« L’Assomption », les mystères d’une copie tullinoise romancés

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 30 mars 2019 à 07h00 | Vu 312 fois
« L’Assomption », les mystères  d’une copie tullinoise romancés
Le Seyssinettois Marc Faudou trouve son inspiration dans la vie quotidienne, notamment dans les années qu’il a passées à Tullins. - © Aurélie Amieux

Nombreux sont les écrivains autodidactes à avoir déclaré qu’une fois qu’on y avait goûté, il était difficile de s’en passer. Il s’agit bien sûr de l’écriture, de l’acte de coucher sur le papier, une histoire, un vécu, un témoignage, des émotions ou des interrogations. C’est ce que ressent aujourd’hui le Seyssinettois Marc Faudou, qui vient d’éditer son second opus « Le Roman de la copie, de Rome à Tullins ». Entretien avec l’auteur.

- Comment êtes-vous venu à l’écriture et à l’autoédition ?

Marc Faudou : Mon livre intitulé Du Prieuré de Notre-Dame-de-Grâce à l’IMP de Tullins, édité en 2016, est en relation avec mon métier. En effet, l’Institut médico-éducatif de Tullins, dont j’ai été le directeur des années 1990 à 2013, était au XVIIe?siècle un prieuré, puis un bien privé, avant de devenir un pensionnat sous l’autorité des Ursulines, puis un institut médico-pédagogique en 1958. À un certain moment, pour des questions de sécurité, nous avons dû faire une demande pour détruite le bâtiment, demande qui a été refusée, car selon certains documents, c’était un bâtiment classé. Je me suis donc lancé dans des recherches aux archives départementales pour prouver qu’il n’était pas classé. Ces recherches historiques m’ont passionné et j’y ai pris goût. Au fil de la rédaction de mes rapports, j’ai également pris goût à l’écriture, d’où la publication de mon premier livre, qui, fondé sur mes recherches, révélait l’histoire de ce bâtiment né prieuré et devenu IMP.

« La publication est beaucoup plus angoissante que l’écriture »

- A-t-il été compliqué pour vous de vous mettre à l’écriture, romancée notamment ?

M.F. : Par mon métier, j’ai beaucoup rédigé de courriers administratifs, de lettres, de rapports, mais c’était très administratif. Un style qui s’est d’ailleurs retrouvé dans mon premier ouvrage et que j’ai essayé de corriger. Ensuite, je lis énormément, surtout des livres anciens, dénichés au détour d’une brocante, d’une ressourcerie, d’un dépôt-vente. Des livres qui m’inspirent, car, en réalité, j’écris en exprimant mes découvertes, mes interrogations, selon le moment. Si la phase d’écriture n’a pas été trop problématique pour moi, la publication est beaucoup plus angoissante que l’écriture. De nombreux doutes surgissent : est-ce que le sujet va intéresser le lecteur, est-ce que le style d’écriture va leur plaire… Et c’est encore plus angoissant lorsque l’on s’autoédite.

- Quelles sont vos sources d’inspiration pour écrire ?

M.F. : Pour mon premier livre, ce sont mes recherches aux archives départementales et l’histoire du bâtiment qui m’ont incité à écrire. Pour le second, ça a été une suite logique puisqu’il est question de la chapelle attenante au prieuré. Un édifice religieux qui renferme de nombreux trésors comme cette copie « inversée » de L’Assomption, l’œuvre de Nicolas Poussin. Je me suis alors intéressé à l’histoire de cette copie, comment elle a pu se retrouver à Tullins…

- Justement, sans en révéler tous les tenants et les aboutissants, quel est le synopsis de votre nouveau livre Le Roman de la copie, de Rome à Tullins ?

M.F. : C’est l’histoire de deux jeunes gens au pensionnat des Ursulines qui assistent à une messe célébrée au sein de la chapelle Notre-Dame-de-la-Grâce. Au cours de la messe, l’un d’eux, Théophile, est attiré par les peintures murales qui ornent les murs de l’édifice, dont une en particulier. Cette œuvre qu’il remarque est celle de L’Assomption, de Nicolas Poussin. Cette peinture lui rappelle quelque chose, mais il ne sait pas quoi. à partir de là débute une correspondance avec son ami et tous les deux vont s’interroger sur la présence de ce tableau à Tullins : qui l’a commandé ? pourquoi est-il inversé ? Et au cœur de ces correspondances, j’ai intégré des faits historiques marquants qui sont en quelque sorte le fil rouge de mon roman. Le lecteur suit ainsi l’enquête de ces deux jeunes gens avec quelques anecdotes disséminées çà et là.

« Mon prochain livre sera sur la représentation du handicap en littérature »

- Comment organisez-vous votre travail lorsque vous rédigez ?

M.F. : En amont et pendant la rédaction, je réalise un important travail de recherche, une grande partie de mes livres ont des post-it coincés à chaque page. J’ai des milliers de notes dans lesquelles je pioche selon mes besoins.

- Votre second livre est maintenant en librairie. En avez-vous déjà un troisième en préparation ?

M.F. : J’ai découvert un livre de Jean Guiton, où, dans les années cinquante, il prodiguait des conseils de travail pour bien préparer sa propédeutique. Des méthodes que j’ai mises en application et qui m’ont inspiré mon prochain livre sur la représentation du handicap dans la littérature, étant personnellement touché par ces questions du handicap. Cette représentation peut être pleine de compassion comme dans les San-Antonio de Frédéric Dard ou pleine de peur, de terreur. Mon travail sera de rapporter toutes ces représentations, qui viendront argumenter ou appuyer des réflexions, car je ne supporte pas celles et ceux qui se permettent d’émettre des jugements sans une certaine argumentation.

Propos recueillis par Aurélie Amieux

+ D’infos : Le Roman de la copie, de Rome à Tullins est en vente à La Librairie du lycée, Le Marque page et la Librairie du square à Grenoble. Tarif : 12 €.

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