trop intellectuel, trop abstrait et parfois inutile car peu rentable. Mais en réalité, il est bien difficile de quantifier ce que peut apporter ou non la culture, son rayonnement étant multiple.
Ouverture d’esprit, lien social, esprit critique, vecteur de cohésion, la culture créée et offre de nombreuses opportunités. C’est dans cette philosophie que s’inscrivent la Ville de Saint-Marcellin et son adjoint qui en préambule de l’entrevue en a dévoilé la teneur : « La culture, c’est comme quand on crée des routes, elle est un lien pour engendrer des possibilités, des idées. On ne peut pas se demander si la culture est rentable, car elle est force d’enrichissement, de valorisation et d’échanges. Elle est également pour une commune, un argument de développement économique. Plus elle est riche, plus elle va rendre la ville attrayante. »

Le Diapason en quatre principes : qualité, diversité, accessibilité et médiation

Pour rendre la ville plus attrayante, la municipalité, Jean Briselet en tête, s’appuie sur cinq fondements : la salle de cinéma Les Méliès, le principe de mutualisation comme avec la médiathèque, la salle d’expositions, le patrimoine et enfin Le Diapason, l’équipement phare de la politique culturelle de la ville. Un noyau dur, car Saint-Marcellin possède la seule grande salle de spectacles du Sud-Grésivaudan, qui par sa programmation de qualité et éclectique voulue par le service culturel, attire des spectateurs de tout le territoire. « Le Diapason fêtera prochainement ses dix ans, entre fin 2019 et début 2020, dix années au cours desquelles notre volonté a toujours été de ne jamais négliger un type d’art, un genre musical ou un public. C’est pourquoi nous avons toujours travaillé à proposer une programmation éclectique afin que chacun s’y retrouve. Nous nous sommes fixé quatre principes : qualité, diversité, accessibilité et médiation, l’accessibilité fait référence à nos prix attractifs et la médiation au développement de la notion d’échanges entre artistes et public. »

Ainsi, toutes les troupes, tous les artistes ou musiciens qui désirent jouer sur la scène du Diapason doivent adhérer à cette philosophie et présenter un projet de médiation. Mais comme le révèle l’adjoint à la culture, ce sont désormais les artistes qui sont demandeurs de cette médiation : « Aujourd’hui, en effet, ce sont les intervenants qui nous demandent de mettre en place une médiation pour échanger avec le public et partager avec lui leur univers. Cela peut prendre la forme d’ateliers, de portes ouvertes ou de résidences. »

Deux exemples illustrent parfaitement cet esprit d’échange et font partie des événements marquants de cette année 2019. Il s’agit tout d’abord de la résidence triennale de La Fabrique des petites utopies, ensuite, de la journée des cultures urbaines dont cette année sera la troisième édition. Jean Briselet explique : « La journée des cultures urbaines correspond pleinement à notre politique de médiation, car cet événement représente 60 heures de pratique en atelier et touche plus de 150 jeunes qui s’initient au slam, au graff ou aux danses hip-hop. Ils sont devenus acteurs et non plus simple spectateurs. Aujourd’hui, il y a une forte attente de leur part et cette manifestation a créé chez eux un important esprit d’initiative. »

La mutualisation, l’avenir du développement culturel

Cœur de la politique culturelle de Saint-Marcellin, Le Diapason n’est pas la seule structure de la ville où peut s’exprimer la culture. L’espace Saint-Laurent est aujourd’hui un lieu d’expositions apprécié des artistes. Cette salle est, comme Le Diapason, gracieusement mise à disposition des associations. Ce que tient à souligner Jean Briselet : « C’est inscrit dans notre charte, chaque association saint-marcellinoise a la possibilité de demander ces salles pour organiser un grand événement. Concernant Le Diapason, c’est limité à un seul événement dans l’année. Les associations doivent répondre à deux obligations : prendre en charge la sécurité et les régisseurs. » Aux côtés de ces deux lieux notoires, un autre espace est essentiel dans l’épanouissement de la culture : le cinéma Les Méliès. Il est géré par Lydie et Frédéric Ratajzyck, qui viennent de voir leur délégation de service public récemment prolongée de cinq ans. L’adjoint à la culture revient sur ce choix : « Preuve de la bonne santé de notre cinéma, trois candidats s’étaient positionnés pour reprendre la délégation, une association qui souhaitait se transformer en coopérative, un exploitant de cinéma sur la région Auvergne-Rhône-Alpes et les gérants actuels. Ce sont ces derniers qui ont été retenus, car leur projet était le plus viable. »

Un ultime endroit dédié à la culture et qui fait partie des projets 2019, devrait voir complètement le jour à l’automne. Il s’agit du pôle musique, établi dans les anciens locaux du tribunal. Un bâtiment où les chorales saint-marcellinoises, ainsi que l’école de musique de la Lyre, pourront se retrouver pour répéter, effectuer leurs réunions…

Cette dynamique culturelle ne s’arrête par là pour l’équipe municipale, puisque depuis le 1er janvier, la médiathèque est passée sous le giron de l’intercommunalité. Une politique de mutualisation, qui selon Jean Briselet, doit œuvrer pour harmoniser le territoire. Il précise : « La mutualisation permet plusieurs choses : de créer des événements de plus grande envergure avec un rayonnement territorial, mais également d’harmoniser l’offre culturelle sur tout le territoire du Sud-Grésivaudan. Prenons l’exemple des médiathèques. Avec une seule carte, une personne pourra emprunter les livres où il le souhaite. Cela facilitera la circulation des livres et on pourra mettre en place des tarifs uniques, tout comme pour les écoles de musique. Notre volonté est de faire que l’offre soit la même sur tout le territoire, sans discrimination. »

Forte de son offre culturelle, la Ville de Saint-Marcellin travaille aujourd’hui et pour les prochaines années à valoriser son patrimoine aux côtés notamment d’associations comme Rempart, pour rendre hommage à son passé et à celles et ceux qui ont fait ce qu’elle est aujourd’hui.

Aurélie Amieux

0 commentaires

Envoyer un commentaire