Une seizième édition de Textes en l’air à la sensibilité toute féminine

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 22 juillet 2019 à 00h00 | Modifié le 22 juillet 2019 à 11h40 | Vu 431 fois
Une seizième édition de Textes en l’air à la sensibilité toute féminine
Cette année, le public aura cinq jours pour se laisser aller à des déambulations poétiques. - © J. Cerri

La culture sans frontières, sans barrières, pour tous et par tous. C’est ainsi que pourrait se définir le festival « Textes en l’air » dont la 16e édition se tiendra du 24 au 28 juillet à Saint-Antoine-l’Abbaye. Événement culturel de l’été devenu incontournable, le festival qui promeut l’art contemporain mettra à l’honneur LA femme, cet être singulier et pluriel. Durant cinq jours, le public pourra accéder à un vaste programme dont des pérégrinations poétiques avec Gilbert Vincent-Caboud au cours de cette manifestation portée par un régiment de bénévoles.

Le festival Textes en l’air, c’est plus de 50 bénévoles mis à contribution 7 j/7 pour installer les scènes, les zones spectateurs, effectuer l’accueil du public et même fonder une Cie Motus pour réaliser des lectures jeune public. Un travail d’équipe qui se veut ouvert et qui œuvre à la démocratisation de la culture, l’essence même du festival, ce que souligne Adrien Carraud, chargé de communication : « Textes en l’air est un festival sans barrières entre les artistes, le public et les bénévoles. Que ce soient ces derniers ou les membres des compagnies, tous sont logés chez l’habitant, les grands noms comme les plus modestes. Il n’y a pas de différences et les artistes adorent, car ils sont tout d’abord sur place et ensuite, cela leur permet de créer des liens d’amitié forts. Les gens apprennent ainsi à se connaître. Par cette démarche, nous démocratisons pleinement la culture en montrant qu’elle est accessible à tous. »

Un festival sans barrières

Une proximité qui a particulièrement séduit l’auteur antonin Gilbert Vincent-Caboud, qui, depuis 15 ans, anime les pérégrinations poétiques aux côtés d’autres auteurs. Pour la première fois et avant de laisser sa place à sa remplaçante Véronique Didier, l’écrivain va lire ses propres compositions publiées en juin dans un recueil intitulé Marcher dans l’ornière. Durant deux heures, à l’abbaye de Notre-Dame-de-Trappe (Bessins), Gilbert Vincent-Caboud partagera ses vers entre récit et randonnée, et pourra échanger avec le public : « Au début des pérégrinations poétiques, nous avons eu du mal à trouver un bon équilibre entre les moments de lectures et les phases de randonnée. Aujourd’hui, nous y sommes parvenus : l’équilibre est parfait entre la marche et la poésie. D’ailleurs, cela se retrouve au niveau du public où là aussi, il y a un équilibre entre les amoureux des balades et les amateurs de poésie. Grâce à Textes en l’air, nous rencontrons un public de curieux, des personnes qui ont fait le pas vers la découverte d’un autre champ culturel. Nous retirons un vrai enrichissement de ces échanges. »

Un public majoritairement local

Une remarque qui fait écho à celle des organisateurs du festival Textes en l’air qui depuis quelques années, ont pu se réjouir de voir de plus en plus de spectateurs locaux venir assister aux diverses représentations et animations. Adrien Carraud confirme : « Aux prémices du festival, il nous a été difficile d’attirer le public local, les familles, car pour une grande majorité, la culture, encore plus contemporaine comme à Textes en l’air, était perçue comme élitiste. Mais cela a évolué et aujourd’hui, les locaux sont majoritaires. Ils répondent présents en raison de la qualité de notre programmation, mais surtout parce que Textes en l’air a un esprit typiquement festival, autrement dit une ambiance festive, conviviale, familiale et sans barrières. Et pour poursuivre sur le local, le festival a été une nouvelle fois labellisé éco-événement par le conseil départemental de l’Isère, car nous proposons une restauration et une buvette avec des produits locaux, et parce que nous œuvrons pour le tri sélectif. »

Un esprit de festivalier que l’on peut trouver également dans l’équilibre établi entre les spectacles payants et les animations gratuites, les premiers permettant de programmer en nombre les seconds, comme le précise Adrien Carraud : « Les entrées payantes sont fixées à un prix raisonnable afin de ne pas établir de sélection par l’argent, mais surtout, elles permettent de programmer de nombreuses animations gratuites tout au long des cinq journées de festival comme les concerts en soirée. Les spectacles gratuits permettent eux de rendre la culture accessible et de susciter de la curiosité chez les festivaliers. »

Un besoin de recrues

Une curiosité qu’ont les spectateurs des pérégrinations poétiques dont les lectures sont un vrai acte jubilatoire pour les artistes tels que Gilbert Vincent-Caboud dont les poèmes contemporains inspirés de la société sont écrits comme une composition musicale, avec un rythme et sans ponctuation. L’antonin révèle : « Pour moi, la poésie est comme une fresque, un tableau qui a du sens avec un rythme particulier et qui incarne une image forte. Un poème peut être long ou minimaliste, s’inspirer de la nature, de la vie, de la société, peu importe. Il doit être avant tout une expression directe, une image forte grâce à l’alliance parfaite des mots. »

Mais avant que cette libre expression artistique ne s’exprime, il reste encore quelques jours de préparatifs pour les équipes de bénévoles qui ne diraient pas non à la venue de bonnes volontés pour renforcer leur rang. C’est donc un petit appel à la mobilisation que passe Textes en l’air par la voix d’Adrien Carraud : « Pour cette 16e édition, le festival se tient sur cinq jours, nous avons donc dû avancer d’un jour la mise en place des infrastructures et nous aurions effectivement besoin d’un peu de renfort pour le dimanche 21 juillet. Pour toutes celles et ceux qui se présenteront, nous leur offrirons des goodies ainsi que des bons restauration et buvette pour le festival. »

Au détour d’une rue, dans l’intimité d’un goulet, sous la protection d’une abbaye ou d’une chapelle, du 24 au 28 juillet, captez les Textes en l’air de la 16e édition d’un festival, qui, par les mots et en créant au sein de l’opinion un esprit critique aiguisé, œuvre à sensibiliser la société aux problématiques du monde.

Aurélie Amieux

+ D’infos : 16e édition du festival Textes en l’air du 24 au 28 juillet à Saint-Antoine-l’Abbaye. Billetterie sur place, Grande cour ou sur textesenlair.net. Programme détaillé à retrouver dans notre édition papier du 19 juillet, page 25.

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