Les pompiers à l'épreuve du tunnel des Ecouges

Par Stéphane Perrin | Publié le 12 juin 2019 à 08h00 | Vu 1102 fois
Les pompiers à l'épreuve du tunnel des Ecouges
Une quinzaine de pompiers participent à l’exercice : un fourgon a pris feu dans le tunnel qui surplombe le village de Saint-Gervais et un cycliste l’ - © Stéphane Perrin

Les rayons du soleil chauffent encore la route du col de Romeyère ce lundi 3?juin lorsque l’alerte est donnée. Un fourgon vient de prendre feu dans le tunnel des Écouges et un cycliste l’a percuté. C’est le branle-bas de combat chez les pompiers et les services du Département. Heureusement, ce n’est qu’un exercice...

Il est  20 ?heures, ce lundi 3 ?juin, lorsque deux colonnes de pompiers arrivent sur les lieux. L’alerte a été donnée une demi-heure plus tôt : un fourgon a pris feu dans le tunnel des Écouges, au-dessus de Saint-Gervais, un cycliste l’a percuté, gisant au sol. Fort heureusement, ce n’est qu’un exercice. Il n’empêche, le scénario est bien huilé.

Sous la houlette d’un officier du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), Christophe Peyre, une quinzaine de soldats du feu sont engagés. Le capitaine observe une pause : «?Aujourd’hui, il s’agit surtout de travailler la coordination entre les différents intervenants, pompiers, gendarmes et services du Département. Pour nos hommes, c’est aussi l’opportunité d’opérer dans ce tunnel si particulier.?» Placé en observateur au côté de Marc Roux (direction des mobilités du Département), Bernard Perazio insiste sur le côté atypique de l’ouvrage : un tunnel de 491 mètres sans aucun éclairage, ni équipement de sécurité installé à ce jour. «?D’où la nécessité d’y conduire régulièrement des exercices de sécurité pour améliorer les procédures d’intervention?», relève l’élu.

Une action coordonnée entre l’aval et l’amont

Depuis le drame du tunnel du Mont-Blanc, qui avait causé la mort de 39 personnes en 1999, la réglementation s’est durcie. Désormais, le Département doit coordonner des exercices réguliers dans les ouvrages de plus de 300 mètres. Pour les Écouges, le plan est clair. Une équipe de pompiers est arrivée de Villard-de-Lans avec son camion-citerne rural 4x4 et s’apprête à pénétrer dans le tunnel par l’amont. À l’aval, le lieutenant Delègue coordonne les hommes venus de Saint-Marcellin, Vinay et Saint-Quentin. Équipés d’appareils respiratoires autonomes, les soldats du feu progressent lentement dans la pénombre. L’exercice est moins complexe que prévu : la machine à fumée venue du tunnel du Fréjus, en Savoie, connaît des ratés…

Réactivité nécessaire pour fermer la route

Ce n’est pas le seul point à améliorer. Marc Roux apprend que les gendarmes tardent à fermer la route depuis le col de Romeyère. Il s’en inquiète : «?En cas d’incendie en tunnel, notre priorité va être de bloquer les automobilistes pour éviter le sur-accident et ne pas ralentir les secours. En parallèle, nous relayons l’info sur le site Internet Itinisère.?» Sur ce point, la sécurité va s’améliorer en 2020 avec l’électrification du tunnel et l’installation de postes d’appels d’urgence et de barrières automatiques commandables à distance.

À 20 h 30, la victime est retrouvée à 150 mètres de l’entrée amont de l’ouvrage et les lances incendie sont déployées. Les blessures sont légères. Le cycliste sera évacué en ambulance vers Grenoble. Mais rien n’échappe à l’observateur du Département : «?Prenez garde au risque de chutes de rochers. Ne restez pas au pied de la falaise.?» Message reçu. Il n’y a plus grand-chose à sauver du fourgon. Un gradé prévient : «?C’est au commandant des opérations de décider s’il faut envoyer des hommes, avec les risques d’explosion potentiels si le véhicule contient des produits inflammables. On peut le laisser se consumer. Ce n’est que du matériel.?» La capacité du camion-citerne n’étant que de 3 000 litres, on s’inquiète de l’alimentation en eau. Au pire, les pompiers ont prévu de se raccorder dans un torrent voisin. Voilà un exercice qui aura été riche d’enseignements.

Stéphane Perrin

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