Alerte enlèvement: un nourrisson enlevé par son père à Grenoble

Par AFP | Publié le 19 octobre 2016 à 06h00 | Modifié le 19 octobre 2016 à 17h48 | Vu 358 fois
Alerte enlèvement: un nourrisson enlevé par son père à Grenoble
Le procureur Jean-Yves Coquillat donne une conférence de presse à Grenoble le 19 octobre 2016 au sujet de l'enlèvement d'un bébé de 4 mois, Djenah - © AFP

Une alerte enlèvement a été lancée mardi soir pour retrouver Djenah, quatre mois, enlevée un peu plus tôt par son père à Grenoble selon les autorités qui ont déjà eu recours à ce dispositif à 18 reprises, toujours avec succès.

Vêtue d'un "pyjama rose bonbon", le nourrisson a les yeux marrons et quelques cheveux châtains. Elle a été emmenée dans un "maxi cosy avec une couverture rose" par son père, Steeve Beni Y Saad, 28 ans, cheveux courts et portant des lunettes de vue.

Contactés par l'AFP, ni la police ni la préfecture de l'Isère n'ont souhaité, à ce stade, donner des détails sur l'affaire. Le parquet n'était pas joignable dans l'immédiat.

Selon le Dauphiné Libéré, le père se serait présenté mardi matin dans un foyer où vit la mère et aurait pris la fuite avec l'enfant. Le couple était séparé à la suite de violences dont le père est suspecté sur sa compagne, cette dernière étant prise en charge par une structure accueillant des femmes battues, relate le quotidien régional en précisant que le père avait un droit de visite.

Rapidement après le lancement de l'alerte, sa formulation qui décrivait le ravisseur présumé comme de "race noire" a fait polémique sur les réseaux sociaux. Le texte a évoqué ensuite "un individu à la peau noire" puis "de couleur noire".

"Certains termes du message repris précipitamment étaient évidemment inappropriés,regrettables, et ont été très rapidement modifiés", a commenté le ministère de la Justice, interrogé par l'AFP.

Adopté en France en février 2006, ce dispositif consiste à lancer, en cas de rapt d'enfant mineur, une alerte massive via une cinquantaine de canaux de diffusion (radio, télévision, sites internet, panneaux de gare et d'autoroutes, panneaux d'affichage urbain, réseaux de la SNCF ou de la RATP, 22.000 bornes de la Française des Jeux) pour mobiliser la population dans la recherche de l'enfant et de son ravisseur.

Les particuliers peuvent relayer l'alerte via Facebook et des applications de smartphones.

- Efficace à 100% -

C'est la 19e fois qu'une telle alerte est déclenchée en France. Jusqu'à présent, elle s'est révélée efficace dans tous les cas, permettant à chaque fois de retrouver les enfants enlevés, sains et saufs.

Elle avait été utilisée pour la première fois le 9 juillet 2006 après la disparition de deux sœurs, Émeline et Mélissa, 8 et 10 ans, dans le Maine-et-Loire. Mais l'alerte s'était avérée sans objet, les deux fillettes ayant regagné leur domicile une quinzaine d'heures après leur disparition.

La dernière en date remonte à fin août: un garçon de neuf ans avait été enlevé lui aussi par son père en Saône-et-Loire, avant d'être retrouvé le lendemain avec lui dans le Vaucluse.

Ce dispositif est largement inspiré du plan "Amber Alert", créé au Texas en 1996, après l'enlèvement et l'assassinat de la petite Amber Hagerman.

Lancé sous l'autorité du procureur de la République, il doit être déclenché le plus tôt possible après l'enlèvement car les enquêteurs ont constaté que les premières 24 heures étaient cruciales pour la survie de l'enfant.

Il n'est cependant activé que si plusieurs critères sont réunis: il faut un enlèvement avéré et pas une simple disparition ; la victime doit être mineure et son intégrité physique ou sa vie doivent être en danger ; enfin des éléments d'information doivent permettre de localiser l'enfant.

Selon les modalités du plan, le signalement de l'enfant ainsi qu'éventuellement celui de la personne soupçonnée de l'avoir enlevé et tout renseignement pouvant permettre de retrouver leur trace sont diffusés à intervalles réguliers.

A la télévision, une bande défile tous les quarts d'heure, tandis qu'un message plein écran, avec éventuellement une photo, s'affiche entre les programmes. Les chaînes de la région concernée diffusent des messages plus rapprochés.

Mots clés : enfants, famille, disparition, enquête,

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