Plus médiatisé, le rugby féminin évolue avec les mentalités

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 04 février 2019 à 08h54 | Modifié le 04 février 2019 à 09h06 | Vu 463 fois
Plus médiatisé, le rugby féminin  évolue avec les mentalités
Même si elle note une évolution dans les mentalités, Violaine Chavance pense qu’il y a encore du chemin à faire pour le rugby féminin. - © Frédéric Fleuri

Le sport s’écrit plus que jamais au féminin. Depuis plusieurs années, un nombre croissant de disciplines dites masculines se sont ouvertes aux femmes avec la création de sections, d’équipes, de championnats. Parmi ces activités sportives où il est encore difficile pour les femmes de se faire un nom, d’être reconnues et respectées, on retrouve le football, mais également le rugby, même si les équipes françaises obtiennent d’excellents résultats et ont déjà acquis un certain palmarès. Violaine Chavance, aujourd’hui étudiante en ingénierie économique à l’université de Grenoble, fait partie de ces jeunes femmes qui ont décidé de pratiquer une discipline réservée aux garçons mais dans laquelle elle excelle avec passion. Entrevue avec l’ailière des Amazones, passée par la section rugby du lycée de La Saulaie.

— Comment avez-vous découvert le rugby ?

Violaine Chavance : Au départ, je pratiquais l’athlétisme. J’en ai fait pendant onze ans. Puis, quand je suis arrivée au lycée de La Saulaie à Saint-Marcellin, mon professeur d’EPS Yannick Armand, qui est également un ami de mes parents, m’a inscrite à la section rugby du lycée. J’ai tout de suite accroché et j’ai pris dans la foulée une licence aux Amazones, à Sassenage. C’est grâce à Yannick Armand que j’en suis là aujourd’hui, à un tel niveau.


— Pourquoi avoir choisi de pratiquer le rugby ? Qu’est-ce qui vous plaît dans ce sport et quelle est votre définition de cette discipline ?

V.C. : Pour moi, le rugby incarne l’esprit d’équipe, le respect, la solidarité et la convivialité. Les valeurs que ce sport porte me correspondent parfaitement. Le rugby, c’est également l’opportunité de faire des rencontres.

«Le rugby féminin a évolué, mais il a encore du chemin à faire»

— Quelles émotions ressentez-vous lorsque vous jouez ?

V.C. : Lorsque je joue, je cherche avant tout à créer du beau jeu. Après, je suis aussi compétitrice, j’aime gagner. Je ressens également beaucoup de plaisir à jouer avec mon équipe et mes copines.


— Dès vos débuts, vous songiez à pratiquer le rugby à un certain niveau ou à en faire votre métier ?

V.C. : Non, au départ, ce n’était qu’un sport parmi tant d’autres. Puis rapidement, c’est devenu une véritable passion. Je n’ai pas imaginé en faire mon métier, et c’est toujours le cas. Plus tard, j’aimerais faire de la gestion/conduite de projet, pourquoi pas dans l’évènementiel par exemple.


— Quel regard portez-vous sur le rugby en général, français ensuite et enfin sur le rugby féminin ?

V.C. : Je suis très admirative du rugby français. Concernant le rugby féminin, il a évolué, mais il a encore du chemin à faire.

«Les Amazones sont un groupe vraiment soudé et très vivant»

— Avez-vous perçu l’évolution des mentalités concernant le rugby féminin, et plus généralement du sport féminin ?

V.C. : Il y a encore beaucoup de clichés sur les sports soi-disant masculins. Mais oui, je pense qu’il y a une évolution des mentalités concernant le rugby féminin. Depuis que les Françaises ont montré leur jeu, notamment au travers de leurs deux victoires au Stade des Alpes (face à l’Angleterre lors du tournoi des Six nations, et face à la Nouvelle-Zélande en novembre dernier N.D.L.R.), ce sport est perçu différemment. Il est plus médiatisé, on en parle plus. C’est une grande avancée. Je pense que le rugby commence à moins être considéré comme un sport uniquement de garçon.


— Quelle équipe admirez-vous ? Et avez-vous un joueur ou une joueuse auxquels vous aimeriez ressembler ?

V.C. : J’aime beaucoup l’équipe de Clermont-Ferrand. Et je regarde beaucoup Wesley Fofana, même s’il ne joue pas au même poste que moi.


— Comment s’est déroulée votre intégration au sein des Amazones ?

V.C. : J’ai toujours joué au sein des Amazones. J’ai effectué mes années de cadette-junior chez elles. L’intégration en équipe seniors a donc été très facile, car je connaissais déjà une grande partie de l’équipe quand je suis montée. Les Amazones sont un groupe vraiment soudé et très vivant. Je ne compte pas partir pour un autre club.


— Quels sont vos objectifs à court et long terme concernant le rugby ?

V.C. : À court terme, j’espère pour l’équipe, qu’on va rester dans le Top 4-5, après avoir remporté nos rencontres face à Lille et Bordeaux. J’espère également effectuer de bonnes performances durant la coupe de France à dix. À long terme, j’aimerais continuer à évoluer en Top 16.

«Je pense que l’équipe de France est capable de gagner?»

— Est-ce que selon vous, la Fédération fait assez pour le rugby féminin ?

V.C. : Je pense que davantage de moyens pourraient être mis en place, notamment financiers.


— Sentez-vous également que le public d’aujourd’hui soutient autant les équipes féminines que masculines ?

V.C. : Les équipes masculines sont toujours plus suivies que les équipes féminines. Mais, de plus en plus de personnes s’intéressent et font parler du sport féminin. J’espère qu’à terme, le soutien du public sera plus conséquent.


— Que souhaitez-vous pour votre carrière,  vie personnelle ainsi que le rugby en général ?

V.C. : J’aimerais pouvoir continuer à jouer au rugby aussi longtemps que possible, réussir mes études et trouver un job rapidement.


— Pour conclure, le tournoi des Six nations débute ce vendredi 1er février ? Quels sont vos pronostics pour le XV de France ?

V.C. : Je pense que l’équipe de France est capable de gagner, je l’espère pour le rugby français.

Propos recueillis par Aurélie Amieux

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