La boxe thaïe du Royans, combative sur tous les plans

Par Barbara Satre | Publié le 17 avril 2020 à 15h00 | Vu 819 fois
La boxe thaïe du Royans, combative sur tous les plans
Florent Olive prend sa revanche contre Julien Angot lors du gala MDS Fight en 2018. Ce dernier l’avait battu en demi-finale du championnat de France. - © DR

Installé à Saint-Laurent-en-Royans, le club de boxe thaïe du Royans enchaîne les succès sur les rings et se démarque sur le territoire. Cette année, l’association a mis en place une section de handi-boxing.

Il n’y a pas que les grandes villes qui ont leurs grands clubs. Comptant 1 500 habitants, Saint-Laurent-en-Royans abrite ainsi une association sportive de boxe thaïe (discipline aussi appelée muay thaï) qui rassemble près de cent pratiquants et a décroché plusieurs titres nationaux. 

Un champion thaïlandais pour entraîneur 

Cette exception est le fruit d’une histoire singulière : celle de Deme Phonephetsalath, un ancien compétiteur international de boxe thaïe. «Deme est né dans le nord de la Thaïlande. Issue d’une famille pauvre, il s’est initié à la boxe et s’est engagé dès 9 ans dans des combats professionnels afin de gagner un peu d’argent», raconte Florent Olive, le président du club. Plus tard à Bangkok, il combat au Lumpinee et au Rajadamnoen stadiums. «Ce sont les deux plus grands stades de Thaïlande. Les boxeurs qui s’y affrontent sont les meilleurs mondiaux», précise-t-il pour illustrer le niveau de Deme. Cependant, des différents avec les autorités l’obligent à s’exiler à Saint-Laurent-en-Royans. Le champion poursuit sa carrière en France, remportant plusieurs titres européens. Dans son garage, il commence à entraîner quelques jeunes…

D’abord simple section du club des jeunes du Royans, le groupe de boxe prend son indépendance en 2006. Les pratiquants ne sont pas encore licenciés. «C’était juste pour du loisir, on avait une séance par semaine à la salle des fêtes, tous niveaux confondus, adultes et enfants ensemble !», se souvient Florent Olive, qui s’inscrit au club à cette époque. Il raconte : «Je venais de m’installer dans la région. J’avais la vingtaine et je voulais pratiquer un sport de combat. Je me suis mis au muay thaï sans rien y connaître, parce que le club était à proximité de mon domicile.» 

Premier pas en compétition

L’année 2014 marque un tournant. «On décide de faire de la compétition. On investit dans un peu de matériel, des paos (coussins de frappe, NDLR) et des tapis supplémentaires. Les entraînements se structurent», relate Florent Olive, qui venait juste de prendre la tête du club avec un autre boxeur, Patrick Pascal. La saison suivante, il se qualifie pour les championnats de France, mais ne s’y rend pas : «C’était une qualification "surprise". La saison d’après, j’y allais vraiment pour gagner.» Qualifié à nouveau en 2017, il remporte ses quatre combats et décroche le Graal. «Ce titre a fait connaître le club», constate-t-il. Le nombre des licenciés est quasiment multiplié par deux et frôle la centaine.

Depuis, plusieurs boxeurs du club s’invitent chaque année aux championnats de France. En 2019, Margaux Personeni et Inès Sebie, en «Assaut», se sont classées 1re et 2e. La même année, Florent Olive, dans la catégorie supérieure (la dernière en amateur avant celle des professionnels), remporte à nouveau le championnat. En 2020, ils étaient trois qualifiés, dont Florent, mais la crise sanitaire a suspendu la compétition.

De la boxe thaïeau handi-boxing

Cependant, cette saison 2019-2020 est déjà marquée par un autre événement: la mise en place d’une section handi-boxing. À la salle des fêtes, les équipements doivent être installés et démontés à chaque séance. Le club recherche donc un lieu d’entraînement plus approprié. Il se tourne vers les Établissements médico-sociaux du Royans (Groupe MGEN), qui dispose d’un gymnase. L’organisme, qui accueille des personnes polyhandicapées, accepte sans contrepartie. Le club propose tout de même de donner des cours aux patients. «Cette animation s’intègre parfaitement dans le développement du club et dans le cadre du brevet professionnel que je préparais», explique Florent Olive. L’entraîneur, qui n’avait «jamais côtoyé ce public auparavant», participe à plusieurs réunions de préparation avec le personnel. «On m’a prévenu qu’il ne fallait pas de réelle confrontation, de contacts physiques ou que ça fasse mal», rapporte-t-il. Avec une autre coach du club, Roxane Debayle, il met en place des exercices ludiques, autour «des déplacements et des mouvements d’esquives» qui permettent de travailler la coordination et la motricité. «Par exemple avec des épingles à linge fixées sur les épaules qu’il faut prendre à l’autre sans se faire prendre les siennes, ou des balles velcro qu’on doit accrocher au partenaire», détaille l’entraîneur. «Ce fut une grande découverte, révèlet-il. Je ne m’attendais pas à prendre autant de plaisir avec eux. Ils sont sans filtres. Quand ils sont contents, ils l’expriment.» L’expérience, qui a débuté fin janvier avec douze participants répartis sur trois groupes, se poursuivra à la rentrée prochaine.

BARBARA SATRE

+ D’infos: boxethaiduroyans@outlook.fr

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