Deux sénateurs venus « récolter la parole » des élus locaux

Par Cécile Alibert | Publié le 03 décembre 2019 à 16h30 | Modifié le 03 décembre 2019 à 17h14 | Vu 181 fois
Deux sénateurs venus « récolter la parole » des élus locaux
Chaque année, les deux sénateurs font le tour des treize territoires de l’Isère. - © Cécile Albert

Après Murinais en 2018, c’était au tour de Saint-Marcellin d’accueillir Frédérique Puissat et Michel Savin. Les deux sénateurs de l’Isère sont venus à la rencontre des élus du Sud-Grésivaudan, lundi 28 octobre. L’occasion d’échanger sur le statut de maire.

« Un lundi matin, un peu tôt, ce n’est pas toujours un horaire facile... », reconnaît Frédérique Puissat, sénatrice Les Républicains de l’Isère. Autour de la table, ils sont pourtant une dizaine d’élus à avoir fait le déplacement à la mairie de Saint-Marcellin, lundi 28 octobre. Objectif de la rencontre : aborder l’actualité législative et échanger sur différents sujets locaux et nationaux. D’entrée, la sénatrice, aux côtés de son confrère Michel Savin, souhaite rappeler l’utilité de son action : « Le Sénat est responsable de 15 à 20 % des textes de lois. 60 % des amendements du Sénat sont repris par l’Assemblée nationale et du coup font loi. » Et Frédérique Puissat d’évo- quer plusieurs textes votés, dont « Ma santé 2022 », destiné à lutter contre les déserts médicaux.

« Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait une crise de vocation »

C’est pourtant un autre sujet qui préoccupe les élus ce jour-là: la place occupée aujourd’hui par les communes sur le territoire. « On a vu qu’avec la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République, NDLR) et ses grandes intercommunalités, les maires ne s’y retrouvaient pas forcément », poursuit Frédérique Puissat. Bernard Perazio, conseiller départemental et adjoint d’Auberives-en-Royans, confirme : « On se retrouve dans des mairies où il n’y a plus rien à faire. On n’a plus les compétences de l’eau et de l’assainissement, il reste un peu de routes, un peu d’école pour les communes qui en ont encore une, et l’état civil. Le citoyen ne comprend pas. Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait une crise de vocation. » 

Certains élus ne cachent pas leur lassitude face à cette « perte de compétences », voire de « crédibilité ».« J’arrête ! Ça fait 29 ans que je suis élu, confie Bernard Eyssard, maire de Saint-Vérand. Je suis usé. C’est très enrichissant, mais il faut savoir passer à autre chose. » Jean- Claude Potié, élu depuis 37 ans, dresse un constat similaire : « On ne fait plus rien. Je suis démobilisé car il y a moins d’intérêt. Beaucoup de choses sont prises en main par l’interco’, comme la gestion de l’eau et de l’assainissement. À Izeron, il y a un problème de goût de chlore qu’avant nous maîtrisions : quand nous avions des remarques, nous pouvions réagir plus rapidement. » Une question dont se sont saisis les sénateurs en votant la suppression du transfert obligatoire de cette compétence aux communautés de communes. « On pense que ça ne va pas résister à l’Assemblée nationale, prédit toutefois Frédérique Puissat. Mais nous aurons au moins avancé sur le sujet. »

À l’issue de la réunion, la sénatrice tente de remobiliser les troupes : « Ne perdez pas espoir, résistons ! » Et même à Izeron, l’optimisme semble encore de mise. Si le maire annonce ne pas se représenter en 2020, il garantit « une succession avec un choix » et des projets à concrétiser. Sans compter l’importance du secrétariat de mairie qui vient répondre, selon Jean-Claude Potié, à « une partie des problématiques des citoyens. C’est un rôle pilier que conserve la commune ».

+ D'INFO : Retrouvez l'interview de la sénatrice Frédérique Puissat sur la version papier du Mémo du 8 novembre 2019.

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