Le Togo, une expérience bouleversante pour Clément Caillat

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 30 mai 2019 à 00h00 | Vu 2768 fois
Le Togo, une expérience bouleversante pour Clément Caillat
La foule amassée lors de la course est une des images qui a marqué le Saint-Marcellinois Clément Caillat. - © DR

Hallucinant, dépaysant, attachant. Les qualificatifs ne manquent pas à Clément Caillat pour définir son expérience togolaise. Le pilote Saint-Marcellinois est en effet parti une semaine enseigner le motocross à des pilotes togolais ainsi que béninois, et effectuer une pige à l’une de leur course. Retour sur cette expérience qui a bouleversé le pilote.

Le motocross est sa passion et grâce à celle-ci, Clément Caillat peut découvrir le monde, d’autres cultures et d’autres façons d’appréhender son sport. Ainsi, après avoir posé dernièrement ses bottes en Finlande puis en Espagne, c’est au Togo que le Saint-Marcellinois est allé s’essayer au motocross. Une opportunité qui est le fruit d’une rencontre à l’école Cross up, où il enseigne de temps en temps : « Amine et Adam Voigt, deux pilotes du Togo, ont effectué plusieurs stages au sein de Cross up. Nous avons sympathisé et au cours de nos conversations, ils m’ont parlé d’une course à Lomé, capitale du Togo. Puis l’un d’eux m’a présenté à Edem Ayissas, président du club local et organisateur de la course. Nous avons échangé à plusieurs reprises et il m’a invité l’hiver dernier à participer à leur épreuve. J’ai accepté, et pour le remercier de me donner cette opportunité et de me payer les frais de voyage, je lui ai proposé d’organiser deux jours de stages avec les pilotes de son club. C’est ainsi que toute mon aventure a débuté. »

Un choc à la fois culturel et sportif
Cette aventure allait s’annoncer pleine de surprises, mais également très difficile en raison notamment de la chaleur étouffante. Le pilote révèle : « J’ai essayé d’anticiper ces fortes chaleurs en m’entraînant beaucoup en France les semaines précédant mon départ, mais malgré cela, ça a été vraiment compliqué pour moi et j’ai failli abandonner plusieurs fois. J’ai bu des litres et des litres d’eau. Sans les ventilateurs dans les stands lors de la course, je n’aurais jamais pu piloter. » Une course en plein cœur de la capitale que le Saint-Marcellinois, plus expérimenté et rapide que ses camarades, a remportée. Il a ainsi été félicité comme un pilote local et une vraie star. Un engouement qui a particulièrement marqué Clément qui se confie sur ce choc culturel et sportif : « Les courses là-bas ont vraiment une autre dimension, la piste qui est par ailleurs très belle et très rapide, est en plein centre de la ville. Pour s’y rendre, on circule au guidon de notre moto de course au milieu des camions, des voitures, à pleine vitesse. J’ai eu d’ailleurs quelques frayeurs… Une fois arrivé, on se retrouve au milieu de 19 000 spectateurs ! C’est vraiment très impressionnant de voir un tel succès pour du motocross. Après ma victoire, à peine la ligne d’arrivée franchie, j’ai été interviewé par toute la presse locale : radio, TV, presse écrite, j’étais comme une star de la discipline. Tout était dingue ! Ce sont des moments que je n’oublierai jamais ! »

Une expérience qui apprend à relativiser
Comme promis au président du club, en amont et en aval de l’épreuve, Clément Caillat a prodigué à une quinzaine d’élèves quelques techniques de pilotage pour leur permettre d’augmenter leurs performances. Le Saint-Marcellinois revient sur ces deux journées : « Au Togo, le motocross est un sport très important, plus que le football. Cette discipline leur permet de représenter leur pays, c’est une grande fierté pour eux de porter les couleurs du Togo, la victoire est donc d’autant plus importante. Ainsi, au cours des deux journées, je leur ai transmis quelques techniques de perfectionnement sur la position sur la moto, le freinage, la pression des pneus, le départ, ainsi que quelques notions de stratégie de course. J’ai essayé de leur donner une approche différente du motocross. »
De cette expérience sont nées de fortes amitiés et une envie dévorante pour Clément Caillat d’y retourner. Il avoue pourquoi : « Dès mon atterrissage, j’ai été considéré comme un membre de la famille par ceux qui m’accueillaient. J’ai été profondément touché, marqué par ce choc culturel que j’ai vécu. La grande richesse côtoie sans frontières la pauvreté extrême. La situation de la population, ses conditions de vie, un certain manque de règles, mais aussi cette attitude positive qu’ont constamment les Togolais, tout cela m’a fait relativiser. J’aimerais vraiment y retourner, mais pour y rester plus longtemps, pas seulement pour une course. »
Clément Caillat a passé sept jours au Togo. Parmi ces heures vécues aux côtés de familles, d’enfants qu’il a eu de la peine à quitter, deux images resteront gravées dans sa mémoire. La première, c’est ce drapeau national que lui ont offert à son départ les quinze pilotes du club, chacun ayant rédigé un petit mot. La seconde, c’est ce dernier jour de stage effectué sur une piste sauvage, au milieu d’un complexe hôtelier abandonné au bord de l’océan : « Je n’oublierai jamais cette image des pilotes lancés à pleine vitesse en direction de l’hori-zon, zigzaguant entre l’océan et ces grandes plages de sable qui s’étendent à perte de vue ! »

Aurélie Amieux

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