Le gym club de Vinay se fait une place parmi les grands

Par Barbara Satre | Publié le 04 mai 2020 à 17h00 | Modifié le 09 juin 2020 à 14h30 | Vu 770 fois
Le gym club de Vinay se fait une place parmi les grands
Répétition des mouvements à la poutre pour les jeunes gymnastes : des roues, des équilibres et des rondades. - © Barbara Satre

Malgré des moyens limités, le gym club de Vinay a vu ses effectifs augmenter et a décroché des résultats encourageants. Deux équipes s’étaient ainsi qualifiées pour les concours Ufolep régionaux, avant qu’ils ne soient annulés à cause de la crise sanitaire. Portrait d’un club en plein essor.

Coup sur coup, en début d’année, deux équipes du club de gym de Vinay s’étaient illustrées lors des concours départementaux Ufolep (Union française des œuvres laïques d’éducation physique, à laquelle est affilié le club). Fin janvier, le groupe de niveau 5 (plus de 13 ans) se classait cinquième à Voreppe, tandis que les benjamines de niveau 8 prenaient une quatrième place à Domène, début février. Les deux équipes, composées de six filles chacune, étaient dès lors qualifiées pour les championnats régionaux.

Alors, quand mi-mars, toutes les compétitions ont été suspendues en raison de la crise sanitaire, les équipes ont « été très déçues ». Caroline, la coach des benjamines, rapporte : « Les filles se préparaient depuis le début de l’année pour réussir ces compétitions… C’est comme ça, on n’y peut rien ! » C’était en effet une belle performance pour le club, qui dispose de moyens limités. L’ancienne gymnaste raconte : « Le gymnase où nous nous entraînons n’est pas équipé. Nous installons et démontons à chaque fois le matériel, les barres asymétriques, les poutres, les tapis de sol… Cela peut prendre une bonne demi-heure. C’est du temps en moins pour s’entraîner ! »

Au féminin… par contrainte

Cependant, avec un budget annuel d’environ 20 000 euros, « le club bénéficie de finances assez saines et arrive à acquérir de nouveaux équipements pour les gymnastes », se réjouit Cédric Tyras, son président depuis quatre ans. Ainsi, malgré le prix élevé du matériel (un tremplin coûte 900 euros, un tapis 1 500 euros et un praticable 30 000 euros), l’association a pu acquérir une piste dynamique pour travailler les enchaînements acrobatiques, des tapis et un tremplin. Mais pas de barres fixes ni d’anneaux, des agrès destinés à la pratique masculine. « Nous n’avons pas d’équipe de garçons, non pas parce qu’il n’y a pas de candidat, mais parce que nous n’avons pas les entraîneurs formés et que nous manquons de place pour les accueillir », fait remarquer Caroline.

La section « loisir » attire

Le club de Vinay, qui va souffler ses trente bougies en 2022, a vu les demandes d’inscription exploser depuis 2015, année « particulière » où les effectifs avaient été divisés par trois. « On a réussi à remotiver les entraîneurs et les jeunes. Le gala des 25 ans (en 2017, NDLR) a eu beaucoup de succès », se souvient Cédric Tyras. Cette forte progression s’explique aussi par la mise en place d’une section « loisir » en plus de la section compétition, qui, elle, n’accueille pas de nouvelles recrues après l’âge de 5-6 ans. La coach justifie : « L’équipe compétition doit être homogène, or il est difficile pour les nouvelles de rattraper le niveau d’un groupe constitué plusieurs années en arrière. » Le président complète : « En parallèle, on avait une forte demande d’enfants qui voulaient débuter la gym après l’âge de 6 ans ou qui ne souhaitaient pas faire de compétition. La section loisir est faite pour que les filles découvrent la discipline et progressent à leur rythme. Celles qui le veulent intègrent ensuite la section compétition. »

L’ouverture de cette section a entraîné un appel d’air et les effectifs ont bondi. Les gymnastes viennent « du milieu de la danse », ont suivi « leurs copines ou leur grande sœur », comme Stella, ou ont été tentées « par les vidéos sur Internet », à l’image de Manon. D’une petite quarantaine en 2015, le club a ainsi atteint 115 licenciées cette année.

La confiance mutuelle, une donnée essentielle

Dans les rangs, on note un faible turnover. « On veille à garder une bonne ambiance, en ne mettant pas de pression. Le but est de se faire plaisir », confie Cédric Tyras. Cette fidélité peut aussi s’expliquer par la discipline elle-même. « La relation entre entraîneur et gymnaste est généralement très forte, car l’apprentissage des mouvements acrobatiques nécessite une grande confiance mutuelle. De fait, l’entraîneur pare son élève et prévient la chute », analyse Caroline. Un « lien de confiance » illustré par les mots de Manon : « Si mon coach me dit que je peux le faire, c’est que je vais y arriver ! »

D’infos : gymclubdevinay@yahoo.fr

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