Course à pied : les athlètes trouvent un nouveau rythme

Par Barbara Satre | Publié le 10 avril 2020 à 18h00 | Vu 908 fois
Course à pied : les athlètes trouvent un nouveau rythme
Ludovic Pellé, dans la Grimpée du Signal, à l’Alpe d’Huez en 2018. - © Cyrille Quintard

Ils parcourent d’ordinaire des dizaines de kilomètres et avalent des milliers de mètres de dénivelé par semaine pour se préparer aux courses hors stade. Les coureurs de fond, en temps de confinement, doivent revoir leur entraînement et leurs objectifs…

«Je m’entraîne entre 12 et 15 heures par semaine», compte Sabine Ehrstrom, l’une des étoiles du club d’athlétisme Coureurs du monde en Isère (CMI). L’athlète de 32 ans a notamment remporté l’Ultra trail du Vercors en 2018, la Fleur du Roy en 2019 et était vice-championne de France de kilomètre vertical en 2017 (lire l’encadré). Tournant sur les compétitions de course hors stade, en particulier en pleine nature, depuis sept ans, la coureuse, qui fait «un peu de tout», s’entraîne surtout en extérieur, sur chemins et en montagne. 

Aujourd’hui, le confinement la contraint à une sortie d’une heure par jour, moitié moins que ce qu’elle pourrait faire en temps normal. «J’ai de la chance, j’habite à Lans-en-Vercors ! À proximité de mon domicile, il y a des chemins et même une piste de ski pour travailler les montées», nuance-t-elle. 

« Faire tourner les jambes » 

Ludovic Pellé, autre fleuron du CMI, habite lui aussi dans le Vercors. «Je profite de mon heure de sortie pour courir sur les chemins autour de chez moi», témoigne le coureur de 46 ans, qui taquine lui aussi la tête des classements des courses régionales, voire nationales. «À défaut de me préparer à un objectif, je fais tourner les jambes», ajoute-t-il. En effet, ces conditions d’entraînement en confinement, bien que restant agréables, sont loin de pouvoir se substituer aux programmes habituels, qui permettent de travailler les spécificités des différentes courses. 

Des entraînements de longue haleine 

«Pour la course en montagne, je travaille la montée et la technique de descente, j’habitue mes muscles aux chocs. Au contraire, pour un 10 km, je travaille la vitesse», détaille Ludovic Pellé, qui n’a jamais souhaité «se spécialiser» dans un type d’épreuve. Classé 8e de sa catégorie au championnat de France de course en montagne et 3e de la Verticale du Diable (Les 2 Alpes) en 2019, puis 1er de la Snowtrail de Lans-en-Vercors cette année, pour ne citer que quelques titres, le coureur adapte son entraînement « quatre à six semaines » avant son objectif. Toutefois, il conserve une routine de courses sur l’année ce qui lui permet de garder une continuité dans son entraînement : «Les cross et quelques hivernales en hiver, des 10 km sur route au printemps et les courses en montagne et les kilomètres verticaux ensuite.» Or, le confinement ne permet pas «de maintenir ni la variété, ni la longueur des entraînements. Forcément, on va perdre en condition», constate Sabine Ehrstrom. 

Pas d’objectif à court terme 

«De toute façon, toutes les courses d’avril sont annulées ou reportées et on n’a pas encore de visibilité sur celles de l’été», rappelle la coureuse. Elle préparait les championnats de France de Trail à Salers, dans le Cantal, où elle devait s’aligner sur le 53 km. «C’est frustrant de ne pas pouvoir faire aboutir un entraînement sur une course», confie la championne, qui se remettait juste de sa blessure à la cheville. «Mais par rapport à ce qui se passe en ce moment, ce n’est pas la fin du monde !», tempère-t-elle. En attendant de retrouver des marges d’entraînement, les athlètes se tournent vers de la préparation physique générale (PPG), qui consiste en des exercices de musculation. 

Si Sabine avait déjà inscrit la PPG à son plan d’entraînement, en particulier suite à sa phase de rééducation, Ludovic avoue : «On ne prend jamais le temps de faire ces exercices, alors qu’ils sont très importants. Ils préviennent les blessures, les traumatismes articulaires, les douleurs au dos…» Le confinement est donc l’occasion de changer ses habitudes, «en attendant de pouvoir à nouveau courir en toute liberté dans la montagne»

BARBARA SATRE 

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