Florian Pelegrin : une première expérience mancelle riche en enseignements

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 06 mai 2019 à 00h00 | Modifié le 07 mai 2019 à 10h57 | Vu 403 fois
Florian Pelegrin : une première expérience mancelle riche en enseignements
Florian Pelegrin a réalisé son rêve: piloter aux 24H du Mans. Maintenant, il souhaite renouveler cette expérience et participer à tout le championnat. - © DR

Il était parti avec la ferme intention d’emmagasiner le maximum d’expérience en observant les meilleurs tenter de remporter la course. Finalement, le Saint-Gervaisien, Florian Pelegrin a fait plus qu’observer puisqu’il a pris part, les 20 et 21 avril, à la mythique course des 24H du Mans au guidon de la Suzuki GSXR 1000 du team Space moto 37. Retour sur l’aventure mancelle du pilote isérois.


De quatrième pilote à troisième pilote titulaire
Tout s’est joué en quelques jours, et ce sont des jours intenses en émotions qu’a vécus Florian Pelegrin entre l’annonce de sa participation aux 24H du Mans en tant que 4e pilote pour l’équipe JMA moto action bike, et son passage au sein de la formation Space moto 37, comme pilote titulaire. Pour nous, le Saint-Gervaisien revient sur tous ces bouleversements : « J’arrive le lundi 15 avril en fin de matinée, je découvre alors le team JMA moto, mes coéquipiers, la structure ainsi que tous les bénévoles qui travaillent d’arrache-pied pour que la course se déroule dans les meilleures conditions possibles ! Une journée d’essai est prévue le lendemain, mais nous y participerons que l’après-midi. Avec mes collègues, nous partageons les trois heures de roulage. Je me sens plutôt à l’aise au guidon de cette Suzuki 1000 GSXR. Les sensations sont très bonnes et l’équipe dans les stands fait preuve d’un vrai profesionnalisme, ce qui me permet de rouler l’esprit tranquille. Mais je suis quatrième pilote et donc pas certain de pouvoir faire la course. Parallèlement, le team Space moto 37 a besoin d’un troisième pilote, le sien venant de se blesser. Son manager est alors venu voir mon équipe pour me proposer de rejoindre leur team et prendre part à la course ! J’ai immédiatement saisi cette opportunité pour profiter de cette chance à 100 % ! Mais au fil des jours, j’ai regretté mon choix, car les essais libres, les qualifications ainsi que la course se dérouleront moyennement bien. »


Ainsi, le team 37 était bien loin d’être prêt pour ces 24H du Mans, leur moto rencontrant constamment des problèmes mécaniques ou électroniques. Ce que confirme Flo-ian Pelegrin : « La moto n’a jamais pu être correctement préparée, les réglages changeaient constamment. Avant la course, en raison de tous ces problèmes, je n’ai pu parcourir que 15 tours, ce qui est un peu léger pour un novice dans la discipline. Mais malgré tout cela, j’étais le plus rapide de l’équipage, ce qui m’a permis de me faire remarquer par un grand nombre de teams managers. » Une vitesse qui au-delà de se faire remarquer par la concurrence, lui a permis de qualifier son équipe dans les 30 premiers, chaque pilote ayant 20 minutes lors de deux séances d’essais pour se qualifier et ainsi atteindre les 109 % obligatoire de la pôle position.


Prochaine étape : le championnat d’endurance
Malgré tous ces déboires mécaniques et un abandon de l’équipage 37 aux environs de minuit en raison de nouveaux problèmes d’embrayage, Florian Pelegrin qui était sur le point d’assurer son 4e relais, mais a vu son expérience mancelle s’arrêter là, retient de nombreux points positifs de ces premiers tours à la légendaire course du Mans : « De ces quelques jours de compétition, je reviens avec un important bagage. Elle m’a aussi permis de montrer aux teams managers ce que je valais, même au guidon d’une moto mal préparée. Cela m’a donné confiance, car il a fallu être fort mentalement pour enchaîner les tours avec une moto “boiteuse“ ». Cette course m’a également permis d’apprécier le travail et la gestion dans un top team, où le pilote n’a qu’à penser à la course. Enfin, j’ai pu expérimenter la conduite de nuit. Lors de mon premier relais de nuit, c’était très bizarre, j’ai été un peu spectateur. J’étais attiré par toute l’ambiance extérieure : les lumières, la grande roue, le public dans les campings… » Un autre point a fortement impressionné le Saint-Gervaisien, même si cela n’est pas forcément « sa tasse de thé ». Il est question ici de la présentation des pilotes et des séances d’autographes : « Il y a tellement de fans et de spectateurs, c’est impressionnant. Et surtout, à leurs yeux, nous sommes tous des pilotes professionnels. Ils demandent ainsi à tout le monde des posters, des autographes. C’est surprenant et amusant », confie avec le sourire le pilote d’endurance.


Cette aventure mancelle a permis à Florian Pelegrin de nouer des amitiés et d’étoffer son réseau. Elle lui a également permis de confirmer son envie de faire de l’endurance son projet d’avenir. « Je vais terminer dans de bonnes conditions ma saison en promosport. Mais en parallèle, je vais m’atteler à trouver un guidon dans une bonne équipe d’endu-rance, car c’est vraiment ce que j’ai envie de faire. La saison prochaine, j’aimerais participer au calendrier complet du championnat et pas seulement aux 24H du Mans. Peut-être que cela se fera avec l’équipe du JMA moto action bike », révèle Florian Pelegrin. Le team isérois lui ayant en effet, après ses performances mancelles, proposé de participer sous leur bannière aux 8H de Slovaquie et d’Allemagne.


Florian Pelegrin prend ses marques en Promosport 1000
Mais avant cela, le Saint-Gervaisien doit poursuivre sa première année en promosport. Le week-end dernier, il a d’ailleurs piloté pour la seconde manche du championnat, à Carole. Un week-end qui a été très positif comme il nous le raconte : « Les séances d’essais libres se déroulent plutôt bien, j’ai de très bonnes sensations. Concernant la qualification, la météo est instable, mais je parviens à signer le 12e temps. Une place qui me satisfait pour ma première saison dans cette catégorie. Lors de la demi-finale, la pluie vient jouer les trouble-fêtes. L’objectif étant de ne pas faire d’erreur pour me qualifier pour la finale. C’est chose faite, je termine à la 6e place sans prendre aucun risque et avec le deuxième meilleur tour en course. Lors de la finale, je prends un départ moyen, les 1ers tours sont très disputés. Je parviens à remonter à la 8e place en améliorant mon chrono de qualification. J’ai un rythme identique à la tête de la course. Je termine 8e, à 7 secondes du groupe de tête. »

Une performance positive que tentera de renouveler Florian Pelegrin fin mai, les 25 et 26, à Croix-en-Ternois pour la troisième manche du championnat.


Aurélie Amieux

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