Saison interrompue pour Lucile Morat : « Ça ne change rien »

Par Barbara Satre | Publié le 30 mars 2020 à 09h26 | Modifié le 30 mars 2020 à 09h55 | Vu 610 fois
Saison interrompue pour Lucile Morat : « Ça ne change rien »
Lucile Morat en plein vol lors du Grand prix de Courchevel l’été dernier. Désormais, compétitions et entraînements sont suspendus. - © Grégoire Morat

Des tremplins d’Autrans aux compétitions mondiales de saut à ski, Lucile Morat, 18 ans, n’a fait qu’un bond. La native de Chevrières nous raconte son parcours éclair et son quotidien d’athlète de haut niveau, contraint par le confinement lié à l’épidémie du coronavirus.

Lucile Morat n’a que 18 ans, mais déjà une longue vie derrière elle. Cette enfant de Chevrières est championne de saut à ski et membre de l’équipe de France. Elle s’entraîne habituellement à Courchevel, mais confinement oblige, elle est revenue dans la maison familiale du Sud-Grésivaudan. Contactée par téléphone, elle nous raconte son parcours ébouriffant et son quotidien entre sa vie de lycéenne et ses compétitions aux quatre coins du monde. 

  • Les compétitions ont été annulées en raison du Covid-19. Êtes-vous déçue ? 

Lucile Morat : Je termine sur une satisfaisante 14e place au championnat du monde junior à Oberwiesenthal, en Allemagne. Il restait quelques compétitions de Coupe du monde en Norvège, mais je n’avais pas prévu d’y aller. Donc, cela ne change rien pour moi. En revanche, je pensais m’entraîner pour préparer la prochaine saison, mais je ne peux plus sauter, car la station de Courchevel a fermé. 

  • Comment avez-vous adapté votre entraînement au confinement ? 

L.M. : Je suis rentrée dans ma famille à Chevrières. Avec mes coachs, nous faisons le bilan par vidéoconférence et nous mettons des choses en place pour la saison suivante. Pour maintenir ma forme, je travaille le physique, je fais du gainage, des footings… Et puis, je prépare mon bac scientifique, en attendant l’été. 

  • L’été ? 

L.M. : Oui, dès que le confinement sera levé, l’activité pourra reprendre. On saute sur des tremplins en céramique avec une réception sur un revêtement en plastique. C’est aussi la saison des stages à l’étranger où je saute sur d’autres tremplins et où l’équipe de France passe du temps ensemble.  Pour mieux vous connaître, comment avez-vous découvert la discipline ? 

  •  Pour mieux vous connaître, comment avez-vous découvert la discipline ? 

L.M. : Mes parents nous amenaient souvent à la montagne, mes frères et moi. Un jour, l’un de mes grands frères a essayé le tremplin de saut à ski d’Autrans, dans le Vercors. Il m’a donné envie de pratiquer ce sport. J’avais 5 ans et demi. Dans la foulée, mes parents m’ont inscrite au club d’Autrans. J’étais la seule fille au début. 

  • À quel âge avez-vous fait vos premiers sauts ? 

L.M. : Pour commencer, on apprend à se réceptionner et à prendre ses aises sur les skis. Puis, j’ai réalisé mes premiers sauts de dix mètres entre 6 et 7 ans. Vers 8 ans, je sautais entre vingt et trente mètres. La compétition est d’ailleurs venue à ce moment-là. Les entraînements étaient déjà nombreux, les mercredis et les week-ends. 

  • Quand les choses sont-elles devenues sérieuses ? 

L.M. : Lorsque j’ai atteint un niveau national et que je suis entrée au club de Courchevel. J’étais en classe de 6e au collège de Chatte. Avec mon père, je faisais les allers-retours en Savoie pour m’entraîner deux fois par semaine. Nous dormions dans le camping-car ! On s’est installé dans la vallée l’année suivante, ma mère et mes frères sont restés à Chevrières. 

  • L’éloignement familial n’a pas été trop dur ? 

L.M. : Bien sûr, c’est difficile au début, mais on s’habitue… Et je suis passionnée par mon sport. 

  • Justement, qu’est-ce que vous aimez dans le saut à ski ? 

L.M. : La vitesse, l’envol, la sensation de planer. Il peut y avoir du trac, mais c’est une bonne appréhension qui pousse à se dépasser. J’aime aussi la compétition. Mais pour le moment, je profite de ma famille et de la campagne ! 

 

PROPOS RECUEILLIS PAR BARBARA SATRE 

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