Une rentrée... en fin d’année

Par Cécile Alibert | Publié le 25 mai 2020 à 17h00 | Vu 438 fois
Une rentrée... en fin d’année
Retour à l’école pour Romy, accueillie par son institutrice masquée. - © Cécile Alibert

Il a fallu attendre jeudi 14 mai pour voir le retour des élèves dans les écoles de la ville. Le temps pour les personnels, parents et équipe municipale de s’organiser. Reportage le matin même devant le groupe scolaire du Stade pour une reprise sur fond de crise sanitaire.

« Allez, entre ! » Faustine encourage sa grande sœur, Romy, à franchir le portail de l’école du Stade. Après un dernier bisou, la fillette de 6 ans s’en va rejoindre ses deux camarades de CP, cartable rose roulant à la main. « A trois, elles vont avoir le temps de bien travailler dans la journée », garantit l’institutrice, derrière son masque. 

Jeudi 14 mai, c’est jour de rentrée dans les écoles de la ville. Du moins, pour une cinquantaine d’élèves sur les 600 habituels, soit à peine 8 % des effectifs. Marion n’avait pas d’autre choix que de remettre Faustine et Romy à l’école : « Je n’ai pas arrêté de travailler pendant le confinement. C’est mon mari en télétravail qui faisait l’école à la maison. C’était compliqué... Mes filles sont très contentes, elles avaient vraiment hâte de revenir. La nouveauté les excite ! » 

Pour Jade, il était aussi grand temps de retrouver sa classe de CM1. La fillette de 10 ans viendra deux jours par semaine, les lundis et jeudis. Masque vert sur le visage, sa mère raconte : « Elle ne tenait plus en place à la maison. Nous faisions l’école, mais nous ne sommes pas vraiment pédagogues. Il fallait bien rentrer... On espère que l’on fait ce qu’il faut pour l’accueillir. »

Une organisation propre à chaque école

Ecole en présentiel le matin et à distance l’après-midi, classe deux jours par semaine, enseignants sur place ou en télétravail... Difficile de s’y retrouver, tant la règle varie d’un groupe scolaire à l’autre. « Sur Saint-Marcellin, l’organisation pédagogique relève de la compétence des enseignants », précise Imen Aloui, adjointe en charge de l’éducation. Chaque école a donc mis en place son propre fonctionnement, qui doit respecter les consignes dictées par l’éducation nationale : protection pour le personnel, lavage des mains régulier, bâtiments interdits aux parents...   

A travers son masque et la buée de sa visière, une animatrice périscolaire confie : « Je suis contente de revoir les enfants, mais pour le reste... C’est beaucoup d’organisation. Je n’ai eu qu’une élève ce matin, qui était finalement un peu déçue de ne pas retrouver ses amis... » Sont prioritaires en effet les enfants de certaines professions, comme les soignants, et de certains niveaux : grande section de maternelle, CP, CM2 et classe Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire, qui accueillent les élèves en situation de handicap). Mais là encore, la situation diverge en fonction des établissements. Ainsi, Faustine, 4 ans, a pu obtenir une dérogation pour réintégrer l’école maternelle du Stade. 

Une rentrée « progressive »

Si le déconfinement se veut « progressif », il en est de même pour la rentrée. « Jusqu’au 2 juin, il y a huit jours de classe, précise Imen Aloui. Ce n’est pas une école à la carte, le critère est la régularité durant les deux prochaines semaines. Ensuite, il faudra voir si l’on est en capacité d’ouvrir à d’autres niveaux. »  

L’élue ne cache pas une certaine appréhension : « Je m’inquiète pour les enfants, car ce n’est pas l’école qu’ils ont quittée mi-mars. Les enseignants auront des effectifs plus petits, mais je mentirais si je disais qu’il n’y a pas d’inquiétude... C’est une nouvelle manière d’accueillir et d’enseigner, toute une pédagogie à repenser. »

Une pédagogie qu’il s’agira encore d’adapter début juin, avec l’évolution du dispositif d’activité partielle mis en place par l’état. Les parents contraints de garder leur progéniture devront en effet s’attendre à des règles plus strictes pour bénéficier d’une indemnisation. Nombreux sont donc ceux qui retourneront au travail. Reste à savoir comment s’organisera l’école avec des effectifs potentiellement au complet.

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