« Travailler avec et auprès des jeunes est notre cœur de métier »

Par Aurélie AMIEUX | Publié le 23 octobre 2019 à 07h00 | Modifié le 23 octobre 2019 à 18h04 | Vu 296 fois
« Travailler avec et auprès des jeunes est notre cœur de métier »
Pour préparer son spectacle « Un rameau sortira », la Cie Hallet Eghayan sera à trois reprises en résidence à Saint-Antoine-l'Abbaye. - © Aurélie Amieux

Mettre à disposition la culture sous toutes ses formes, qu’elles soient artistiques, historiques ou ethnographiques, tel est l’objectif d’un musée à l’image de celui de Saint-Antoine-l’Abbaye. C’est dans le prolongement de cette dynamique que des ateliers de danse avec 147 élèves du territoire sont organisés dans le cadre de la résidence de création de la compagnie de danse contemporaine du chorégraphe Michel Hallet Eghayan pour son spectacle « Un rameau sortira ». Entretien avec Géraldine Mocellin, directrice du musée de Saint-Antoine-l’Abbaye.

Dans le cadre d’une commande d’une pièce chorégraphiée, le musée et le Département de l’Isère ont décidé d’allier l’Orient et l’Occident par le prisme de l’Ordre des Antonins et de la danse contemporaine. Avec la complicité de la Cie lyonnaise, ils ont souhaité illustrer l’histoire des Antonins par un spectacle en trois actes et par un travail de médiation avec les élèves du territoire.

Le Mémo : Comment a débuté ce projet de spectacle avec la compagnie Hallet Eghayan ?

Géraldine Mocellin : La compagnie de Michel Hallet Eghayan était déjà venue à Saint-Antoine en 2017, sur notre invitation pour inaugurer notre nouvelle salle d’exposition par un spectacle-déambulation. Une représentation que nous avions beaucoup appréciée et qui nous a incités à commander cette nouvelle pièce chorégraphiée intitulée Un rameau sortira avec la mise en place d’une résidence de création. Concernant le musée, la danse, notamment contemporaine, a toujours fait partie de son environnement et, depuis plusieurs années, nous accueillons une fois par an des compagnies en résidence. Michel Hallet Eghayan est un chorégraphe de très grand talent et très humaniste. Ensemble, nous avons souhaité conduire un projet plus ambitieux et dépasser le cadre d’une simple résidence. C’est pour cela que nous avons développé une coopération avec l’Arménie et la médiation avec les ateliers de danse pour les scolaires du territoire.

« La médiation compose également l’ADN de la compagnie »

Le Mémo : Comment s’est déroulée votre collaboration avec Michel Hallet Eghayan, notamment sur la transmission de l’histoire de l’Ordre des Antonins ?

G.M. : La pièce se construit selon trois actes, le premier est assez global, sur l’homme. Puis, il y a le second acte que Michel Hallet Eghayan a voulu centrer sur les Antonins pour mettre en avant leur dévotion et leur altruisme. Des caractéristiques auxquelles il a été sensible lors de la lecture du fonds documentaire que je lui avais fourni. J’ai préféré rester distante afin qu’il s’approprie cette histoire pour sa création. J’ai souhaité que l’artiste puisse créer en toute liberté. Dans ce spectacle, il y a une référence aux Antonins, mais c’est avant tout une création universelle car elle est appelée à voyager dans le monde.

« Donner les clés de compréhension de la danse contemporaine »

Le Mémo : D’où la mise en place d’une coopération avec l’Arménie et les jeunes du Sud-Grésivaudan ?

G.M. : Oui, avec l’Arménie, des ateliers chorégraphiques sont proposés aux jeunes Arméniens, dans des structures scolaires. C’est le même format qui est appliqué ici.

Le Mémo : Cette volonté de travailler avec les jeunes est-elle un souhait du Département, du musée ou de la compagnie ?

G.M. : Travailler avec et auprès des jeunes est notre cœur de métier au travers de la médiation. Cela compose également l’ADN de la compagnie Hallet Eghayan. Nous étions tous sur la même longueur d’onde, c’est ce qui a permis la réalisation de ce projet.

Le Mémo : Combien de classes sont concernées par ces ateliers chorégraphiques ?

G.M. : Il y a six classes de primaire venant de Saint-Marcellin, Chatte et Saint-Antoine. Un premier atelier a eu lieu en septembre lors de la première semaine de résidence de la compagnie, les prochains auront lieu en mars et en juin.

Le Mémo : Comment s’organisent ses ateliers et que proposent-ils aux élèves ?

G.M. : Lors de ces cours, les danseurs de la compagnie sont présents et au travers d’un échange chorégraphique, nous essayons de leur donner des clés de compréhension de la danse contemporaine. C’est l’occasion également de dépasser leurs craintes grâce à l’expression corporelle, à la compréhension du mouvement et du rythme. Une restitution du travail réalisé lors de ces ateliers devrait avoir lieu en mai?2020.

Propos recueillis par Aurélie Amieux


+ D’infos : Des rencontres et des conférences dansées seront organisées au cours des prochaines résidences de la Cie Hallet Eghayan. Renseignements auprès du musée
au 04 76 36 40 68.

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