Peut-on compenser financièrement la destruction de la nature ?

Publié le 08 septembre 2015 à 12h05 | Vu 1852 fois
Peut-on compenser financièrement la destruction de la nature ?
Anthony Olivier, Maxime Combes et Michel Echaubard - © CM

Samedi 5 septembre, dans le cadre du festival de l’Avenir au naturel à l’Albenc, trois intervenants - Michel Echaubard, Anthony Olivier et Maxime Combes - ont engagé le débat très controversé de la financiarisation de la nature lors d’une conférence intitulée « Peut-on compenser financièrement la destruction de la nature ? »

 

Michel Echaubard, ancien président de la commission faune du Conseil national de protection de la nature, Anthony Olivier, membre de l’association Nacicca et Maxime Combes, membre d’Attac France, ont mis en lumière l’actualité (Center Parcs des Chambaran, Notre Dame des Landes etc.) en démontrant les difficultés de respecter les textes réglementaires qui imposent des mesures compensatoires dans les études d’impacts écologiques.

 

Ce que prévoit la loi

L’article L. 411.1 du code de l’environnement stipule que la destruction de la faune et de la flore est interdite « lorsqu'un intérêt scientifique particulier ou que les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats. »

Des dérogations au titre de la défense des espèces protégées ont été ajoutées à cette loi depuis 2006. Ainsi, si une zone de forêt, un point humide etc. est détruit par un porteur de projet, celui-ci doit compenser cette nuisance en recréant une zone identique à proximité et à ses frais. En moyenne, le montant pour compenser une zone détruite s’élève à 47 000 € l’hectare.

 

Là où le bât blesse

Anthony Olivier a expliqué que le problème fondamental qui se pose est celui la proximité : il ne sert à rien de recréer une zone à 20, 30 ou 50 km de la zone initialement détruite, a-t-il précisé.

Pour Maxime Combes, le principe de compensation financière est discutable : « Etant donné que la nature n’a pas de prix sur le marché et est invisible sur le plan économique, ne faut-il pas contraindre les entreprises à certaines limites ? Ou alors, faut-il attribuer un prix à la faune et à la flore pour qu’elles soient mieux protégées ? » Il a d’autre part ajouté qu’aucune étude n’a démontré l’efficacité de ces mesures compensatoires sur la nature. « La nature est unique et irremplaçable ! », s’est-il indigné.

 

Proche de nous, le cas Center Parcs

En citant l’exemple du projet du Center Parcs dans les Chambaran, Maxime Combes a rappelé que le groupe Pierre & Vacances (porteur du projet de construction du Center Parcs) devrait payer 500 000 € sur trente ans en créant divers aménagements pour compenser les impacts destructeurs sur la faune et la flore. Il semble évident que les profits engendrés par Pierre & Vacances peuvent largement combler ce montant pour compenser les « dégâts » causés sur l’environnement.

Dans le public, Stéphane Péron, président du PCSCP (Pour les Chambaran sans Center Parcs) a exprimé son point de vue concernant les mesures compensatoires : « c’est une arnaque intellectuelle ! On fait croire que ce que l’on détruit de façon irrémédiable ici peut être réparé ailleurs et que cela revient au même. Jamais un texte ou une étude scientifique n’a confirmé l’utilité de la compensation et le fait que cela fonctionne au niveau écologique. C’est juste un rachat de bonne conscience ! »

La bataille juridique entre les opposants au Center Parcs (dont fait partie l'association PCSCP) et le groupe Pierre & Vacances est toujours en cours. Voir nos articles sur le dernier épidose judiciaire en date.

1 commentaires
  1. oui au center parc ROYBON

    OUI au Center Parc marre de ces oppositions à outrance, après toutes les modifications encore des dépôts de recours, vont ils en poser encore pendant 50 ans!!! il y a certes la nature en jeu, mais le projet et le plus abouti qui soit par rapport au respect de la nature, il y a 700 emplois en jeu dans ce désert industriel et cela ne pèse pas dans la balance, allons, raisonnons un peu, pour 2 ou 3 batraciens 400 emplois à plein temps ne sont ils pas prioritaires, le contre tout des verts exaspère beaucoup de gens, certes des point de vue écolos sont nécessaire, mais là cela devient de l'acharnement, et de plus se faire aider par des pseudos écolos que sont les zadistes est la goutte qui a fait déborder le vase, la plupart des opposants ne sont pas de ROYBON, ce village est à plus de 95/100 pour et des étrangers à la région viennent mettre le bazar et empêcher des travaux légaux. Etonnant le Center Parc de SEGOLENE vient d'ouvrir, et là aucun opposant encore une preuve que tout cela se résume dans la politique, frilosité des gouvernants qui cherchent à garder leur électorat qui ne leur servira même pas a être réelu. LAMENTABLE. PERON n'est pas de cette commune, et les plus acharnés maintenant sont de la DRÔME où le site pour Center Parc était en balance avec ROYBON.


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