« Il faut parfois être dans la difficulté pour grandir »

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 13 mai 2019 à 00h00 | Modifié le 13 mai 2019 à 09h50 | Vu 441 fois
« Il faut parfois être dans la difficulté pour grandir »
Le capitaine des Bleus et Noirs a su tenir le gouvernail de son navire en remobilisant ses troupes et en développant un esprit de solidarité - © Aurélie Amieux

L’Union sportive vinoise (USV) a clôturé sa seconde saison en Fédérale 2 fin avril. Aujourd’hui, il est l’heure de tirer les leçons d’un excercice compliqué pour les Guêpes. Retour sur ces huit mois de championnat avec le capitaine des Bleus et Noirs, Damien Barnay.

L’US Vinay s’est maintenu. Après son dernier match, l’équipe a-t-elle poussé un « ouf » de soulagement, ou au fond, a-t-elle toujours cru au maintien ?
Damien Barnay : Nous avons tous poussé un ouf de soulagement, car pour nous, c’est une seconde saison en Fédérale 2 qui a été validée, ce qui est très honorable pour un club comme le nôtre. Après, nous avions senti à partir du mois de janvier que ça sentait bon pour le maintien. Mais on ne devait pas se relâcher, car dans cette poule, comme dans le rugby en général, on se doit de respecter tous les adversaires et ne pas être dans la facilité. Le main-tien a été acquis à quatre journées de la fin et nous sommes conscients que ce ne sera peut-être pas le cas toutes les années.

« À Vinay, nous n’avions pas l’habitude de vivre des périodes difficiles »

La phase aller a été un peu « chaotique », avec un jeu brouillon, un manque de confiance. Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur cette période très compliquée et tendue ?
D.B. : Effectivement, vous avez raison, mais Philippe Bonnet-Gros (co-entraîneur arrivé de Voiron en début de saison, Ndlr) nous avait prévenus que le nouveau système de jeu qu’il voulait mettre en place allait demander du temps. C’est juste que ces dernières années, à Vinay, nous n’avions plus ou pas l’habitude de vivre des périodes difficiles comme celles-là. Mais avec un peu plus de réussite et avec par exemple, une ou deux pénalités transformées par nos buteurs ou une ou deux erreurs de discipline en moins, on aurait fait un carton plein sur le premier bloc. Et alors, on aurait pu imaginer une autre saison.

Après la trêve hivernale, l’équipe a montré un autre visage, plus rigoureux, plus en confiance. En tant que capitaine, comment expliquez-vous cette bascule ?
D.B. : Il y a plusieurs explications selon moi. Tout d’abord, les joueurs se sont responsabilisés et montrés solidaires dans la difficulté. On s’est également demandé de se respecter en donnant encore plus sur le terrain. Nous sommes aussi revenus à des choses plus simples, beaucoup plus faciles à appliquer quand on manque de confiance. Et bizarrement, quand la confiance est revenue, nous avons réussi à faire les choses de manière plus précise. Ensuite, il y a le staff, car comme les joueurs, ils font des erreurs. Je pense qu’ils se sont aussi remis en cause dans leur fonctionnement. Les joueurs ont vu le changement et ils ont apprécié.

Par rapport à la première saison en Fédérale 2 (2016-2017), quelles évolutions notoires avez-vous perçues ?
D.B. : Premièrement, je dirais que notre poule était plus homogène que la première année. Une équipe de bas de tableau pouvait très bien poser des soucis à une équipe de premier rang. Tous les matches ont été engagés et très agréable à jouer. Deuxièmement, l’équipe est apparue empruntée cette saison. Selon moi, on manquait d’appétit. Je pense que pour la saison prochaine, il nous faudra apporter plus de fraîcheur. Comme je l’ai dit à certains, ce groupe a un vécu commun, c’est une force. Mais cela peut aussi devenir une faiblesse, car nous sommes tombés dans une petite routine et une certaine zone de confort. Enfin, le club se développe petit à petit et je vois le président, Philippe Rosaire, s’y employer. Les repas d’avant match sont revenus de manière régulière le dimanche et la présence du chapiteau est géniale! Les bénévoles sont d’ailleurs à mettre en avant sur ce dernier point.

« Vinay a les armes pour se défendre »

Malgré une bonne phase retour, l’US Vinay s’est maintenu dans la « douleur », notamment en raison d’un manque de réussite à la maison. Pensez-vous que Vinay a entièrement sa place en Fédérale 2, ou qu’en raison d’un sport qui se professionnalise, l’équipe risque d’être encore de plus en plus en surrégime au fil des saisons ?
D.B. : On me posait déjà la question quand nous étions encore en Fédérale 3 ! On sait que la Fédérale 2 est un vrai challenge pour le club et qu’il est loin d’être acquis à chaque début de saison. Après, face aux moyens de nos adversaires, Vinay a les armes pour se défendre. Par exemple, trouvez-moi une équipe qui a autant de joueurs formés au club et jouant en équipe première ? À Vinay, la formation est essentielle. J’ai vu de super jeunes joueurs en équipe B comme Baptiste, Victor ou Vito en fin de saison. J’espère qu’ils viendront nous titiller en première dès la saison prochaine, car c’est comme ça que le club en sortira gagnant. Certes, ce sport se professionnalise, mais on reste en Fédérale 2. Pour l’USV, il faudra faire les choses intelligemment. On voit beaucoup de clubs aller dans le sens du professionnalisme, mais attention à ne pas se brûler les ailes. Chaque saison, dans les colonnes du Midi Olympique, nous voyons des clubs couler…

Si vous pouviez remonter dans le temps, qu’est-ce que vous garderiez et qu’est-ce que vous changeriez dans cette saison ?
D.B. : Je ne changerais pas grand-chose pour être honnête. Il faut parfois être dans la difficulté pour grandir. Je suis certain que la saison a été enrichissante pour tout le monde. Maintenant, le plus important est de savoir si on a réussi à en tirer les leçons pour s’améliorer.

De manière générale, quelle est votre vision du rugby amateur actuel, et ensuite de la Fédérale 2 ?
D.B. : Vous savez, je joue au rugby autant pour pratiquer ce sport que pour être avec les copains. J’ai dit à Antonin (Rozand, co-entraîneur de l’équipe première, Ndlr) qu’il devait vraiment prendre en compte la valeur humaine dans son éventuel recrutement pour la saison prochaine. Prenez l’exemple de Vincent Magallon ou des frères Pêcheur, ce ne sont pas des types qui viennent seulement pour jouer au rugby. Ils s’investissent pour le groupe seniors et le club. J’ai parfois l’impression qu’ils sont plus Vinois que moi. Et j’espère que cela continuera à l’USV.

Propos recueillis par Aurélie Amieux

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