« Une tragédie vue de l’intérieur, une comédie vue du public »

Par Cécile Alibert | Publié le 24 janvier 2020 à 16h00 | Modifié le 30 janvier 2020 à 14h14 | Vu 528 fois
« Une tragédie vue de l’intérieur, une comédie vue du public »
Sur scène, Yohann Métay incarne un homme qui se lance dans une course folle autour du Mont-Blanc... quitte à repousser toujours plus ses limites. - © © Fabienne Rappeneau

Ultra-Trail du Mont-Blanc, Maxi-Race d’Annecy, Grand Raid des Pyrénées... Coureur expérimenté, Yohann Métay s’est inspiré de son expérience pour raconter l’histoire d’« un monsieur Tout-le-Monde » qui se lance dans une aventure trop ambitieuse. Le comédien revient sur son spectacle « La tragédie du dossard 512 », qu’il présentera sur la scène du Diapason de Saint-Marcellin ce vendredi 24 janvier.

- Dans La tragédie du dossard 512, il est question de sport. Comment convaincre les non-sportifs de venir vous voir ?

Yohann Métay : Ce spectacle a justement été écrit pour eux. Je voulais raconter une aventure humaine, l’histoire d’un monsieur Tout-le-Monde qui se lance dans un truc trop gros pour lui. C’est une histoire d’aventure qui ne parle pas qu’aux coureurs. Pas besoin de courir pour comprendre. 

- Pourquoi parler de tragédie ?

Y.M. : C’est un titre pour créer le décalage. Le personnage vit son aventure comme une tragédie. Quand on est à fond dans une course, le nez dans le guidon, les pieds dans la boue, on vit tout très intensément. Certains coureurs s’effondrent en larmes alors que ça reste une course à pied et qu’il est possible de s’arrêter, de retourner à son hôtel et de dormir. C’est donc une tragédie vue de l’intérieur et une comédie vue du public.

- Ce spectacle est-il directement inspiré de votre expérience de coureur ?

Y.M. : En partie, oui. Il y a par exemple un moment d’hallucination que j’ai vraiment vécu sur l’Ultra-Trail du Mont-blanc. J’ai pioché dans mon expérience, mais ce n’est pas moi, c’est un personnage. 

- Cette expérience était-elle nécessaire pour rendre votre personnage plus vivant ?

Y.M. : Oui, les gens se disent : « Ah, ça sent le vécu ! » C’est un sentiment de véracité important. 

- Comment passe-t-on de professeur de sport à comédien ?

Y.M. : Je jouais depuis longtemps en amateur. Au fur et à mesure, on écrit de plus en plus de choses, on devient plus présent sur scène et au bout d’un moment, on a envie de ne rien faire d’autre. Le déclic s’est fait en 2008, pendant des festivals où tout le monde m’a dit de me lancer.

- Parvient-on à faire passer davantage de messages au public via l’humour ?

Y.M. : Oui, si l’on a envie d’en faire passer, ce qui est le cas dans ce spectacle. C’est un message sur l’humain, qui est capable de se lancer dans des aventures par orgueil et qui veut toujours aller trop loin. Mais le but reste de faire rire avec une histoire un peu folle.

- Gardez-vous une part d’improvisation ?

Y.M. : Tout à fait, je viens d’ailleurs de l’impro’. Il y en a toujours un peu dans Le dossard, comme dans mon nouveau spectacle. J’aime bien interagir avec le public, faire des petites variations après neuf ans de tournée.

- Justement, vous ne vous lassez pas après tout ce temps ?

Y.M. : Parfois... Et puis finalement non, parce que j’aime bien changer quelques petites choses. Il ne s’agit pas d’un spectacle écrit sur des vannes. C’est de l’action, ce qui me permet à chaque fois de me remettre en action, de revivre l’histoire. 

- Avez-vous l’impression d’avoir amélioré ce spectacle année après année ?

Y.M. : Oui, il a beaucoup changé. Il est devenu de plus en plus efficace au niveau du rire et de la précision du jeu. 

- Ce qui signifie que votre prestation à Saint-Marcellin ne sera pas exactement la même qu’au tout début ?

Y.M. : En effet, ce sera différent. Mais même si elle change encore, c’est plutôt depuis quatre ans par microtouches.

- Le sport est-il toujours votre source d’inspiration ou avez-vous d’autres thèmes de prédilection ?

Y.M. : Mon premier spectacle contenait des sketchs un peu sur tout. J’ai écrit un « seul en scène » sur la quête de l’amour. Rien à voir avec le sport donc. Quant au nouveau spectacle, il est centré sur l’écriture. 

- Pouvez-vous nous en dire plus sur cette nouvelle création ?

Y.M. : Elle est née l’été dernier. C’est encore une quête, un personnage qui me ressemble cette fois un peu plus, qui vient s’excuser auprès du public de ne pas avoir écrit le chef-d’œuvre qu’il était venu voir. Il explique pendant une heure et demie pourquoi il n’a pas réussi à écrire ce chef-d’œuvre après un précédent spectacle qui avait bien marché. Il voulait se renouveler, faire toujours mieux, toujours plus. Mais à vouloir trop bien faire, le personnage s’est tiré une balle dans le pied. Au final, c’est l’histoire d’un auteur qui cherche un chef-d’œuvre et de l’homme qui, sachant qu’il va mourir, essaie de faire quelque chose de grand pour marquer son nom dans l’histoire.

- D’autres projets en vue ?

Y.M. : Mon dernier spectacle étant tout nouveau, je souhaite le développer. J’ai aussi le projet d’écrire une comédie musicale à plusieurs et un projet d’improvisation avec du collectif.

+ D’infos : Spectacle La tragédie du dossard 512 ce vendredi 24 janvier à 20 h au Diapason de Saint-Marcellin, dans le cadre du festival Aux rires etc :-).
En première partie, quatre humoristes émergents seront sur scène.
04 76 38 41 61.
billetterie.lediapason@saint-marcellin.fr

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