Rugby : reviendront-ils sur leur décision d’arrêter ?

Par Barbara Satre | Publié le 24 avril 2020 à 19h00 | Modifié le 29 avril 2020 à 15h37 | Vu 1212 fois
Rugby : reviendront-ils sur leur décision d’arrêter ?
Benjamin Servien jouant ici dans l’équipe de Romans en faveur de la lutte contre le cancer du sein. - © DR

Ils font du rugby depuis leur plus tendre enfance. Des joueurs du Saint-Marcellin Sports comptaient prendre leur retraite sportive en juin, mais cette fin de saison avancée en raison de l’épidémie pourrait remettre leur décision en cause… ou pas !

Geoffrey Gérin, Jérémy Guillot, Lionel Mayet et Benjamin Servien, joueurs de l’équipe première du SMS, pensaient raccrocher les crampons à la fin de la saison. Mais la fin prématurée du championnat de Fédérale 2, alors qu’il restait encore des matchs décisifs à jouer et que les phases finales leur faisaient de l’oeil, les laisse sur leur faim. Reviendrontils pour autant sur leur décision ? 

Juste un dernier match

«Je n’imaginais pas terminer ma carrière comme cela, c’est un peu frustrant», commence Benjamin Servien, pour qui le rugby a été un condensé «d’émotions sympas». Le 3/4 centre, qui cumule 30 ans de carrière, confie : « J’aimerais juste pouvoir reprendre une journée en fin de saison pour un dernier match avec les copains et finir tous ensemble. » Le joueur a fait ses classes à Romans dès l’âge de cinq ans, avant de jouer notamment en Pro D2, à Toulon. Il a rejoint la formation de Saint-Marcellin il y a trois ans. «Je ne savais pas pour combien de temps j’allais y jouer. À la fin de la deuxième année, j’avais envie d’arrêter et puis j’ai continué», poursuit Benjamin, qui dit «moins bien se remettre de (ses) blessures ». Il tranche : « Ma décision est prise depuis longtemps : j’arrête.» Jérémy Guillot n’avait pas encore pris sa décision en début de saison, mais, à bientôt 39 ans, il fait le choix de raccrocher : «Je croyais prendre ma retraite sportive il y a deux ans, quand je suis devenu "trop vieux" pour poursuivre à Romans en Fédérale 1, où j’ai joué pendant quinze ans. Mais Laurent Gonnet (entraîneur au SMS, Ndlr) est venu me chercher et j’ai trouvé que c’était bien de finir en Fédérale 2. J’ai apporté ce que j’ai pu à l’équipe. Aujourd’hui, la décision vient de moi, pas d’un club, je pars donc sans regret.»

Du temps pour la famille

Avec un emploi du temps allégé de deux entraînements minimum et des matchs du week-end, le numéro dix pourra davantage se consacrer à sa «vie professionnelle et familiale». Cependant, les deux coéquipiers ont conscience que le rugby pourrait leur manquer. «J’ai rencontré un très beau club, des joueurs qui sont devenus des amis», insiste Jérémy Guillot, qui garde d’excellents souvenirs des «soirées d’avant matchs pendant les phases finales en 2019». Benjamin Servien ajoute : «J’apprécie cette vie de groupe à l’année. » Il envisage d’ailleurs de devenir entraîneur « pour rester encore dans l’ambiance du rugby. Sinon, je regarderai les matchs d’un oeil attentif».

Cette fin de saison a «un goût d’inachevé» qui fait hésiter Geoffrey Gerin et Lionel Mayet. «L’équipe était bien préparée. Ça s’arrête trop brusquement ! regrette ce dernier. Bien sûr, je pourrais toujours garder un pied dans le rugby, mais ce n’est pas la même sensation d’être sur le terrain, avec les copains, qu’à côté. J’aimerais dire au revoir à ma carrière d’une autre manière.» Malgré la batterie de tests médicaux qu’il doit passer pour pouvoir continuer sa carrière après l’âge de quarante ans, le 2e ligne penche pour reprendre sa licence et jouer encore quelques matchs à la rentrée…

L’adrénaline et la troisième mi-temps

Pour Geoffrey Gerin, «il y avait une qualification à aller chercher et encore de beaux matchs à jouer cette saison». Notamment celui à domicile contre Voiron : «J’ai joué quinze ans dans ce club, cette rencontre aurait été chargée d’émotion pour moi. Je bouclais la boucle.» L’arrière baigne dans le milieu du ballon ovale depuis 35 ans : «Le rugby m’a fait grandir, j’en partage les valeurs. Si je suis devenu la personne que je suis, c’est grâce à ce sport.» Le choix est donc cornélien. Dans la colonne des « plus », il note «la troisième mi-temps, la pression d’avant match, l’adrénaline», qui font oublier «les entraînements dans le froid, l’hiver». Il pourrait ainsi jouer quelques matchs l’année prochaine. En attendant de se décider, il questionne avec malice : «Jérémy et Benjamin, ils sont encore jeunes ! Pourquoi arrêtent-ils ?»

BARBARA SATRE

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