Un conte « à l’image de ce qu’est l’adolescence »

Par Rédaction | Publié le 02 mai 2020 à 17h00 | Modifié le 09 juin 2020 à 14h31 | Vu 664 fois
Un conte « à l’image  de ce qu’est l’adolescence »
Cette année, le conteur Rémi Salas déroulera ses histoires par téléphone. - © KLEM Photographie

Si Rémi Salas n’est pas rappeur, mais conteur, il a le flow ! À l’occasion d’Allô conteur !, le festival téléphonique des Arts du récit, il présente « Peau d’ados », un conte en six épisodes sur les conduites à risque des adolescents. A découvrir jusqu’au 9 mai.

- Pouvez-vous nous présenter la compagnie Candide ?

Rémi Salas :  La compagnie est tournée autour des arts du récit et du web documentaire. Elle est basée à Clonas-sur-Varèze, mais elle rayonne à travers toute la région et même tout le pays grâce aux festivals. Le spectacle qui l’a lancée est Le foulard de Simini, qui parlait de la mémoire industrielle et de la culture industrielle.

- Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire un conte sur les conduites à risque chez les adolescents ?

R.S. :  Au départ, il s’agit d’une commande pour un point information jeunesse du côté de Condrieu. J’ai fait un collectage de paroles, non pas auprès des jeunes, mais auprès des parents, qui m’ont davantage parlé de leur adolescence que de celle de leurs enfants. Ce conte s’est nourri de plein de souvenirs personnels et de lectures comme L’adolescence à risque : le corps à corps avec le monde du sociologue David Le Breton. L’idée de ce spectacle n’était pas de porter un jugement sur les conduites des ados, mais plutôt de montrer la mécanique qui conduit à telle ou telle situation.

« Si le récit évoque des choses graves,
elles ne sont pas racontées de façon tragique. »

- Quel est le « rôle » de Nico, le personnage central de votre histoire ?

R.S. :  Nous vivons toutes les expériences au travers de son regard. Le mardi, par exemple, je raconte comment il réagit à la fugue de la première de la classe et au fait que ses copines refusent de la dénoncer. Le jeudi, comment sa mère veut s’incruster avec son fils au cinéma, alors que lui est là pour emballer sa copine...

- Peau d’ados est en quelque sorte construit comme un journal…

R.S. :  Comme un journal intime, ou comme une story sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs ce qui m’a permis de le séquencer en plusieurs épisodes pour « Allô conteur ! »

- Quel est le ton de ce récit ?

R.S. :  Il est à l’image de ce qu’est une adolescence, avec des choses qui se passent bien et d’autres moins bien. Si le récit évoque des choses graves, elles ne sont pas racontées de façon tragique : c’est tout l’intérêt des arts du récit. Peau d’ados est donc assez drôle.

- Par ailleurs, dans le cadre du festival, vous présentez une série poétique : Dimanches. De quoi s’agit-il ?

R.S. : Ce projet a vu le jour… un dimanche, il y a une quinzaine d’années. J’avais envie d’écrire sur ce qui se passait le dimanche : au McDonald’s, avec les voisins, pour les amoureux, à l’automne… Ce sont des aphorismes à la fois caustiques et très tendres. Cette série sortira en format podcast à partir du mois de septembre.

- Les questions sociales semblent être au cœur de votre travail…

R.S. : En effet. J’ai ensuite créé Rémi + Noémie et Peau d’ados qui abordent des thématiques en lien avec l’adolescence : l’un évoquant les rapports amoureux ; l’autre la mise en danger à l’adolescence. Puis, j’ai traité de la transmission et de l’héritage culturel chez les enfants d’immigrés dans Malek et les cigognes. Et enfin, il y a eu Mythes et jupes qui interroge les représentations du corps féminin. Je travaille actuellement sur la création de La sieste au Bois dormant, qui raconte comment les histoires peuvent vous sauver la vie.

Prune Vellot


+ D’infos : A retrouver dans la version papier du Mémo.
Programme complet et détaillé sur : festival.artsdurecit.com/allo-conteur

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