JO-2016: à trois mois de Rio, le CIO lance l'opération +mains propres+

Par AFP | Publié le 18 mai 2016 à 12h43 | Vu 183 fois
JO-2016: à trois mois de Rio, le CIO lance l'opération +mains propres+
Le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, à Lausanne le 2 mars 2016 - © AFP/Archives

+Mains propres sur Rio+: à trois mois des JO d'été, le patron du CIO Thomas Bach veut se débarrasser des tricheurs, échaudé par les allégations visant les Jeux d'hiver de Sotchi qui montreraient "une dimension choquante du dopage" et un "degré de criminalité sans précédent".

Thomas Bach n'a plus le choix, la crédibilité de l'institution qu'il dirige, et celle des JO, plus grande manifestation sportive au monde, sont... en jeu.

Pour son opération, Thomas Bach peut s'appuyer sur l'arme nucléaire des +réanalyses+. Mardi, l'instance suprême des sports a annoncé 31 cas de dopage, issus de nouvelles analyses d'échantillons datant des JO-2008 de Pékin, et spécifiquement ciblés sur des athlètes potentiellement sélectionnables pour les prochains jeux Olympiques de Rio (5-21 août).

Dans une tribune au quotidien français Le Monde, mercredi, M. Bach enfonce le clou: "Des dizaines d'athlètes dopés (seront) vraisemblablement empêchés de participer aux jeux Olympiques de Rio de Janeiro" cet été, affirme-t-il.

Prochainement, les résultats de réanalyses de 250 échantillons de Londres-2012 devraient également produire leur lot de cas positifs.

Pour le moment, aucun nom n'a filtré. On sait seulement qu'ils sont 31, représentants 12 pays et provenant de 6 sports. Seuls les sportifs incriminés ou les fédérations responsables peuvent rendre publiques les identités des coupables, sauf fuite, évidemment.

- Verdict dans un mois pour l'athlétisme russe -

Dans les semaines et mois qui viennent, à l'approche du grand rendez-vous brésilien, il est fort probable que les forfaits purement diplomatiques se multiplieront, officiellement pour blessure, méforme ou insuffisance de résultats.

Le message du patron du CIO est en tout cas très clair: l'instance veut mener à terme "sa politique de tolérance zéro".

Le trop plein a été atteint avec les allégations concernant les Jeux d'hiver de Sotchi en 2014. Pour résumer, la Russie aurait tout simplement torpillé l'événement et dupé l'Agence mondiale antidopage et le CIO, à coup de faux échantillons, de trafics des services secrets et de mensonges, selon les aveux de l'ancien patron du laboratoire antidopage de Moscou lui-même.

Le CIO a donc expressément demandé à l'Agence mondiale antidopage (AMA) d'enquêter sur ce point.

"Si l'enquête devait confirmer la véracité de ces allégations, cela révélerait une nouvelle dimension choquante du dopage, assortie d'un degré de criminalité sans précédent", a insisté le patron de l'olympisme mondial, dans les colonnes du Monde.

La Russie à elle seule va bousculer le calendrier. Dans un mois, le 17 juin, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) se réunira à Vienne pour statuer sur la présence ou non de l'athlétisme russe à Rio, actuellement suspendu.

Or, l'athlétisme est le sport olympique N.1.

Là encore, le président du CIO met la pression: "Les résultats de l'enquête de l'AMA (sur Sotchi-2014) influenceront fortement la nature de la participation d'athlètes russes aux Jeux olympiques de Rio 2016. Si l'existence d'un système organisé contaminant d'autres sports était avérée, les Fédérations internationales et le CIO devraient avoir une décision difficile à prendre, entre responsabilité collective et justice individuelle", a insisté M. Bach.

- Fin de la présomption d'innocence ? -

C'est une véritable révolution que propose de fait le président du CIO en matière de lutte contre le dopage. En envisageant la possibilité de sanctions collectives, à l'égard de fédérations entières, M. Bach glisse au passage l'éventualité de la fin de la "présomption d'innocence" pour les athlètes pris individuellement.

"Il faudrait considérer si dans le cas de telles fédérations +contaminées+ la présomption d'innocence peut toujours s'appliquer pour les athlètes, ou si la charge de la preuve peut être renversée", se demande ainsi M. Bach dans sa tribune, en envisageant qu'il soit demandé aux athlètes eux-mêmes "de démontrer que l'enregistrement de leurs contrôles satisfait aux règles de leur fédération internationale et au code mondial antidopage".

Cela n'a pas manqué, déjà, de faire réagir les Russes.

"La responsabilité doit être personnalisée. Les sportifs +propres+, qui ont passé plusieurs années de leur vie à s'entraîner et à respecter toutes les règles et les règlements ne doivent pas" être privés de compétition, répond le ministère des Sports russe dans un communiqué.

Sans surprise, +l'opération mains propres+ promet d'être difficile. La diplomatie sportive va devoir se montrer solide pour éviter que Rio ne rime avec fiasco.

Mots clés : athlétisme, dopage, sport, Oly, 2008, 2012, 2014, 2016,

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