Reprise de l’école à partir du 11 mai, sous quelles conditions ?

Par Barbara Satre | Publié le 27 avril 2020 à 13h00 | Vu 549 fois
Reprise de l’école à partir du 11 mai, sous quelles conditions ?
L'école du centre à Saint-Marcellin fermée depuis le 16 mars, rouvrira-t-elle le 11 mai?

L’exécutif a annoncé la réouverture progressive des écoles après le pont du 8 mai. Si des pistes sur la méthode ont été données, cette décision continue d’interroger sur le terrain.

«Je ne m’attendais pas du tout à ça, ni au début, ni à la fin !», s’exclame Imen Aloui, faisant référence aux deux discours du président de la République, celui du 12 mars, annonçant la fermeture des établissements scolaires, et le dernier, du 10 avril, programmant la reprise des cours à partir du 11 mai. 

Problème de cohérence

 «Cela me pose questions, poursuit l’adjointe à la jeunesse de la municipalité de Saint-Marcellin. Les premiers établissements que l’on a fermés, ce sont justement les écoles, car on soupçonnait les plus jeunes d’être porteurs sains et de propager le virus. Et les premiers que l’on rouvre, ce sont les écoles ! Ce n’est pas cohérent.» Dimanche 19 avril déjà, le premier ministre est venu nuancer les annonces d’Emmanuel Macron : «Les écoles n’ouvriront pas partout le 11 mai, et ne fonctionneront pas partout le 11 mai dans les conditions dans lesquelles elles fonctionnaient avant les mesures de confinement», car, «il faut garantir partout les gestes barrières pour éviter que le virus ne puisse se remettre à circuler.» Pour cela, l’exécutif envisageait «plusieurs scenarii» : une reprise différenciée, suggérant «une ouverture plus rapide sur les territoires les moins touchés», une rentrée « par demi-classes » et l’utilisation «d’espaces plus larges» pour accueillir les enfants. 

«On est suspendu aux lèvres du ministère» 

«Nous sommes dans la même situation que vous !, répond l’inspecteur de l’Éducation nationale sur la circonscription de Saint-Marcellin, Stéphane Sapet-Butel, quand on lui demande des précisions sur la réouverture des écoles. Nous attendons le cadrage du ministère pour préparer cette reprise.» Imen Aloui reconnaît : «J’ai compris que cela allait être progressif, mais je n’en sais pas plus. On est tous suspendu aux lèvres du ministère.» Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a finalement levé un petit bout de voile mardi 21 avril : «Nous ferions rentrer la semaine du 11 mai les classes de grandes sections de maternelle, de CP et de CM2, puis le 18 mai les 6es, 3es, 1res et terminales. Les autres reprendraient le 25 mai.» Le nombre d’élèves par classe serait aussi réduit. «Le plafond pourrait être de 15 élèves», a précisé le ministre.

Des questions de sécurité

«J’imagine mal comment on va organiser la distanciation sociale chez les maternelles comme chez les lycéens, pointe Imen Aloui. Nous avons certes acquis une expérience avec le maintien des gardes d’enfants pendant le confinement, mais ce n’est pas comparable. Nos effectifs sont inférieurs à quinze et on accueille des fratries, pour lesquelles on ne met pas de distanciation sociale.» L’adjointe fait aussi remarquer que «s’il est simple d’organiser la distanciation dans les salles de classe, qu’en est-il dans les couloirs, devant le portail ? Même avec des demi-classes, le nombre d’élèves dans les écoles s’élèvera à plus de cinquante». Elle conclut : «Ce qui prévaut, c’est la sécurité et la santé des enfants mais aussi des acteurs éducatifs.»

BARBARA SATRE

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