Aux quatre coins de la ville, 32 arbres vacillent

Par Cécile Alibert | Publié le 05 novembre 2020 à 00h00 | Modifié le 05 novembre 2020 à 10h35 | Vu 56 fois
Aux quatre coins de la ville, 32 arbres vacillent
Le 27 octobre, deux arbres ont été abattus sur le Champ-de-Mars. - © Cécile Alibert

Boulevard de la Gare, esplanade du Champ-de-Mars, avenue Félix-Faure, rue Saint-Exupéry, parc animalier de Joud... Depuis fin octobre, la Ville a entamé un plan d'abattage d'arbres jugés dangereux.

Mardi 27 octobre, trois agents des espaces verts s’activent sur le Champ-de-Mars. Il est à peine 9 h et déjà, un deuxième arbre s’apprête à disparaître. Au total, la mairie prévoit l’abattage de 32 tilleuls, frênes ou encore érables, répartis aux quatre coins de la ville. Tandis que les services municipaux se chargent des petits arbres, les gros calibres sont sous-traités à une entreprise mieux équipée. 

Aucune coupe n’a été laissée au hasard, explique Christian Dreyer, adjoint au développement durable, à l’urbanisme, aux travaux et à la gestion des risques : « En 2019, les experts de l’Office national des forêts ont réalisé un diagnostic complet des 1 228 arbres de la commune. L’une des conclusions est que certaines catégories nécessitent d’être coupées parce qu’elles représentent un danger pour la population ou parce que les arbres sont morts. » 

Pour un arbre coupé, trois replantés

D’ici fin 2020, la Ville envisage de replanter 36 arbres et promet, à terme, que chaque végétal coupé sera remplacé par trois nouveaux. « Nous ne diminuerons pas la quantité d’arbres sur notre territoire, assure l’élu. Nous nous sommes fixé la cible de trois pour montrer qu’aimer les arbres n’est pas réservé qu’aux Verts. Nous voulons aussi diversifier les essences et les rendre plus résistantes aux maladies. » 

Du côté de l’opposition, ce plan d’abattage inquiète. « Il élimine beaucoup de gros arbres qui ont un impact sur l’ambiance thermique de la ville et sur la qualité de vie des habitants, s’alarme Vincent Bayot, membre de l’équipe Saint-Marcellin Verte et solidaire. Nous ne nous opposerons jamais à l’abattage d’arbres dangereux. Mais est-il nécessaire de tous les couper maintenant ou ne peut-on pas en sécuriser certains et, en attendant, prévoir des plantations partout où c’est possible ? » 

Non, à croire Christian Dreyer, qui insiste sur l’urgence de la situation : « Nous avons le risque qu’il y ait un accident, qu’un arbre ou qu’une branche tombe, blesse, voire tue quelqu’un. L’équipe de la mairie a conscience que si on ne fait rien et s’il se passe quelque chose, c’est le pénal pour le maire. Il faut décider pour la sécurité des gens. »

Décider oui, mais pas tout seul, demande l’opposition, tandis que l’élu municipal annonce la création d’un groupe de travail : « Nous ne voulons pas faire n’importe quoi. Il faut planter des arbres correctement pour que dans vingt ou trente ans, ils puissent encore s’épanouir. Mon souhait est de multiplier les bonnes idées pour trouver comment verdir la ville et la rendre plus adaptée au réchauffement climatique. » 

Une vision sur le long terme partagée par Vincent Bayot : « Un arbre n’est pas égal à un autre. Il faut prendre en compte la dimension temporelle du problème. Il y a deux cents ans, des gens ont planté des arbres pour les futurs habitants de Saint-Marcellin. à nous de faire la même chose. Et c’est encore plus critique vu l’impact conséquent du réchauffement climatique... » 

+ D'infos : Article publié dans l'édition papier du 30 octobre.

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