Paramédical : un déconfinement sous fortes contraintes

Par Florian Espalieu | Publié le 13 mai 2020 à 17h00 | Modifié le 20 mai 2020 à 10h12 | Vu 482 fois
Paramédical : un déconfinement sous fortes contraintes
Depuis le 16 mars, le cabinet de la dentiste Florence Lassiaz n’a ouvert que pour une seule journée de garde. - © DR

Difficile de parler de distanciation sociale pour les professionnels de la santé. Néanmoins, avec le début du déconfinement prévu ce 11 mai, kinésithérapeutes, ostéopathes et dentistes devraient progressivement reprendre leur activité. Non sans avoir pris de nombreuses précautions sanitaires, qui vont compliquer leur travail au quotidien.

La « guerre des masques » n’est pas encore totalement terminée. Si la pénurie se résorbe peu à peu, bon nombre de professionnels de la santé peinent encore à en trouver en quantité suffisante pour reprendre leur activité en toute sérénité. « J’ai commandé des masques FFP2 (qui protègent dans les deux sens, NDLR), mais nous ne sommes pas sûrs de les avoir d’ici le 11 mai, s’inquiète Florence Lassiaz, dentiste à Saint-Marcellin depuis douze ans. Une fois que nous les aurons, nous pourrons rouvrir le cabinet, mais cela ne va pas pouvoir repartir d’un coup. Il faudra en effet commencer par un nombre limité de patients en espaçant les rendez-vous, puisqu’il faudra prendre le temps de tout désinfecter entre chaque soin et faire en sorte que personne ne se croise dans la salle d’attente. »

 

Dans le flou
La précaution est également de mise dans le cabinet d’ostéopathie d’Odile Pucel, toujours à Saint-Marcellin : « J’aimerais bien rouvrir dès le 11 mai, mais je ne suis pas sûre que ce sera possible. Je me suis procuré des masques en tissus. J’espère que cela suffira. Pour l’instant, nous sommes encore dans le flou et dans l’attente d’en savoir un peu plus. » Quant aux nouvelles règles sanitaires, « cela ne devrait pas totalement bouleverser mon fonctionnement, assure-t-elle. Je prends d’ordinaire une seule personne par heure et les gens ne restent pas longtemps en salle d’attente. »

 

Pas de vacances cet été
Les conditions de la reprise inquiètent davantage la dentiste. Elle prévient : « Les délais de rendez-vous seront forcément plus longs en raison d’un planning plus chargé. Le mien était déjà complet jusqu’en juin. Et il va falloir rattraper les rendez-vous de ces dernières semaines, même si j’ai réorienté quelques urgences par téléphone. Donc, clairement, je ne vais pas pouvoir prendre de vacances tout de suite. Mon cabinet devrait être ouvert tout l’été. »
De quoi aussi renflouer un peu la trésorerie ? « De toute façon, il va bien falloir travailler de nouveau puisque rien n’est rentré depuis un mois et demi, alerte Florence Lassiaz. Je devrais bien avoir droit à quelques aides par le biais de la caisse de retraite, de la sécurité sociale et peut-être du fonds de solidarité du gouvernement, mais cela ne couvrira pas toutes les pertes. »
Pour Odile Pucel, la jeune génération qui exerce en paramédical devrait avoir plus de mal. L’ostéopathe relève : « Je suis en fin de carrière, donc ça va aller pour moi. Mais ce ne sera pas évident pour ceux qui arrivent dans la profession. D’autant que s’installer était déjà un peu compliqué… »

N.B.:
L'intégralité de notre dossier sur les professions de santé est à lire dans la version papier du
Mémo paru le 9 mai.

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