Coupe d'Europe de rugby: Leinster-Saracens, la guerre des mondes

Par AFP | Publié le 11 mai 2019 à 16h40 | Vu 126 fois
Coupe d'Europe de rugby: Leinster-Saracens, la guerre des mondes
L'ouvreur des Saracens Owen Farrell lors d'un entraînement, le 10 mai 2019 à Newcastle - © AFP

Deux machines se font face: entre le Leinster et les Saracens, ultra-dominants sur la scène continentale, ce sera certainement à celui qui fera le moins d'erreurs samedi (16h00 GMT) à Newcastle en finale de la Coupe d'Europe de rugby.

"Nous voulons cinq étoiles". Jack Conan, troisième ligne centre du Leinster, pouvait difficilement faire plus court pour exprimer l'objectif de la province irlandaise: dépasser Toulouse (4 trophées), écarté en demi-finale, pour devenir la formation la plus titrée de l'épreuve avec un 5e titre, après ceux de 2009, 2011, 2012 et 2018.

Quelle moisson en une décennie! L'ouvreur Johnny Sexton (33 ans) a vécu toutes ces campagnes victorieuses, comme les autres briscards irlandais, l'arrière Rob Kearney (33), le troisième ligne Sean O'Brien (32), le deuxième ligne Devin Toner (32) et le pilier Cian Healy (31).

- A chacun sa leçon -

Ces cinq-là n'ont jamais connu la défaite en finale. Peuvent-ils enfin chuter sur la dernière marche, après avoir échappé de peu à un premier échec en 2018 contre le Racing 92 (15-12)?

"Nous sommes bien conscients que nous allons devoir élever notre jeu", a déclaré le deuxième ligne James Ryan. Sinon, la punition pourrait être la même que celle infligée par l'Angleterre à l'Irlande en ouverture du Tournoi des six nations (32-20).

Tenant du titre, le XV du Trèfle avait chuté d'entrée, épuisé par un XV de la Rose impressionnant de fraîcheur physique. Trois mois plus tard, les Irlandais (Robbie Henshaw, Jordan Larmour, Garry Ringrose, Sexton, O'Brien, Ryan, Toner, Tadhg Furlong, Sean Cronin, Healy) retrouvent les Anglais (Owen Farrell, Billy et Mako Vunipola, George Kruis, Maro Itoje, Jamie George) pour régler leurs comptes.

Mais les Londoniens, maîtres du continent en 2016 et 2017, ont aussi de quoi arriver remontés dans le nord de l'Angleterre: ils n'ont tout simplement jamais battu les Dublinois en trois confrontations européennes. La dernière, en quarts de finale de l'édition précédente, a tourné à la correction (30-19).

Les Sarries payaient alors le prix fort de la tournée estivale des Lions britanniques et irlandais en Nouvelle-Zélande: joueurs blessés, Tournoi calamiteux (5e), ils étaient à bout de souffle. "Nous serons dans un bien meilleur état, physiquement et mentalement", a promis leur entraîneur Mark McCall, ancien centre... du XV d'Irlande (13 sélections dans les années 1990).

- La morsure de l'hiver -

McCall a récupéré toutes ses stars, y compris le pilier Mako Vunipola, qui était incertain en raison d'une blessure à une cheville. L'issue du choc des titans dépendra en partie de sa capacité, et de celle de son frère, Billy, à faire progresser la ligne de front.

Et de la forme des chefs d'orchestre. Car s'il y a bien un duel à suivre, c'est entre les deux meilleurs ouvreurs de l'hémisphère nord.

Owen Farrell, absent pour cause de paternité lors du quart de finale facilement remporté contre Glasgow (56-27), a bien digéré l'heureux événement en demi-finale face au Munster (32-16).

Sexton, sur un nuage la saison passée, a connu un hiver compliqué: des problèmes récurrents aux jambes l'ont empêché d'être à son meilleur niveau pendant le Tournoi, et l'Irlande a perdu sa couronne.

Mais le meilleur joueur du monde 2018 est revenu juste à temps, affichant son meilleur niveau lors d'une demi-finale remportée haut la main face à Toulouse (30-12).

Précision au tir, jeu d'occupation, patience: la confrontation s'annonce passionnante entre les deux commandants, qui s'appuient sur des avants dominateurs pour trouver la faille au pied dans des schémas millimétrés.

Mais la bataille se fera aussi derrière, notamment entre les artilleurs Rob Kearney et le Gallois Liam Williams, en pleine confiance après le Grand Chelem du XV du Poireau. Comme l'ailier néo-zélandais du Leinster James Lowe, auteur de 20 essais en 27 apparitions sous le maillot bleu.

Les XV de départ

Leinster: R. Kearney - Larmour, Ringrose, Henshaw, Lowe - (o) Sexton (cap.), (m) L. McGrath - O'Brien, J. Conan, Fardy - J. Ryan, Toner - Furlong, S. Cronin, Healy

Saracens: Goode - Li. Williams, Lozowski, Barritt (cap.), Maitland - (o) O. Farrell, (m) Spencer - Wray, B. Vunipola, Itoje - Kruis, Skelton - Lamositele, George, M. Vunipola

Remplaçants

Leinster: Tracy, J. McGrath, Bent, Ruddock, Deegan, O'Sullivan, R. Byrne, O'Loughlin

Saracens: Joe Gray, Barrington, Koch, Isiekwe, Burger, Wigglesworth, Tompkins, Strettle

Arbitre principal: Jérôme Garcès (FRA)

Arbitres assistants: Romain Poite (FRA) et Pascal Gaüzère (FRA)

Mots clés : rugby, EURC, ENG, IRL, NZL,

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