Trois mois après les violences à Moirans: quinze personnes interpellées

Par AFP | Publié le 18 janvier 2016 à 15h44 | Vu 1126 fois
Trois mois après les violences à Moirans: quinze personnes interpellées

Quinze personnes ont été interpellées lundi matin lors d'une vaste opération de gendarmerie autour d'un camp de gens du voyage à Moirans (Isère), où des violences avaient été commises en octobre.

Au total, 17 suspects sont finalement recherchés par les forces de l'ordre qui entendent en outre procéder à l'audition d'une dizaine de personnes. Une partie des suspects interpellés à Moirans et sur les communes limitrophes de Voreppe et Vourey, ne fait pas partie de la communauté des gens du voyage. Les principaux suspects ont été arrêtés, a indiqué à l'AFP le procureur de Grenoble Jean-Yves Coquillat.

"Les perquisitions ont permis de saisir certains objets intéressant l'enquête", a-t-il poursuivi. Le procureur participera à un point presse à 17h15 avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à Grenoble.

Les violences de Moirans avaient eu un fort retentissement, le gouvernement étant accusé de laxisme après une série d'incidents du même ordre. "Il s'est passé des actes graves à Moirans qui ne pouvaient pas rester sans impunité. Les Moiranais et les Moiranaises commençaient un peu à douter. Ce matin, on a été rassurés", s'est félicité le maire de la commune, Gérard Simonet (DVD).

L'opération a démarré vers 06H00 dans un camp de gens du voyage situé en contrebas de la gare de Moirans et dans une cité de cette commune de 8.000 habitants, située à une vingtaine de kilomètres de Grenoble.

Cette intervention se déroule dans le cadre d'une information judiciaire contre X ouverte le 12 novembre. Le procureur Coquillat avait indiqué à l'époque qu'une partie des suspects avait été identifiée et qu'il s'agissait désormais "de déterminer qui a fait quoi".

Selon le magistrat, plusieurs émeutiers avaient pu être "photographiés ou vus avant qu'ils ne soient cagoulés", ce qui a d'autant plus facilité l'enquête que "certains étaient déjà fichés". Les gendarmes ont exploité également des éléments d'ADN, parmi d'autres moyens d'investigation.

 

Voitures incendiées, gare mise à sac

Environ 300 gendarmes issus d'escadrons de gendarmerie mobile et du groupement de l'Isère participaient à l'opération, codirigée par la section de recherches de Grenoble et le groupement départemental.

Le 20 octobre, une cinquantaine de gens du voyage installés dans un campement de Moirans s'étaient livrés à des violences spectaculaires. Elles n'avaient fait aucun blessé mais une trentaine de voitures avaient été incendiées, certaines jetées sur les voies SNCF, interrompant ainsi la circulation de plus de 120 trains pendant une douzaine d'heures, tandis que la gare et un restaurant avaient été mis à sac.

Les émeutiers réclamaient qu'un détenu de 24 ans, membre de leur communauté, puisse assister aux obsèques de son frère de 17 ans, tué dans un accident de la route le week-end précédant les faits, à bord d'une voiture volée après avoir commis un cambriolage.

La mère du détenu en question fait notamment partie des personnes interpellées.

Ces violences étaient intervenues moins de deux mois après un blocage spectaculaire de l'autoroute A1 par des gens du voyage à Roye (Somme) à la fin août et les critiques avaient fusé à l'encontre du gouvernement, accusé de laxisme en l'absence d'arrestations.

Le Premier ministre Manuel Valls avait fait le 6 novembre, le déplacement à Moirans pour y affirmer que les auteurs des violences ne bénéficieraient d'"aucune impunité". "La justice, l'Etat sont au rendez-vous", a-t-il commenté dans un tweet lundi. M. Cazeneuve devait se rendre à Grenoble en fin de journée pour remettre les insignes de la légion d'honneur au sapeur pompier qui avait neutralisé l'auteur de l'attentat perpétré le 26 juin 2015 à Saint-Quentin Fallavier, avant de prononcer un discours sur la sécurité dans le département à la préfecture.

Dans la Somme, douze personnes ont été arrêtées pour les violences commises à Roye le 31 août. Elles doivent comparaître devant le tribunal correctionnel d'Amiens les 4 et 5 février.

 

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