Florent Olive décroche le Graal de champion de France en boxe thaï

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 18 mars 2019 à 18h31 | Modifié le 22 mars 2019 à 11h33 | Vu 1014 fois
Florent Olive décroche le Graal de champion de France en boxe thaï
Florent Olive (Tee-shirt rose) aux côtés de sa préparatrice physique Roxane, de son entraîneur Deme Phonephetsalath et de ses amis après son titre. - © Xaxiera Bogaczyck

Si l’année dernière, il lui avait échappé sur décision arbitrale, le Lauroyen Florent Olive est allé chercher le titre à la force de ses poings, le 3 mars à la Halle Georges Carpentier, à Paris. Le jeune homme a été sacré chez les amateurs en catégorie des moins de 81 kg. Une consécration qui pousse aujourd’hui le champion à mener une réflexion sur son avenir, avec pourquoi pas un passage chez les pros. Entretien avec le boxeur, par ailleurs président du club de boxe thaï du Royans.

• En tant que champion de France classe A en boxe thaï, que ressentez-vous aujourd’hui après ce titre ?

Florent Olive : À dire vrai, je ne réalise pas trop encore ce qui m’arrive. Sur le moment, on est tellement dans l’adrénaline des combats que le temps de décompresser, on ne réalise pas ce que l’on vient d’accomplir. De plus, personnellement, lorsque je combats, je n’arrive pas à prendre cette distance qui me permet de juger si je suis en train de gagner ou non. Je suis toujours à fond, du premier au dernier round ou au KO. À la fin de mon combat, lors de la finale, Deme (Phonephetsalath, son entraîneur, NDLR) me disait : « Gagné facile, gagné facile ! ». Mais j’avais toujours un doute. C’est seulement 3-4 jours après cette finale, avec mes amis et ma famille, que j’ai pris conscience que j’étais champion de France, au sommet de la catégorie amateur.

« Deme m’a transmis sa passion, sa détermination »

• Vous êtes donc aujourd’hui au summum de la boxe thaï en catégorie amateur. Avez-vous déjà pris une décision concernant votre avenir ?

F.O. : Je ne voulais pas me précipiter. Après mon titre, je me suis dit que je devais prendre le temps de réfléchir à mon avenir sportif. Mais au bout de deux jours, je savais que je voulais passer en pros. Je sais que par le passé, j’ai souvent dit que je n’irai pas chez les pros, mais aujourd’hui, je ressens le besoin de relever de nouveaux défis et d’atteindre un autre niveau. Et puis, c’est maintenant ou jamais pour moi. J’ai 33 ans et on peut pratiquer au niveau pro jusqu’à 35 ou 36 ans.

• Comment s’est déroulée votre conquête du titre ?

F.O. : Au départ, je n’ai pas eu un très bon tirage, j’ai donc commencé à combattre dès les quarts de finale. J’ai remporté ce premier combat sur KO en trente secondes. Celui de la demi-finale a été plus long, mais je l’ai gagné sur KO technique. Puis est venue la finale. Après deux combats, je commençais à être fatigué, mais j’ai réussi à la remporter aux points. Par rapport aux championnats de l’année dernière, je suis resté confiant tout au long de mes combats. Mais à la différence de 2018, j’ai eu une autre approche, afin de ne pas avoir de nouveau une désillusion suite à une décision arbitrale, j’ai constamment cherché  le KO.

• Votre palmarès en amateur est impressionnant. Quelles sont selon vous les qualités qui vous ont porté à ce niveau ?

F.O. : Grâce à mon entraîneur Deme, qui a une philosophie et une approche du Muay thaï typiquement thaïlandaises, moins européennes, je suis très fort dans le corps à corps avec les coups de genoux, de coudes. C’est une technique très physique qui fatigue mes adversaires, plus habitués au combat à distance. Ils ne savent pas anticiper ou comment réagir face à la technique du corps à corps. J’ai cet avantage sur eux.

• Deme Phonephetsalath est votre entraîneur depuis onze ans. Si vous passez en pros, il sera également de l’aventure ?

F.O. : Absolument ! Depuis mon titre, notre relation a encore évolué, elle est devenue vraiment spéciale, comme un père avec son fils. Deme m’a transmis sa passion, sa détermination. Depuis le premier jour, il a toujours cru en moi. Il y a un rapport de confiance très fort entre nous, il s’investit pour moi et j’en fais de même envers lui, que ce soit à l’entraînement ou lors des combats.

• Si vous allez en pros, quels aspects vous faudra-t-il perfectionner ?

F.O. : Ma technique je pense, car jusqu’à présent, je suis fort au corps à corps, mais sans être réellement parvenu à appliquer ce que veut Deme. C’est seulement cette année que j’ai commencé à comprendre où il voulait m’emmener. Deme a commencé le Muay thaï à l’âge de neuf ans, c’est sa culture, son histoire. Il a une vision particulière de ce sport que je commence seulement à percevoir. En pros, on pourra travailler sur cela.

• Et maintenant, quel est le programme de vos prochains mois ?

F.O. : Du repos ! Je vais récupérer de mes combats et soigner mes blessures. Ensuite, je participerai à la coupe de France les 21, 22 et 23 juin. Et je vais essayer de faire deux, trois galas pour me préparer à rejoindre les pros en septembre.

Propos recueillis par Aurélie Amieux

 

Portrait chinois

• Si tu étais un animal, tu serais… un paon, parce que j’aime faire le barbot.

• Si tu étais une couleur, tu serais… le rose, parce que le contraste m’amuse.

• Si tu étais une saison, tu serais… le printemps, parce que c’est plein de vie et d’énergie.

• Si tu étais une chanson, tu serais… Samouraï de Shurik’n, parce que ça fait classe.

• Si tu étais un objet, tu serais… une paire de gants de boxe, parce que je ne ferais que ça de mes journées.

• Si tu étais une boisson, tu serais… une girafe de bière, parce que c’est grand et qu’il y en a beaucoup.

• Si tu étais un film, tu serais… Inception, parce que les apparences sont trompeuses.

• Si tu étais un pays, tu serais… celui des bisounours, parce que je n’aime pas les conflits.

• Si tu étais une ville, tu serais… Marseille, parce que j’aime la diversité.

• Si tu étais un véhicule, tu serais… un diesel, parce que Dieselnoi est un boxeur thaï pour lequel j’ai beaucoup d’admiration. Son nom signifie petit diesel, on l’appelait comme ça parce qu’il était infatigable.

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