La puissance de la musique au cœur du nouveau roman de Jean Dherbey

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 02 mars 2019 à 07h00 | Modifié le 19 mars 2019 à 16h31 | Vu 627 fois
La puissance de la musique au cœur du nouveau roman de Jean Dherbey
Quelques jours avant la sortie de son nouveau roman « 1956, le jour où Cziffra… », Jean Dherbey sera en séance de dédicaces à la médiathèque. - © Aurélie Amieux

Personne discrète et simple, Jean Dherbey n’est pas homme à faire grand étalage de sa réussite, de son talent ou de sa vie aux multiples richesses. Le Vinois, aujourd’hui Saint-Marcellinois, a embrassé comme les chats si on peut oser la comparaison, plusieurs vies. Celle d’enseignant, tout échelon confondu, puis celle de joueur et entraîneur de rugby et enfin celle d’écrivain. L’année 2019 marque la sortie de son dernier livre intitulé « 1956, le jour où Cziffra… ». Ce roman relate la vie d’un petit garçon entre deux périodes historiques marquantes : 1956 avec la révolution hongroise et 1989 avec la chute du Mur de Berlin.

Jean Dherbey a couché ses premiers mots sur le papier pour son premier roman, autoédité : Le Vent ne doit pas te toucher. Amoureux de l’écriture comme des mathématiques, celles-ci ont toujours été faciles et très instinctives pour le Saint-Marcellinois. Il raconte : « Lors de mes différents concours universitaires, je me suis rapidement aperçu que j’avais une certaine aisance à écrire. Sans réaliser de brouillon ni de plan, je pouvais écrire six, huit pages d’un seul trait. Une facilité qui décontenançait bon nombre de mes camarades. Mon premier roman a été un exutoire, car je voulais que les histoires dont je ne pouvais pas parler, puissent être écrites et révélées d’une façon ou d’une autre. »
Ces histoires dont il est difficile de parler, ce sont celles qu’on lui a relatées lors de ses quatre années de coopération du service national en Algérie. Jean Dherbey révèle : « Selon moi, l’appétit vient en mangeant. Mon intérêt pour l’écriture est né de ce besoin d’écrire à mon retour d’Algérie sur ce pays, son histoire, son passé, sur ce qu’on m’avait confié. Après mon premier roman sur l’Algérie, j’ai écrit un nouveau roman sur ce sujet, c’était après y être retourné et après avoir revu mes anciens élèves qui avaient eu connaissance de mon premier livre. Puis, les choses se sont enchaînées pour moi, j’ai édité un troisième roman, un quatrième, un cinquième… »


Un auteur inspiré par la complexité humaine

Ainsi, Jean Dherbey s’est rendu compte au fil des pages qu’il aimait écrire, une passion facilitée par les rencontres uniques et la découverte de vies extraordinaires qu’il a pu réaliser lors de ses divers voyages au Maghreb et en Europe, notamment en Ukraine, pays qui sera au cœur de deux de ses livres. Tout comme pour son dernier opus, l’auteur s’attache à exprimer toute la complexité de la nature humaine. Il confie : « Ce sont dans les situations tourmentées, extrêmes que se dévoilent les âmes. Les contextes difficiles permettent de mieux connaître les autres, mais également soi-même. Selon moi, l’homme est un avatar de la vie, un anévrisme animal qui peut être à la fois un monstre, un héros et sa propre perte. C’est toute cette complexité qui m’attire et m’inspire pour mes écrits. »


Au commencement : la vie extraordinaire de Cziffra

Des écrits souvent historiques et pour lesquels même si 90 % de l’histoire est de la fiction, Jean Dherbey effectue un important travail de recherche en amont afin de rester le plus fidèle à la réalité historique. Pour 1956, le jour où Cziffra…, Jean Dherbey a eu une révélation lorsqu’il a assisté au Diapason, à la représentation de Pascal Amoyel, disciple de Cziffra. Ce spectacle intitulé Le Pianiste aux 50 doigts ou l’incroyable destinée de György Cziffra a touché l’auteur qui a été bouleversé par ce pianiste d’exception et son extraordinaire vie. À partir de faits historiques, Jean Dherbey a voulu mettre en exergue une parenthèse musicale étonnante entre Cziffra jouant du Bartok à la veille de la révolution hongroise, et Mstislav Rostropovitch interprétant du Bach lors de la chute du Mur de Berlin.

Outre ce travail de documentation, l’écrivain compose en parallèle ses livres selon son inspiration. « Pour écrire, il faut que tout simplement j’en aie envie. Cela peut durer cinq minutes comme une journée entière. Et comme je peux avoir des idées n’importe où et n’importe quand, je me fais des petites notes qu’ensuite j’intègre à mon travail sur l’ordinateur. L’avantage de ce dernier, c’est qu’on peut faire des montages, changer de place les chapitres, déstructurer les paragraphes sans problème. »


Une écriture singulière et reconnaissable

Animé par les auteurs du XVIe siècle un peu révoltés, Jean Dherbey reconnaît qu’il a une écriture singulière, un peu vieille France et qu’il a eu du mal pour ses premiers manuscrits avec la maison d’édition Elan Sud, à accepter la critique. Il avoue : « Je suis effectivement très attaché au respect de la grammaire et de l’orthographe française. Mon éditrice m’a souvent fait remarquer que j’avais un style vieille France. Mais cette écriture me correspond et grâce à elle, aujourd’hui, mes lecteurs reconnaissent mes romans, car la lecture y est fluide, facile. Concernant les corrections, en tant qu’auteur, on se sent toujours frustré, incompris. C’est pourquoi il est essentiel de nouer une vraie relation de confiance, de respect et d’amélioration du travail avec son éditeur. La communication est au cœur de la relation et elle est capitale pour fournir un travail de qualité. »

Une confiance que Jean Dherbey semble avoir trouvée aujourd’hui avec Elan Sud, qui éditera fin mars 1956, le jour où Cziffra…, troisième opus du Saint-Marcellinois réalisé aux côtés de la maison vauclusienne, et qui en appelle de nombreux autres, dont peut-être une suite à Vent d’en haut et la seconde passion de l’auteur : la montagne.

Aurélie Amieux

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