Une saga cousue main

Par Cécile Alibert | Publié le 07 octobre 2020 à 17h04 | Modifié le 07 octobre 2020 à 17h10 | Vu 23 fois
Une saga cousue main
Thérèse Cigna n’en est pas à son premier livre. Avant « La bûche », l’artiste peintre a écrit deux recueils de poésie et deux autres romans. - © Cécile Alibert

« La bûche », c’est une affaire de famille, dans laquelle chaque trou laissé par une génération marquera la suivante. Qui prendra le temps de raccommoder les erreurs du passé ? Avec son nouveau roman, paru en juin, Thérèse Cigna plonge le lecteur dans l’univers de la mode, entre fiction et réalité.

- Pouvez-vous revenir sur la genèse de votre livre ?

Thérèse Cigna : J’avais commencé une histoire que je n’arrivais pas à poursuivre. Un samedi matin, j’ai bu un café à Saint-Marcellin avec mon ami, Georges, qui m’a demandé où j’en étais dans l’écriture. Je ne parvenais pas à avancer... Il m’a alors raconté sa vie de couturier à Paris, où il a rencontré Coco Chanel et Dior. C’était drôle, car cela avait un lien avec mon histoire, puisque l’un des personnages a une usine de tissage. Mon ami m’a permis de faire un pont entre sa vie et mon début d’histoire. 

« Marcello, c’est mon ami qui a travaillé dans la haute couture »

- Quelle est la part de fiction et de réalité ?

T.C. : En 1842, date à laquelle débute l’histoire, il y a bien eu un accident ferroviaire. Puis, une bonne part de fiction commence avec la vie d’Angelo, jusqu’à la naissance de son petit-fils, Marcello.
De 1929 jusqu’en 1968, c’est quasiment une biographie. Marcello, c’est mon ami, c’est Georges, qui a travaillé dans les plus grandes maisons de haute couture. Il est aussi question de Gaby, qui n’est autre que Coco Chanel, et sa grande rivale, la créatrice Elsa Schiaparelli, appelée Ella dans le livre. 
Jusqu’à la fin du roman, c’est mélangé. Je me suis donné certaines libertés pour que mon histoire tienne jusqu’au bout.

- Connaissiez-vous l’univers de la mode avant d’écrire ce livre ?

T.C. : Non, pas vraiment. Je le connaissais à travers les magazines, comme tout le monde. Mon ami m’a expliqué le jargon de la haute couture. J’ai essayé de simplifier, car il est complexe de raconter la confection des vêtements dans les ateliers Chanel. 

- Comment votre ami a-t-il accueilli le livre ?

T.C. : Il ne l’a toujours pas lu (rires), car je n’avais plus d’exemplaires. Mais je devrais en recevoir et pouvoir lui en offrir un. Il est curieux de le lire.

- Votre roman retrace également l’histoire d’une rencontre. Celle entre deux familles, les Scarpa et les Seguin...

T.C. : Oui, en fait, il s’agit de la vie de tout un chacun, avec ses rencontres, ses drames, ses histoires d’amour, ses difficultés pécuniaires... Tout n’est pas rose, ni noir, il existe une palette de couleurs. Mon ami est né dans une famille aisée et ce n’est pas pour autant que les choses se passent sans embûches. Avoir de l’argent ne protège ni de la maladie, ni de l’accident, ni de la mort. On est tous logés à la même enseigne. Pour certains, la chance entre en ligne de compte, mais c’est aussi nous qui la provoquons.

+ D’infos : L'intégralité de l'interview est à lire dans la version papier du journal.

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