Le Diapason : 10 ans et toujours l’ambition d’être un pôle culturel

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 04 septembre 2019 à 07h00 | Vu 310 fois
Le Diapason : 10 ans et toujours l’ambition d’être un pôle culturel
Pour le 14 décembre, Jean Briselet prédit une grande fête au Diapason, conviviale, elle réunira tous les acteurs liés à la salle de spectacle. - © Aurélie Amieux

Dix ans. Cela semble à la fois si proche et si lointain. En 2009, de grands artistes, Mickaël Jackson, Alain Bashung nous quittaient, Barack Obama devenait le premier président noir des États-Unis, Susan Boyle subjuguait le monde par sa voix hors du commun. À Saint-Marcellin, après un an d’attente, le Diapason sortait de terre. Voilà dix années que la salle saint-marcellinoise incarne la culture en étant à la fois un espace de diffusion, de création, de médiation et d’animation. Dix années qui méritaient d’être dignement fêtées avec une programmation exceptionnelle.

Le Diapason, c’est l’histoire d’un lieu imaginé par la ville de Saint-Marcellin, dirigé par sa directrice de l’action culturelle, Célia Cot, et porté par les Saint-Marcellinois. Un lieu artistique qui devait progressivement prendre les traits d’une maison culturelle réunissant tous les arts, toutes les générations et surtout, être un lieu vivant, de rencontres, d’échanges.

Si pour les deux premières ambitions, le contrat a été rempli, le souhait de faire du Diapason un centre culturel s’est perdu en chemin. Jean Briselet, adjoint à la culture, exprime ses regrets : « La culture et son rayonnement ont toujours été au centre des projets de la municipalité. Avec le Diapason, nous voulions créer un pôle culturel sur le territoire. Concrètement, nous avions imaginé une maison des cultures que les Saint-Marcellinois, les associations, les compagnies, se seraient appropriée en organisant une journée danse, des conférences… Ce que l’on recherchait, c’était une ouverture, que le Diapason soit ouvert au monde. Mais si du côté de la programmation et de la médiation, la réussite est au rendez-vous, il faut reconnaître que le Diapason n’est pas parvenu à devenir cette maison culturelle. Cet anniversaire pourrait être selon moi le nouvel élan dont le lieu a besoin pour y parvenir. » 

Une salle au large rayonnement culturel

Effectivement, emmenée par Célia Cot, la salle de spectacles a toujours proposé une programmation éclectique et riche pour une capacité d’accueil de 600 places. En dix ans, de grands noms y ont été à l’affiche comme Trust, Alain Souchon ou Didier Lockwood, des spectacles qui ont d’ailleurs beaucoup marqué l’adjoint à la culture, qui en garde de très bons souvenirs dans un petit coin de la tête. Avec un budget global de fonctionnement de 600 000 €, Célia Cot est toujours parvenue à réaliser une programmation qui touchait toutes les générations, toutes les envies. Une performance félicitée par Jean Briselet : « Célia Cot a toujours respecté les objectifs, tout en restant dans les limites du budget. Par son travail, elle est parvenue à élargir le rayonnement du Diapason et à amener les jeunes à la culture. Même si elle va prochainement nous quitter, par conviction, nous devons poursuivre son travail, notamment dans le domaine de la médiation. »

Poursuivre le travail de médiation

Cette médiation est aussi synonyme d’ouverture avec de nombreux partenariats conclus avec les compagnies ou les festivals locaux comme la Cie 158, Les Tréteaux de la Cumane, l’ACCR ou Textes en l’air. Cela passe également par l’accueil de troupes en résidence, à l’instar de La Fabrique des petites utopies, qui, dans le cadre d’une convention territoriale d’éducation aux arts et à la culture, est en résidence triennale sur le territoire avec pour camp de base le Diapason.

Avec trois à quatre spectacles par mois, la salle saint-marcellinoise est régulièrement exploitée, notamment par les associations locales. Les Tréteaux de la Cumane, la Jeanne d’Arc ou la Lyre Saint-Marcellinoise sont ainsi des locataires réguliers des lieux pour leurs galas ou leurs festivals. Un point qui réjouit Jean Briselet : « Faire du Diapason une salle pour les Saint-Marcellinois était notre volonté première. C’est donc une bonne chose que ces derniers s’approprient un peu les lieux. Mais, selon moi, cela n’est pas assez, car il faut savoir que la Ville met à disposition gratuitement le Diapason une fois par an à ses habitants. C’est un point sur lequel nous allons travailler pour le développer, tout comme la communication. »

La convivialité, fil rouge de la saison 2019-2020

La communication a en effet évolué, surtout pour la promotion des spectacles. L’adjoint à la culture note : « Depuis quelques années, nous avons remarqué que le profil du public du Diapason avait changé. Les spectateurs sont moins dans la prévision et sont plus spontanés. En termes de chiffres, nous avons moins d’abonnés et beaucoup plus d’achats de billets à la dernière minute, des coups de cœur. Nous devons donc modifier notre approche de la promotion de nos spectacles, avec peut-être une sélection. »

Pour cette édition des dix ans, le choix pour le public sera difficile à faire, l’équipe culturelle ayant pris le parti, en plus des nouveautés, de faire revenir des artistes venus au cours de ces dix années. Ainsi, seront entre autres de retour La Toute petite compagnie, le big bang Les Bons becs, la Cie Premier acte, Souad Massi ou encore le local de l’étape Serge Papagalli. Il ne faudra pas non plus manquer le 6 octobre le duel de virtuoses entre Jean-François Zygel et André Manoukian, ainsi que la grande fête d’anniversaire le 14 décembre. « Cette journée que nous avons voulue festive, conviviale et participative, a été imaginée par Hélène Petit, de la Cie 158. Son idée forte est que le Diapason est un espace ouvert et transversal. Elle a donc voulu amener la ville dans le Diapason et inversement, afin que tout le monde s’approprie le lieu et que ce dernier fasse partie intégrante de la vie locale. »

Si la billetterie est ouverte depuis le 26 août, la saison du Diapason ne sera véritablement lancée que le samedi 7 septembre avec le concert déjanté du Big Ukulélé syndicate qui vient chanter ses nouvelles revendications. À vos banderoles !

Aurélie Amieux

+ D’infos : Renseignements et programme sur : diapason-saint-marcellin.fr. Billetterie : 04 76 38 89 84.

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