Les centres équestres se remettent en selle

Par Florian Espalieu | Publié le 22 mai 2020 à 17h00 | Vu 559 fois
Les centres équestres se remettent en selle
Au centre équestre La cavalcade de Saint-Vérand, les cavaliers confirmés ont pu revenir dès le lundi 11 mai. - © DR

Avec le déconfinement, certains sports sont à nouveau autorisés. Comme l’équitation, qui permet de respecter plutôt aisément la distanciation physique. Non sans quelques adaptations dans les clubs.

Bonne nouvelle pour les cavaliers : les chevaux peuvent à nouveau galoper sans passer leurs sabots au gel hydroalcoolique. « L’équitation permet d’être en hauteur et à bonne distance les uns des autres, confirme Isabelle Ghesquiers, du centre La cavalcade, à Saint-Vérand. De fait, les nouvelles règles sanitaires influent peu sur la pratique. Par contre, cela touche les à-côtés. »
Car il a bien fallu s’adapter au sein de la structure, indique la responsable : « La préparation, avec le nettoyage du matériel, représente pour nous une grosse charge de travail en plus. Par exemple, nous ne pouvons plus toucher les harnais. C’est pourquoi nous avons commencés par les cavaliers confirmés, qui sont autonomes. »

 

Plus de prêt de matériel
Autre lieu et autre stratégie pour la gérante des 4 fers, centre équestre de Saint-Marcellin : « Nous avons fait le choix d’attendre le samedi 16 mai pour tout organiser, énonce Cécile Dessinges. Et nous avons rouvert pour tous les niveaux. »
Pour les 31 heures de cours collectifs, limités à neuf personnes au lieu d’une quinzaine habituellement, le contenu ne devrait pas être fondamentalement bouleversé. En revanche, des contraintes se sont ajoutées du point de vue sanitaire : « Chacun doit venir avec ce qu’il faut , nous ne pouvons plus prêter de matériel, bombe ou cravache, détaille Cécile Dessinges. Et nous avons réaménagé le planning avec 30 minutes entre chaque cours pour tout désinfecter. »
Les habitués ne pourront également pas rester la journée comme ils pouvaient en avoir l’habitude avant l’épidémie. La propriétaire des 4  fers reconnaît : « Faire une heure de route pour rester une heure et demie sur place peut être un peu frustrant pour certains qui viennent de Grenoble, Romans, Villard-de-Lans ou Tullins. Mais dans l’ensemble, les gens comprennent. » Preuve en est, le taux de défection plutôt réduit : seule une dizaine de licenciés sur 240 ont indiqué ne pas vouloir revenir avant septembre.

 

Dans l’attente de l’été
De quoi donner un peu d’espoir après une rude période. « Deux mois compliqués, admet Cécile Dessinges. Nous n’avons pas pu avoir l’activité importante des vacances d’avril et des événements comme la fête du club n’auront pas lieu. Nos seuls revenus ont été ceux perçus pour les 15 chevaux que nous avons en pension. » Insuffisant pour nourrir les 36 autres animaux du club. Les deux monitrices en CDI ont dû être mises au chômage partiel, avec compensation de leur salaire par le centre. Pour autant, la gestionnaire des 4 fers se veut optimiste : « Pour la suite, il va falloir être forts. Tout dépendra de l’été, notre autre grosse période. Si nous pouvons repartir sur nos stages, cela devrait aller. »
À Saint-Vérand, pas d’employé à payer pour Isabelle Ghesquiers, seule à s’occuper du centre avec son compagnon, bénévole. Mais la question de la rentabilité demeure : « C’est beaucoup de travail pour peu de revenus, confesse-t-elle. Je me rends compte avec cette période qu’une structure comme la nôtre est tenue véritablement à bout de bras. » De quoi revoir ses priorités : « Remettre l’accent sur la qualité et plus sur la quantité. Pendant le confinement, nous étions davantage au contact des animaux et moins dans l’administratif. » L’épidémie aura au moins eu ce mérite.

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