Grâce au musée d’Orsay, le Second Empire tel qu’il fut

Publié le 19 octobre 2016 à 14h07 | Modifié le 19 octobre 2016 à 14h09 | Vu 640 fois
Grâce au musée d’Orsay, le Second Empire tel qu’il fut

Époque honnie dans l’histoire de la France contemporaine, le Second Empire mérite pourtant d’être connu au-delà des pamphlets de Victor Hugo — mais on se remet difficilement d’un adversaire comme lui — et du noircissement systématique de la IIIe République — qui justifiait évidemment son existence par le rabaissement du régime précédent.

Réduite selon les cas au coup d’État du 2 décembre 1851 ou à la défaite de 1870, à la fête impériale ou au développement du capitalisme, à la censure de la presse ou à la condamnation de Baudelaire, l’époque de « Napoléon le Petit » correspond pourtant à un développement de la France qui ne fut pas qu’économique et qui toucha aussi les domaines social et culturel cependant que l’évolution politique rétablissait le parlementarisme.

Sans entrer dans des considérations politiques, le musée d’Orsay présente ces deux décennies qui ont fait entrer la France dans le modernisme. Ce « spectaculaire Second Empire » revit donc tel qu’il s’est vécu et montré. À travers l’empereur et l’impératrice mais aussi la famille impériale — on découvre ainsi la ville pompéienne de Napoléon-Jérôme —, la Cour, les dignitaires, on saisit l’image alors donnée de la France, redevenue le point de mire du continent. Si la littérature reste un peu le parent pauvre de cette rétrospective, la vie artistique éclate dans sa diversité, y compris celle des peintres « refusés » pour lesquels Napoléon III ne craignit pas de créer un salon spécial, la moitié des œuvres présentées ayant été recalées en 1863 par l’Académie.

On comprend dès lors le succès des deux expositions universelles de 1855 et 1867, qui permirent à l’Europe de venir voir les multiples facettes de l’industrie, de la culture et de la société françaises. De véritables reconstitutions plongent ainsi le visiteur dans cette période foisonnante.

Musée d’Orsay (1, rue de la Légion d’honneur – 75007 Paris) jusqu’au 15 janvier –www.musee-orsay.fr– 01 40 49 48 14 – de 9 h 30 à 18 h (jeudi : 21 h 45), sauf Noël et le lundi. 

En complément de l’exposition on recommandera plus particulièrement :
- le n° 243, octobre 2016, de Dossier de l’art, entièrement et richement consacré au sujet, avec, en outre, deux études sur l’exposition Winterhalter. Portraits de cour entre faste et élégance au palais de Compiègne (jusqu’au 15 janvier également) et une présentation des Promenades parisiennes sous Napoléon III.
- Mauduit (Xavier) et Ergasse (Corinne), Flamboyant Second Empire ! Et la France entra dans la modernité… (Paris, Armand Colin, 2016, 344 pages).
- Ravelle (Françoise), Fastes et rayonnement du Second Empire. Mode, arts décoratifs, architecture (Paris, Parigramme, 2016, 128 pages).

 

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