Ski clubs en Sud-Grésivaudan, l’offre loisir en expansion

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 11 mars 2019 à 10h23 | Modifié le 11 mars 2019 à 11h07 | Vu 424 fois
Ski clubs en Sud-Grésivaudan,  l’offre loisir en expansion
Depuis quelques années, le Sud-Grésivaudan et les skis clubs travaillent à démocratiser le ski. - © Prisca Manuel

Le Sud-Grésivaudan ou également la vallée aux 600?000 noyers, niché au pied du Vercors, ne semble pas prédestiné pour les activités de glisse. Terre de rugby ou plus largement de sports collectifs, la vallée ne se laisse pas séduire par les doux clins d’œil de séduction du Vercors, lancés pour inciter les habitants de la plaine à venir pratiquer le ski alpin ou de fond dans ses stations. Dans ce contexte, nous nous sommes interrogés sur le pourcentage de ski clubs présents sur le territoire proposant des activités ski en loisir mais aussi en compétition.

Même si les charmes du Vercors semblent indéniables, ils sont peu à y succomber, encore moins ceux de la vallée du Sud-Grésivaudan, d’autant que les structures proposant des activités de glisse sont peu nombreuses. Pour tous les clubs interrogés, le constat est le même : s’il n’y a pas un membre dans la famille qui skie déjà, alors les autres ne s’y intéresseront pas car il y a encore trop d’a priori sur ce loisir. Sur le secteur du Sud-Grésivaudan, quatre associations sont implantées : la section Samedis des neiges de l’Amicale laïque saint-marcellinoise, le Ski club de Rencurel, le Ski du Royans et le Ski club de Vinay qui compte, contrairement aux trois autres, une section compétition. Pour continuer à exister, tous ces clubs proposent une école de ski aux tarifs souvent très attractifs et qui peut prendre la forme de sorties ou de stages destinés principalement aux enfants afin de leur faire découvrir les joies du ski.


Rendre le ski plus accessible

À l’Amicale laïque saint-marcellinoise, Rachel Deglun, responsable de la section ski depuis plus de six ans, organise neuf sorties durant la saison hivernale. Cette maman bénévole revient sur l’importance de ces sorties pour les jeunes : « Notre philosophie, notre objectif, est de donner l’opportunité à tous les enfants de pouvoir découvrir le ski et d’en faire son apprentissage. C’est pourquoi nous avons une formule "neuf sorties" et qui tout compris (transport, les deux heures de cours avec un moniteur ESF, le goûter, l’assurance ainsi que le passage des médailles) revient à 213 euros.» Un prix intéressant qui peut inciter certains parents à initier leurs enfants au ski et qui permet à Rachel Deglun de compter dans ses rangs, à chaque sortie le samedi à Méaudre, plus de 70 enfants. Une formule attrayante et une philosophie que l’on retrouve également au sein du Ski club du Royans, mais dont le terrain de jeu est cette fois-ci la station de Fond d’Urle, « parfaite pour l’apprentissage et la découverte du ski par les débutants », confie Pascal Champey, bénévole au sein du club.


Des parents en quête d’un esprit convivial et familial

Mais le tarif n’est pas le seul argument pour convaincre les familles de s’intéresser au ski. En effet, pour beaucoup, c’est avant tout l’esprit convivial et familial émanant des associations et des stations choisies qui influencent les familles dans leurs choix, ce que souligne Corinne Dougère, présidente du Ski club de Rencurel qui organise depuis cinq ans des mini-stages de ski alpin pour débutants : « À sa création, le club était affilié à la Fédération française de ski, et à l’époque, des cours étaient programmés, mais c’était très "formel". Puis, avec le départ du club de la Fédération, cela s’est arrêté. Si nous avons remis en place les cours, c’est parce qu’il y avait de la demande, notamment de la part des locaux, même si aujourd’hui, ce sont plutôt des touristes attirés par la beauté du Vercors qui participent aux stages. Mais si l’ambiance a son importance, le prix reste un facteur essentiel, car aux yeux de beaucoup, le ski demeure une activité onéreuse. » Encore plus lorsqu’il s’agit de ski de compétition comme c’est le cas au sein du Ski club de Vinay qui est affilié à la Fédération française de ski et dont sont issus de nombreux grands moniteurs ou pisteurs. Un constat amer que réalise chaque jour Gilbert Cartier, Vinois à la tête de la structure depuis 1971. L’association qui compte aujourd’hui une cinquantaine d’enfants pour les sorties du mercredi et une dizaine dans sa section compétition, est le seul club après Voiron à proposer du ski de course. À force de passion et d’envie de transmettre un savoir, le club et ses membres parviennent à avancer et à vivre, mais cela n’est pas sans quelques difficultés. Gilbert Cartier raconte : « Au départ, le club qui a été créé en 1965, organisait des sorties au col de Romeyère, mais en raison d’un manque d’enneigement récurrent, nous nous sommes déplacés à Saint-Pierre-de-Chartreuse. Ce qui nous demande un budget conséquent en transport, en entretien des véhicules, etc. Et, aux difficultés de transport s’ajoutent celles pour trouver des bénévoles, des financements… Auparavant, cela nous arrivait de partir à trois bus, aujourd’hui, on en remplit seulement un et cela devient très compliqué d’encadrer des enfants pour des questions de sécurité. C’est très pesant car cela demande un investissement de tous les instants, notamment en compétition. De plus, peu sont motivés pour aller jusqu’au bout, et pourtant, cela peut ouvrir professionnellement de nombreuses portes et rapporter des points au bac ! » En effet, avec un bon niveau de pratique et un peu de travail, la possibilité d’obtenir un poste de moniteur ou de pisteur, n’est pas négligeable. Mais le constat est là, au fil des années, la demande du public ne s’est pas orientée vers la pratique sportive du ski, mais bien en direction de son apprentissage. C’est dans une volonté de répondre à cette demande que les skis clubs tentent de se renouveler en proposant de nouvelles animations comme à l’Amicale laïque saint-marcellinoise : « Nos sorties avec les deux heures de cours sont ouvertes à tout le monde, dès l’âge de six ans et jusqu’à 99 ans. Nous avons d’ailleurs créé cette année des séances pour les adultes. De plus, nous avons réfléchi à une nouvelle offre pour les adolescents et nous avons mis en place différents partenariats pour redynamiser la section et surtout atteindre notre objectif de rendre accessible le ski au plus grand nombre. »

Si sur le territoire du Sud-Grésivaudan, l’offre pour la pratique d’un ski loisirs ou de découverte est bien présente sans être omniprésente, l’offre sportive se réduit comme peau de chagrin avec pour dernier des Mohicans, le Ski club de Vinay qui, avec Gilbert Cartier, « par plaisir de transmettre, d’être avec les jeunes et d’essayer de leur mettre le pied à l’étrier en les initiant aux valeurs du sport, de la compétition, du travail et de la vie en communauté », continue à faire vivre dans la vallée aux 600 000 noyers, une discipline qui tente de retrouver ses racines en amorçant une phase de démocratisation.

Aurélie Amieux

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