Le don du sang en manque de contributeurs fidèles

Par Cécile Alibert | Publié le 09 mai 2019 à 12h09 | Modifié le 09 mai 2019 à 12h28 | Vu 284 fois
Le don du sang en manque de contributeurs fidèles
Quand elle organise son assemblée générale, l’Amicale peut quand même compter sur la fidélité de ses membres, saluée par un diplôme. - © Cécile Alibert

Pour certains, c’est comme une évidence. Un acte « normal » qui peut « sauver des vies ». Ceux-là ont droit à un diplôme venu saluer leur fidélité. D’autres, à l’inverse, viennent un jour pour mieux repartir ensuite. Cette fréquentation en dents de scie a été déplorée lors de l’assemblée générale de l’Amicale des donneurs de sang de Saint-Marcellin et sa région, jeudi 25 avril à l’espace Saint-Laurent.

«Se ronger les sangs, ne pas se faire du mauvais sang, un sang d’encre, bon sang...» A la tribune, Jean-Michel Revol est bien décidé à honorer le thème de la soirée, lors de l’assemblée générale de l’Amicale des donneurs de sang de Saint-Marcellin et sa région. Ils sont une vingtaine, comme le maire, à recevoir un diplôme jeudi 25 avril à l’espace Saint-Laurent. L’occasion de récompenser la fidélité de ces généreux donateurs et de les inciter à poursuivre.

Car c’est bien la principale difficulté soulevée ce soir-là. «Ce n’est pas évident de récupérer du monde. On est là sur le terrain, on se "bat", on fait tout pour fidéliser les nouveaux donneurs, mais on ne les voit souvent qu’une fois», regrette Michel Pain. Même le plus haut niveau peine à montrer l’exemple. «Pour les collectes de mars, Jean-Michel Revol et l’Amicale avaient décidé de frapper un grand coup auprès du personnel (municipal, NDLR), qui avait droit à un temps de repos pour s’y rendre, poursuit le président de l’association. Mais ce fut un véritable fiasco, puisque deux personnes sont venues, dont monsieur le maire.» 

«Un monde individualiste»

Depuis six ans qu’elle préside l’Union départementale des donneurs de sang, Janine Barbier dresse «un constat général» : «Il y a une baisse dans toutes les collectes. Avant, les gens venaient spontanément, aujourd’hui, nous sommes dans un monde individualiste.» Résultat, bon nombre attendent qu’un proche soit concerné pour franchir le pas. Ou pire, qu’une tragédie survienne. «Après les attentats de Paris, les gens se sont précipités pour donner et nous n’avons pas pu collecter tout le monde, complète Janine Barbier. Nous aimerions que ce soit lissé, qu’il y ait une régularité.» Pour preuve, la collecte de décembre 2018 à Saint-Marcellin s’était avérée alarmante, avec à peine 191 personnes réunies, contre 244 trois mois après.

La présidente de l’Union départementale n’est pas pessimiste pour autant : «En France, on ne meurt pas de ne pas recevoir de sang. Les stocks ne sont jamais à zéro. Nous n’avons pas non plus de gros problèmes dans les campagnes, les difficultés viennent plutôt des grandes métropoles. Et puis, l’Auvergne-Rhône-Alpes est l’une des premières régions de collecte et aide ses voisines.» 

Il suffit d’observer la salle de conférences, bien remplie, pour constater que les membres de l’Amicale restent fidèles. Même si la moyenne d’âge pourrait être rajeunie. «Nous ne voyons pas les jeunes, alors que nous avons besoin d’eux, car ils attirent d’autres jeunes», assure Janine Barbier. Et Michel Pain de lancer un appel : «Vous, jeunes donneurs, dites à vos amis, à vos collègues, de venir dans les collectes, que le don du sang n’est pas si terrible, il est presque indolore. Motivez-les à faire le premier pas pour venir grossir la grande famille des donneurs !» A bon entendeur...

Cécile Alibert

 

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