«Accepter de vivre avec le virus»

Par Cécile Alibert | Publié le 21 octobre 2020 à 17h00 | Modifié le 05 novembre 2020 à 10h48 | Vu 112 fois
«Accepter de vivre avec le virus»
Nicolas Roquigny dirige l’un des laboratoires les plus importants du groupe Oriade Noviale, qui possède une cinquantaine de sites dans la région. - © Cécile Alibert

Derrière un microscope ou auprès des patients, ils sont « sur le front » depuis des mois. Nicolas Roquigny et son équipe du laboratoire d’analyses médicales de Saint-Marcellin tentent de répondre à la demande de tests, après une rentrée difficile. En poste depuis dix ans, le directeur revient sur la gestion de la crise.

- Combien de tests sont réalisés dans votre laboratoire ?

Nicolas Roquigny : La semaine dernière (semaine du 5 octobre, NDLR), nous en avons réalisé 14 000 dans les cinquante laboratoires Oriade Noviale. Un record depuis le début de l’épidémie. à Saint-Marcellin, on réalise 65 tests par jour. Conformément à la demande de l’ARS (Agence régionale de santé, NDLR), sont prioritaires les patients symptomatiques, les cas contacts, les personnes devant faire un bilan préopératoire et les professionnels de santé. S’il reste de la place, nous prenons d’autres personnes, mais nous sommes saturés sur les indications médicales. 

- Donc, si un patient non prioritaire se présente, il ne sera pas forcément pris en charge ?

N.R. : Tout citoyen peut demander à faire un test PCR, pris en charge par la Sécurité sociale. Après, c’est la capacité de terrain versus le nombre de demandes. Les indications prioritaires sont bien prises en charge, avec un rendez-vous sous 24 h et un résultat sous 24 à 48 h. C’est tout à fait convenable.

- Le test PCR est-il fiable ?

N.R. : C’est le mieux. La PCR, qui signifie réaction en chaîne par polymérase, est une technique permettant de détecter une très faible quantité de virus dans un prélèvement, s’il est bien réalisé. Il s’agit d’un prélèvement profond : on frotte la paroi du nasopharynx pour récupérer des cellules dans lesquelles se trouve le virus. Ce n’est pas agréable, mais c’est la seule façon de bien faire le prélèvement.

- Etes-vous en contact avec les autres acteurs du territoire ?

N.R. : Une cellule de crise, avec des élus, le laboratoire, l’hôpital et la médecine de ville, se réunit en audioconférence. Cette initiative de la communauté de communes permet d’avoir une gestion cohérente du Covid. Typiquement, le port du masque sur le marché est issu de ces réunions. L’idée est de mettre en place des mesures par rapport aux indications de la préfecture et à notre lecture du terrain, et ainsi de faire des choix éclairés entre ce qui est annoncé au niveau du département et ce qui se passe localement. 

- Un vaccin, vous y croyez ?

N.R. : Il y en aura un, mais le délai n’est pas connu. Les phases d’essais cliniques ne sont pas incompressibles. Quelle sera son efficacité ? Combien de temps ? Pour qui ? Je ne sais pas répondre... Moralité, il va falloir accepter de vivre avec ce virus, appliquer les mesures de protection et prendre soin de nos aînés. 

+ D'infos : L'interview complète est à retrouver dans l'édition papier du 16 octobre. Un complément sur le laboratoire est à lire dans le journal du vendredi 23 octobre.

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