Le peintre Pierre Cayol à Saint-Romans : « la beauté participe à la guérison »

Par Jacques TALON | Publié le 27 avril 2016 à 09h23 | Modifié le 16 mai 2016 à 09h51 | Vu 2473 fois
Le peintre Pierre Cayol à Saint-Romans : « la beauté participe à la guérison »
Les brumes dorées. Equilibre, force, couleurs, sables, pétroglyphes des grandes dalles des falaises des pays indiens, boîte de coca cola ramassée - © JT

La 25e édition de l’exposition de l’Atelier des arts à Saint-Romans rassemble jusqu’au 1er mai une centaine d’artistes autour d’un peintre au rayonnement international, Pierre Cayol. Rencontre.

De l'École nationale des Arts décoratifs de Grenoble, en passant par l'Académie Jullian à Paris et sa Provence natale où il réside et travaille encore une partie de l'année? le parcours Pierre Cayol est passionnant. Aujourd'hui l'artiste partage son temps entre Tavel dans le Gard et les territoires Navajos, Apaches, Hopis ou Pueblos du Nouveau Mexique.

Invité d'honneur du 25e salon de peinture de l'Atelier des arts de Saint-Romans, le soir du vernissage, entouré d'une multitude d'artistes et d'amateurs d'art, l'artiste a accepté de parler de ses tableaux, de répondre à leurs questions. Après Hommage aux Navajos, Hommage aux Pueblos, Pierre Cayol s'arrête devant Les brumes dorées.


Pierre Cayol : « une œuvre se compose petit à petit, comme une musique, je ne me souviens plus très bien, je pense que j'ai d'abord mis ce ton rosé derrière le bonhomme, je l'ai entouré d'autres, un peu plus sombre pour le mettre en valeur... »
Pierre Cayol n'aime pas parler de lui, de ses œuvres. Pourtant au milieu du groupe qui l'entoure il se sent en confiance : « tout doit se construire petit à petit. Quand j'ai eu terminé, ce texte m'est venu à l'esprit et je l'ai écrit ». Pierre Cayol lit : « Par-delà les brumes dorées sont les lieux sacrés de l'imaginaire, les étincelles nomades de la création, les entrelacs immobiles des multitudes, et à l'intérieur de nos limites, l'amour. »

Amour, élévation de l'âme, spiritualité. Face aux Brumes dorées, Pierre Cayol « s'envole »...
« Un jour en Arizona, sur le plateau de l'Arc-en-ciel, entre Grand Canyon, Lac Powell et Monument Valley, deux enfants nous ont conduits ma femme et moi jusqu'à cette vallée, Surprise Valley, cachée au bout d'une piste de 50 km de sable. Peu de monde y va bien sûr, mais elle est très habitée... J'y vais souvent, je m'y sens bien. »

Pudique, Pierre Cayol laisse à chacun la liberté de le suivre dans son voyage. « Je m'y ressource ». L'artiste se laisse envahir par le puissant magnétisme qui baigne cette vallée « peu visitée, mais très habitée ». Le peintre-chaman ressent leurs présences. « Ils sont là

Et quand quelqu'un le questionne quant aux doutes qu'il peut avoir sur la fin d'un tableau, l'atterrissage est brutal !
« Non, à un moment donné quand je me dis que j'ai fini et je m'arrête, définitivement. Mais avoir des doutes quand on est dans la création est extrêmement fréquent. Pourtant, il faut être capable de progresser, sans arrêt. Si je progresse encore, la toile que je pourrais redécouvrir dans un an ou deux sera de toute façon terminée. Je n'y reviendrai pas. Mais de temps en temps j'ai l'impression d'être dépassé et je me demande parfois pourquoi j'ai fait ça... »
Pierre Cayol fait face à son public : « c'est difficile à expliquer tout ça. Parfois on dit que tel ou tel peintre est modeste, je pourrais ajouter, comme tous les orgueilleux ! ».

Alors, humblement Pierre Cayol confesse : « si un artiste devient modeste c'est qu'au fil du temps il s'aperçoit qu'il y a de plus en plus de choses à découvrir et qu'il n'aura jamais le temps de tout voir, de tout faire ».


Exposition visible à la salle des fêtes de Saint-Romans jusqu'au 1er mai, de 15 h à 19 h en semaine, de 14 h à 19 h, jours fériés et week-end. Entrée gratuite. Exposition en salle annexe pour la soie.

Mots clés : saint-romans, Pierre Cayol,

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