Sept adolescents du territoire passent du silence... à l’action !

Par Cécile Alibert | Publié le 02 décembre 2019 à 18h20 | Modifié le 03 décembre 2019 à 16h35 | Vu 86 fois
Sept adolescents du territoire passent du silence... à l’action !
Le metteur en scène invite les ados à compléter l’affirmation : « En 2050, je me sens... » La palette d’émotions retenue viendra colorer le film. - © Cécile Albert

Certains occupent leurs vacances devant la télé. D’autres choisissent d’être derrière la caméra. Du 21 au 25 octobre, sept adolescents du Sud-Grésivaudan ont participé à un stage vidéo organisé par l’intercommunalité. Une semaine pour réaliser un docu-fiction sur le devenir de la planète. Autant dire que l’objectif était « ambitieux ».

« Vous savez ce qu’on fait là, tous ? », interroge Bruno Thircuir, qui, entre deux averses, s’installe sur un banc humide. « C’est rustique, s’amuse le metteur en scène de La Fabrique des petites utopies. Ce sont les aléas de tournage. » Face à lui, les sept adolescents sont peu bavards, en ce lundi matin du 21 octobre. « Comme nous allons faire un film, on va avoir besoin de vos noms, de votre âge, savoir si vous avez déjà fait du cinéma... », poursuit l’artiste, imperturbable. Alors, l’un après l’autre, Emmie, Ameline, Jonah, Dorian, Robinson, Shouayb et Swann se présentent. Timidement. âgés de 11 à 15 ans, ils sont venus de Beaulieu, Varacieux ou L’Albenc pour participer à un stage vidéo d’une semaine, organisé par les services jeunesse et culture de l’intercommunalité.

« Inventer ensemble »

« Vous savez ce que c’est un docu-fiction ? » à l’intérieur de la maison Beausoleil, c’est au tour de Baptiste Céron de poser les questions. Silence. L’animateur du service jeunesse ne se décourage pas : « C’est un mélange entre un documentaire et un peu de fiction, c’est-à-dire une histoire qui n’existe pas, que l’on va créer à partir d’interviews, en allant à la rencontre des gens pour récolter de la matière. » 

Une aventure qui se veut avant tout collective, comme le rappelle Bruno Thircuir : « Ce n’est pas mon film, ni celui de La Fabrique des petites utopies. L’idée est d’inventer ensemble. La seule chose que l’on impose est le thème. » à savoir : « En 2050, je suis vivant, en 2020, je me bouge. » « Le but est d’essayer de dégager un message positif par rapport à ce qu’il se passe en ce moment, justifie Baptiste Céron. On est plutôt alarmiste sur notre planète qui est en train de pourrir... Enfin... que l’on est en train de pourrir... » 

Voilà pour la présentation du projet. Suivra mardi le visionnage de films sur l’environnement, « car on n’invente rien sans culture cinématographique », puis l’élaboration du scénario, mercredi. « Vous savez ce que c’est un scénario ? », s’enquiert alors Bruno Thircuir. Jeudi et vendredi, rendez-vous sur le terrain pour tourner dans un vignoble à Pont-en-Royans et auprès d’un nuciculteur à Saint-Hilaire-du-Rosier. D’où une nouvelle question : « Vous savez ce que c’est un nuciculteur ? Non... ? » Cette rencontre permettra aux jeunes de faire le point sur une profession souvent décriée pour l’utilisation de pesticides. 

Un scénario « ambitieux »

Vendredi 25 octobre, retour à la maison Beausoleil. Les adolescents sont réunis autour d’une table, à l’heure du goûter. L’ambiance a bien changé après une semaine de stage. Fini le mutisme, les rires fusent, tout comme les boutades. L’heure est à l’échange des numéros. « Lundi, il y avait le stress de ne pas se connaître... », reconnaît Swann. Enthousiaste, Dorian revient sur son expérience : « En CM2, j’avais fait un court-métrage muet, en noir et blanc. J’ai appris de nouvelles choses, car il y a des dialogues dans notre film. » L’adolescent de 13 ans révèle quelques éléments de l’histoire, au grand dam d’Ameline qui préférerait garder le secret :  « C’est un groupe de jeunes, qui, pendant la tempête du 15 juin, se réfugient dans un grenier et se téléportent en 2050. » 

Pour concrétiser ce scénario « ambitieux », les novices ont pu compter sur l’aide de Julie Pierron. « Je les ai trouvés très engagés dans leur jeu, confie la comédienne de La Fabrique des petites utopies. Travailler avec des enfants n’est pas toujours facile. Il faut trouver des ajustements pour arriver à les motiver, faire en sorte que tout le monde soit content et que chacun se sente pris en compte. ça les fait grandir eux, mais ça me fait grandir moi aussi. » 

A la technique, c’est Gaël Payan, de la Maison de l’image de Grenoble, qui a pris le relais : « J’ai montré comment fonctionne une caméra, un micro... Il a aussi fallu conseiller les jeunes dans leur rôle pour qu’ils restent ce qu’ils sont, et non pas qu’ils jouent aux adultes. » Le formateur doit désormais s’occuper du montage des séquences, tandis que le résultat sera présenté le 29 mai, à l’occasion du spectacle Mondofoly de La Fabrique des petites utopies, et début juin, pendant la Fête du jeu. D’ici-là, on peut compter sur l’enthousiasme retrouvé des ados, comme Shouayb, pour promouvoir le film : « Venez ! Ce sera le meilleur film du monde ! »

+ D’infos : Prochains rendez-vous :stage jeu de société, à Saint-Romans (24-28 février) et stage cirque à Saint-Marcellin (27-30 avril).
06 33 59 39 89 - 04 76 38 89 86.

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