Saint-Marcellin : rendre vivants les logements vacants

Par Cécile Alibert | Publié le 25 avril 2019 à 10h45 | Modifié le 25 avril 2019 à 10h56 | Vu 1251 fois
Saint-Marcellin : rendre vivants les logements vacants
« Les Saint-Marcellinois seraient surpris de découvrir ça ! », lance Jean-Michel Revol, devant les photographies affichées au 2, avenue du Collège. - © Cécile Albert

Devant l’ampleur de la tâche, il pourrait être tentant de tout raser pour mieux reconstruire. Deux architectes ont pourtant décidé de relever le défi : rendre à nouveau attractif l’habitat ancien de Saint-Marcellin. Mathilde Luguet et Florian Camani investissent la ville dans le cadre d’une résidence de six semaines, présentée lundi 8 avril en mairie.

Au 2, avenue du Collège, les anciens locaux du CCAS ont laissé leur place à une démarche « innovante », dévoilée lundi 8 avril en mairie. Dans le Sud-Grésivaudan, on connaissait la résidence d’artistes. Voici venu le temps de la résidence d’architectes. Depuis début avril, Mathilde Luguet et Florian Camani ont investi Saint-Marcellin pour six semaines de travail. Avec en ligne de mire : l’habitat dans le centre-bourg. 

«Il y a un vrai problème de vétusté»

Il faut dire que l’enjeu est de taille, car le cœur de ville compte « un peu plus de 300 logements vacants, ce qui crée des difficultés pour les commerces », rappelle le maire, Jean-Michel Revol. Rendre l’habitat ancien plus attractif, c’est tout l’objectif de la résidence, qui se déroule en trois temps. Primo, la collecte, effectuée début avril. Durant deux semaines, les deux architectes venus de Paris ont dû se familiariser avec le terrain : repérage photographique, rencontre des acteurs locaux, découverte des lieux vacants...  « Cette question de l’habitat nous a intéressés, parce que c’est aussi une problématique que l’on travaille dans le cadre de notre agence », justifie Mathilde Luguet, qui a grandi, avec son confrère, dans un territoire rural du Sud-Ouest. 

Il n’a pas fallu longtemps aux deux experts pour constater « un vrai problème de vétusté » à Saint-Marcellin, notamment sur le boulevard Gambetta. « Les habitants seraient surpris de découvrir ça ! On n’imagine pas l’état de certains logements, s’exclame Jean-Michel Revol à la vue des photographies affichées dans le local provisoire des architectes. Les gens qui circulent sur le boulevard ne savent pas que le centre-ville est derrière. Que faire alors ? Faut-il démolir tout l’îlot Gambetta ou une partie ? Il y a une vraie réflexion à conduire. » 

« Ouvrir l’imaginaire »

Deuxième temps : la transformation, prévue en mai. « Que manque-t-il à ces logements existants pour les rendre désirables à nouveau ?», s’interroge Florian Camani, qui avance quelques pistes, comme le manque d’espaces extérieurs privatifs ou la proximité avec la circulation. D’autres explications seront peut-être amenées par les Saint-Marcellinois eux-mêmes, invités à se rendre au 2, avenue du Collège pour émettre un avis. C’est ici tout l’intérêt de la résidence, qui donne « l’opportunité de rencontrer directement les habitants ». De ce dialogue découleront non pas des travaux, mais des installations éphémères destinées à « ouvrir l’imaginaire ». 

Le résultat sera quant à lui présenté en juin, où viendra l’heure de la restitution, avec en point d’orgue une animation venant clore le projet.  « A la fin de cette résidence, l’idée est de venir l’animer en faisant appel à un collectif de théâtre, qui va ajouter une animation par le biais de lectures, d’un jeu d’acteurs... », annonce Mathilde Luguet. Pendant une journée, le public pourra donc découvrir un « logement type » et voir comment il pourrait être transformé. 

A l’inverse d’un chantier normal,  « il n’y a pas d’obligation de résultat », explique Florian Golay, président de la Maison de l’architecture de l’Isère, qui orchestre le projet au niveau local. « Ce bol d’air » dans le quotidien des deux experts ne saurait à lui seul apporter « une réponse qui réglera tout ». Mais il cherche à mener une réflexion collective, à offrir des possibles, à révéler le potentiel de logements trop longtemps inoccupés. Et peut-être apporter des solutions pour que, enfin, le centre-bourg retrouve son attractivité d’antan.

Cécile Alibert

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