L’aïkido, un art martial humaniste pour la paix dans le monde

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 25 mars 2019 à 00h00 | Modifié le 25 mars 2019 à 11h39 | Vu 368 fois
L’aïkido, un art martial humaniste pour la paix dans le monde
Discipline non-violente, l’aïkido enseigne l’art de se servir de la force de l’autre pour le maîtriser. - © Aurélie Amieux

Une philosophie de la non-violence pour un art classé dans l’univers du combat. Voilà le paradoxe qui caractérise l’aïkido, fondé par le sensei Morihei Ueshiba et pour qui cette discipline était avant tout un art humaniste qui enseigne le respect de l’autre. Une voie de la vie proche de la nature, que les aïkidokas du club de Saint-Marcellin se doivent d’appliquer sur le tatami, mais également dans leur quotidien. Vendredi 15 mars, la structure proposait une séance portes ouvertes pour les femmes. Présentation de cette discipline qui travaille à créer un équilibre entre paix intérieure et paix mondiale.

L'aïkido club de Saint-Marcellin, créé il y a trente-cinq ans, prône et enseigne un aïkido autour de mouvements courts, directs et qui engagent les muscles profonds du corps. Fort de 72 adhérents, la structure monte progressivement en puissance grâce notamment à des enseignants de qualité et grâce à sa section enfants. Yan Méroth, président depuis cette saison 2018-2019, explique : « Nous comptons actuellement sept professeurs, du 1er au 3e dan. Plusieurs d’entre eux se préparent à passer le 2e dan. Notre club est connu et reconnu pour son enseignement global, mais plus spécifiquement pour son approche de la pratique auprès des enfants. Lors de ce stage par exemple, nous sommes le club qui en a présenté le plus.»

Des stages auxquels l’aïkido club participe énormément, puisque dans la discipline du fondateur, Morihei Ueshiba, la compétition n’existe pas. Le président saint-marcellinois révèle : « Au sein de l’aïkido, il n’y a ni compétition, ni médaille, ni trophée, car cela ne correspondait pas à sa philosophie qui est de ne jamais attaquer. Art humaniste, l’aïkido est une discipline non-violente qui n’apprend pas à agresser, mais à contrôler la violence. C’est un jeu de partenaires où l’on se sert de la force de l’autre pour le dépasser tout en essayant de le préserver. L’aïkido est une lumière qui nous permet de réaliser un travail intérieur et d’apprendre beaucoup sur nous-mêmes. Lorsqu’il a créé cet art, le fondateur cherchait le moyen d’engendrer la paix mondiale. C’est pourquoi l’aïkido ne se limite pas aussi au tatami, c’est une philosophie de vie qui, lorsqu’elle est pratiquée, doit être belle. Si elle est moche, c’est qu’une chose impure intervient. »


Un art martial qui prône l’ouverture

Ainsi, l’aïkido est une discipline extrêmement artistique où un ballet des corps s’établit. Fondée sur le déplacement, la projection ou certains mouvements techniques comme les clés, elle est une activité douce qui attire de plus en plus les femmes. Ce que souligne Yan Méroth : « En Occident, les arts martiaux sont perçus de telle manière qu’ils ont toujours une connotation de violence et de discipline masculine. Mais en tant qu’art non-violent qui préserve le corps, de plus en plus de femmes s’intéressent à l’aïkido, cette activité leur permettant de faire du sport tout en préservant son corps des coups durs. À la fois douce et physique, elle permet également de donner confiance. L’aïkido a d’ailleurs fait partie des premiers arts martiaux à se féminiser après la seconde guerre mondiale. » Dans le prolongement de cette ouverture, le club saint-marcellinois, emmené par son professeur 3e dan George Blanc, travaille à ouvrir des séances de sport adapté. 

Cette discipline que Morihei Ueshiba a développée et enrichie de mouvements tout au long de son existence ne comporte pas de codification textuelle officielle, sa transmission orale et par la démonstration est donc essentielle à sa survie. Le président du club saint-marcellinois précise : « L’aïkido a cette particularité de puiser des mouvements dans d’autres arts martiaux. S’il y a des techniques de base qu’on apprend en 1er dan, les autres mouvements sont issus d’une intellectualisation de la discipline. Ainsi, ils dépendent des années d’expérience. L’aïkido, c’est avant tout l’apprentissage d’un art traditionnel, autrement dit de ses marqueurs, de son langage, de son vocabulaire, de sa culture du respect, le tout dans sa langue originelle, le japonais. C’est donc véritablement à une philosophie de vie que l’on adhère. » À mains nues ou avec des armes en bois types couteau (tantö), le sabre (bokken) ou le bâton (Jö), l’aïkido doit se pratiquer dans la paix, le plaisir et le respect de l’autre. À la fois discipline sportive et spirituelle, elle permet de réaliser un profond travail sur soi-même en s’interrogeant sur son comportement en dehors du dojo. « Pour réellement comprendre l’aïkido, il faut le vivre, du lever du jour au coucher. Et généralement, une fois qu’on y a adhéré, c’est pour toujours », conclut Yan Méroth.

Acte de foi ou quête d’une paix intérieure, la pratique de l’aïkido, cet art non-violent, est une véritable prise de position philosophique que vous pouvez réaliser aux côtés des membres du club saint-marcellinois qui vous accueilleront avec joie et plaisir, comme le souhaitait le fondateur Morihei Ueshiba.

Aurélie Amieux

+ D’infos : Retrouvez les horaires des entraînements et la présentation du club sur son site Internet  : aikido-saint-marcellin.fr

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